Le Verger de Galadriel, chez Dominique Coste et Didier Prudon

Vedette

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Suite à sa reconversion professionnelle, Dominique fût éleveuse de petits chiens, des cotons de Tuléar, décision longuement réfléchie car entraînait la diminution des revenus.

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Aujourd’hui, elle est jardinière à temps plein, sa passion depuis toute petite, quand ses parents lui concédaient un tout petit bout de terre pour faire pousser un fraisier, un poireau, un céleri …

Didier est informaticien à temps partiel. Le reste du temps, il se consacre aux projets familiaux avec ses mains, pas seulement avec de beaux schémas. Peu de personnes de leur entourage comprenaient qu’ils puissent avoir le désir de gagner moins, mais ils ont gagné en temps pour eux et en richesse relationnelle. Finalement un changement de vie très favorable qui leur a permis de réaliser leurs projets ainsi que leurs rêves. Didier avait le désir d’écrire depuis adolescent. Aujourd’hui, il a publié deux livres : un sur l’écologie et un autre sur un parcours spirituel personnel. Ce temps lui a permis de réaliser ses rêves et donc de prendre soin de lui, car il n’y a pas que l’alimentation qui compte.

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Réalisez vos rêves, ça fait du bien !

Leurs rêves étaient un système d’eau autonome, un assainissement individuel naturel par les plantes, et aller plus loin dans le potager. Là, c’est Dominique qui s’en occupe intégralement, ce n’est pas si simple de s’occuper du potager tous les deux en même temps, ne serait-ce que pour l’esthétique. Didier intervient pour les gros travaux.

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Didier et Dominique ont rédigé une charte où le côté esthétique est mis en avant, il n’était pas question d’avoir des bâches plastiques partout par exemple. Ils s’appuient sur la méthode Feng-Shui : lorsqu’il cherche une forme ou une couleur à intégrer, ils s’inspirent du livre  Le Feng-Shui au jardin.

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Dominique a démarré son potager là car cela lui semblait être le plus favorable. Il y avait beaucoup moins d’arbres qu’aujourd’hui et parfois nous plantions des arbres qui ne poussaient pas car nous ne savions pas le faire correctement !

En 2010, Didier cherchait comment transmettre des savoirs respectueux de l’humain et de la nature. Il a découvert Terre & Humanisme avec qui il a suivi une formation « initiation en agro-écologie » sur 5 jours à Lablachère. À la suite de quoi, ils ont changé leurs pratiques de jardinage. Après avoir transmis à Dominique ce qu’il avait appris, elle a mis en œuvre, entre autre, la pratique de ne pas retourner le sol.

Depuis plein de changements : le Verger de Galadriel est devenu refuge LPO Ligue Protectrice des Oiseaux en adhérent à sa charte, en favorisant les refuges et le nourrissage des oiseaux durant l’hiver, en mettant à disposition des points d’eau, et en interdisant la présence des chasseurs. Cela a nécessité une déclaration en Mairie et en Préfecture. Les chasseurs savent ainsi qu’ils n’ont pas le droit de pénétrer dans cet espace. Nous sommes également adhérents du réseau des Jardins de Noé.

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Parmi les différents abris c’est un grand nichoir pour chouette effraie (la dame blanche). Elle n’a pas désiré l’habiter pour l’instant, elle préfère l’ancien abri sous le toit. Nous avons deux portées par an. C’est bruyant mais on les entend moins depuis que l’isolation a été refaite. Durant les travaux, il a fallu les protéger pour ne pas les perturber, car une portée était en cours !

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Un jour, une amie nous parle de la Permaculture… Découverte de la théorie de la Permaculture dont l’éthique nous a aidé à rédiger notre Charte : respect de la Nature, de l’Humain, et  le Partage. Le partage s’entend aussi par le partage des savoirs, et le fait d’agir avec la nature, les voisins, les amis, l’entourage.

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Didier a poursuivi avec le cours certifié de permaculture CCP de 72H avec Steve Read et Moilamain.

Il était architecte de systèmes d’informations, et les principes de la permaculture lui plaisaient en ce sens, il s’y retrouvait. Il a réalisé un premier schéma de flux assez incompréhensible avec des flèches partout : les herbes pour le compost, le crottin des ânes, la recherche de tout ce qui pouvait être connecté et ce qui pouvait être amélioré ou évolué. Ce schéma fût la base des grands projets.

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Les deux projets concernait l’eau car l’eau c’est la vie.

Le premier était la mise en conformité du système d’assainissement. Le système conventionnel n’étant plus aux normes, c’était l’occasion de mettre en place un système de phyto-épuration. Ils ont suivi une formation, ont trouvé les bonnes personnes au bon moment et l’ont installé au cours d’un chantier participatif.

Le deuxième projet concernait la récupération d’eau de pluie pour un usage complet et autonome. Le principe est simple : l’eau de pluie tombe sur les toits, est acheminée par les gouttières et un réseau de tuyaux alimentent les citernes. Une pompe amène l’eau des citernes jusqu’à la maison. Grâce à un ami qui détenait 30 ans d’observations et fournissait des données à Météo France, à leurs observations quotidiennes de la pluviométrie, et au fait que dans le Gers, il n’y a pas deux mois sans pluie, ils sont parvenu à dimensionner l’installation. Trois citernes de 18m3 au total ont été nécessaires. Nous consommons 38m3 d’eau par an. L’eau à ce stade est non potable.

Quatre systèmes de filtration sucessifs potabilisent l’eau.

 

Les 3 citernes sont reliées entre elles par le principe des vases communicants, ainsi lorsqu’une se remplit, les 2 autres se remplissent en même temps. Pour éviter les dépôts et sédiments, il y a un système d’oxygénation dans les cuves, le trop plein part dans le fossé. Une pompe amène l’eau à l’intérieur. Le premier filtre est à la descente des gouttières pour récupérer les feuilles. Puis il y a le filtre à sédiment à l’intérieur qui filtre aussi le sable éventuel. Puis un filtre à chaussette de 10 à 50 microns qui se change régulièrement. Puis vient le filtre à charbon actif pour l’eau sanitaire. Enfin, le filtre à osmose inverse dans la cuisine pour l’eau potable, avec un petit débit car c’est un système bélier  qui remplit une bonbonne de 5 litres. Des tests sont réalisés régulièrement pour vérifier l’eau sanitaire et l’eau potable.

 

Voici les poulaillers. Le petit à part sert en ce moment pour trois poules, car elles sont arrivées voilà une semaine. Elles font connaissance avec les 2 autres avant d’être regroupées afin d’éviter les chamailleries.

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Elles picorent les plantes environnantes en self-service, guidées par les filets.
Le soir elles sont enfermées au poulailler après être rentrées à la tombée du jour.

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Voici le potager. C’est le domaine de Dominique.

Dès leur arrivée, aux milieux des ronces et tas de bois, elle planta six pieds de tomate qui ont fort bien poussé. Puis elle a planté petit à petit des petits fruits comme les framboisiers par exemple, et des légumes et plantes annuelles ! Elle pratique la rotation de mémoire car elle n’est pas parvenue à maintenir un tableau écrit sinon c’est plus d’écrit que de jardinage !

 

Elle utilise le compost fait à partir du crottin des ânes. La terre n’est pas retournée, seule la grelinette décompacte le sol. Fabrication avec des bénévoles de 2 buttes selon la méthode Philippe FORRER pour la première, et selon la méthode sandwich pour la seconde. Les deux premières buttes se sont un peu tassées avec le temps. Elle ajoute régulièrement sur les buttes et sur l’ensemble du potager des couches de compost ou de matière organique. Une troisième butte s’est créée à l’occasion du terrassement de l’aire de passage des ânes. Cela répond à plusieurs principes en permaculture : limiter les efforts, valoriser les ressources disponibles, utiliser un élément pour plusieurs fonctions. La première année des pastèques ont poussé sur cette butte, sans les avoir plantées. Aujourd’hui, sur cette butte poussent des arbustes pollinisateurs.

Grâce au paillage des cultures, les arrosages sont rares et se font presque uniquement au démarrage des plantations. Les tomates qui se trouvent le long du parc des chiens, par exemple n’ont pas été arrosées de la saison.

Le plus gros travail au potager se fait au printemps, puis vient le temps des récoltes. Pour l’hiver,  certaines parcelles sont mises en sommeil, avec un paillage ou un semis d’engrais verts. D’autre parcelles fourniront en abondance les légumes d’hiver.

Les fleurs, belles de nuit, asters, amarantes dont raffolent les poules ne manquent pas et fournissent les semences pour l’année suivante. Dominique récupère les graines en surplus de son potager pour les ressemer à la volée le moment venu sur des zones sauvages.

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Elle a adopté les carrés au potager. C’est plus facile de déplacer des carrés que des buttes, si jamais l’emplacement n’est pas idéal. Elle a déplacé le carré d’aromatiques, conservé l’origan. L’apport régulier de matière organique permet de conserver un niveau de culture et soulage le dos. Près de la maison, se trouvent les carrés des salades et des radis et des  aromatiques à cueillir régulièrement. Et puis elle associe par exemple, betteraves et radis, pastèques et tomates. Elle laisse repousser certaines plantes spontanément du moment que cela ne porte pas préjudice aux autres cultures.

Au printemps, nous récoltons quelques kilos de pommes de terre nouvelles, car lors des récoltes il reste toujours des petites en terre.

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De nombreuses plantes, apportées par les oiseaux sans doute, repoussent dans des endroits inattendus comme le parc des chiens par exemple : tomates, cerises, tournesols, frênes, pois de senteur.

Il y a plus de légumes en hiver qu’en été : les différents types de salades, les blettes, les épinards, les poireaux, les choux, les endives, mais pas les carottes qu’elle ne réussit pas.

Les échanges se font avec les voisins et connaissances pour des épinards, des blettes contre du potiron ou potimarrons. Cela permet de réduire les surfaces et le travail, et d’avoir quand même des légumes variés, surtout en hiver.

Les récoltes sont suffisantes pour eux deux et il en reste pour donner. Ils achètent parfois des légumes qui manquent au jardin, comme la rhubarbe par exemple car ici elle vient difficilement par rapport à la Normandie d’où ils viennent.

 

Paco et Mistral, deux ânes, bons producteurs de crottin. L’avantage est qu’ils font leurs besoins toujours au même endroit ! Il suffit de déplacer un petit tas si l’on veut qu’ils fassent ailleurs.
Les ânes font le ménage dans le bois, même s’ ils mangent les noisetiers ou les lauriers. Ils font des passages en mangeant la ronce et l’herbe. Dans les prairies, nous maintenons les surfaces à manger avec une clôture éléctrique pour éviter les risques de fourbure dont ils peuvent souffrir s’ils mangent trop ou si la nourriture est trop riche, au printemps notamment.

Nous sommes vigilants pour leur alimentation.

La paille et le foin sont fournis par les voisins. En hiver les ânes ont du foin le matin et le soir ainsi que l’accès au bois de 1 ha tout le temps.

Les prairies doivent être entretenues pour fournir suffisamment d’herbe en été. Il y a des plantes qui prennent le dessus, comme le bouton d’or et l’oseille sauvage.

 

Hormis le potager qui est en perpétuelle évolution, ils ont développé le verger en 2012, sur cette prairie où peu d’herbes poussaient, car la parcelle où ils habitent s’appelle le Verger.  

Le verger est tout jeune, il n’est pas tondu jusque fin août, ce sont les ânes qui s’en occupent.

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Ils ne brûlent rien. Et même parfois lorsqu’il manque de matière, ils récupèrent les tailles de haie chez les voisins, pour les buttes, les lasagnes, les allées du potager, la décoration.

 

Il reste une partie sauvage où des petites allées sont tracées pour se promener dans cette grande parcelle.
Ils envisagent de semer des céréales, le temps de se renseigner et d’apprendre.

Le temps passé au jardin est variable en fonction de la saison et des travaux d’entretien. Ils limitent les déplacements en réunissant les outils et en utilisant les choses qui se trouvent sur place ou à proximité le plus possible.

Après recherches et lecture du livre « Pour l’amour d’une ronce » de Bernard BERTRAND, nous avons conclu que les ronces sont extrêmement utiles, notamment berceau des arbres, mais aussi pour faire des liens.

 

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Le Jardin du Graal de Philip FORRER

Vedette

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By Lo Stas

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En ce dimanche 11 juin 2017, ensoleillé et caniculaire, nous avons apprécié la fraîcheur du grand Jardin du Graal, chez Philip FORRER, dans l’AUDE.

À l’entrée du lieu-dit, une grande forêt défile. Le chemin est jonché de troncs soit à droite, soit à gauche. Philip nous expliqua, plus tard dans la journée, qu’il déplace ces troncs de temps en temps, afin que les véhicules ne roulent pas toujours au même endroit, et ne déforment le chemin.

Au bout de dix minutes de ce paysage forestier, enfin, nous découvrons le lieu magique. Des panneaux nous invitent vers le Jardin, derrière la grande maison divinement restaurée sur deux étages. C’est de ses propres mains que Philip l’a entièrement rénovée, depuis 34 ans qu’il réside sur les lieux. Il nous montra plus tard dans la journée, les photos de ce mas en ruine dans les années 80.

Le Jardin se dévoile à nos yeux en un grand parc où les différentes parties sont agencées harmonieusement. Philip nous attend et nous accueille autour d’une de ses bonnes tisanes sauvages, sous le grand frêne qui prône à l’orée du jardin. Le pépiement joyeux des oiseaux rythme la course des abeilles solitaires entre les massifs. Philip nous narre alors les légendes du Graal. Face à nous, des ruches vides que Philip a conservées depuis plus de 34 ans ; il était apiculteur avant son emménagement dans l’AUDE.

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Ensuite, Philip nous emmène pour une délicieuse balade gustative surprise où les saveurs des légumes sauvages, des fleurs, des fruits, colorent nos papilles, nos ventres ainsi que nos esprits. La douceur des pétales d’hémérocalles et des roses trémières, le subtil parfum de la mélisse de Moldavie et du fenouil, le léger piquant des graines de moutarde, le puissant du raifort, le poudreux du chénopode multicolore, le citronné des oxalis, le tonifiant des jeunes graines d’ortie, le chatoyant des pétales de roses, et même le verdoyant des petits pois, nous révolutionnent autant que la vue des gigantesques plantes qui s’épanouissent en ce lieu.

Puis il nous explique sa technique des buttes. Il creuse le sol et y dépose des troncs de pin et/ou sapin morts et pas encore en état de décomposition, ensuite il remet la terre en respectant l’ordre des couches. Enfin, il recouvre d’un mulch de tonte du jardin et d’aiguilles de pin et de sapin. « Cette technique peut se faire sur n’importe quel sol, pour produire du sol en 6 mois en situation humide que ce mulch favorise. » Philip n’arrose jamais alors qu’il a des mares à proximité.

Nous arpentons le long des sinueuses allées les pieds nus. Il précise : «  Je veux parler d’Énergie, je voudrais dire qu’il est, selon ma propre expérience, important de marcher si possible pied nu, car l’énergie reçue par la tête peut seulement être utile si cela peut s’écouler vers la terre. Nous sommes de cette manière branchés, connectés, nous sommes entre le plus et le moins, électriquement, et c’est profitable pour notre énergie. Si vous branchez seulement un fil dans la prise électrique, pas de lumière, ou pas un appareil qui fonctionne, il faut deux fils, donc si nous sommes isolés par des bottes ou chaussures modernes, notre énergie sera puisée de notre propre corps, notre batterie se décharge lentement et on se sens inutilement fatigué. »

Il poursuit : « Pour la terre, la lumière solaire est vitale, sans lumière, pas de vie sur terre, le soleil est source d’énergie, le représentant du créateur pour la terre.

Si on couvre les panneaux photovoltaïque avec des vêtements, pas de production d’électricité, si on couvre les plantes du jardin avec des vêtements, les plantes vont blanchir et mourir, idem pour les humains, si on se couvre trop, résultat, on se coupe d’une grande source d’énergie. On ne s’imagine pas ce qu’on manque comme énergie, donc captez le plus possible la lumière avec votre corps.

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Sous le mûrier noir Morus nigra L.

Une autre source d’énergie importante est la respiration consciente : lentement, on peut ancrer la respiration sur une mélodie ou sur des paroles d’un chant qui dure souvent 7 secondes ; donc inspirer 7 secondes, retenir 7 secondes, expirer 7 secondes, bloquer 7 secondes, etc etc. Si c’est trop, au début, on peut commencer avec moins de secondes.

Ces sources d’énergie sont gratuitement disponibles partout, c’est une énergie inépuisable. »

Ainsi, pour son jardin également, Philip utilise ces énergies qu’il capte grâce à des antennes qu’il fabrique et à des aimants (de micro-onde entre autre exemple). Ce n’est pas de l’électroculture ni de la magnétoculture, insiste t il et « les gens vraiment curieux de la théorie sur l’électroculture peuvent voir sur internet et Rustica de 1978 http://www.bargainorgonite.com/wp-content/uploads/2013/05/OK_electriser_le_potager_1978.pdf »

Donc Philip place des antennes de 2m50 en cuivre et zinc, sur les buttes ; le sol contient du silicium qui est conducteur. « C’est le zinc qu’il faut utiliser car le fer ou l’aluminium sont fortement électro négatif ; donc le ciel est électro positif et le zinc de l’antenne absorbe l’énergie. Puis le cuivre conduit vers le sol qui est électro négatif dans la plupart des cas, pas toujours, mais souvent il est électro négatif et il va redistribuer toute cette énergie au travers du sol. L’antenne fait aussi osmose, elle attire l’humidité du sol grâce à l’électricité juste assez pour la survie des plantes : c’est l’électro osmose. Cela réduit fortement les besoins en arrosage. Connaissez-vous le Pr G.Lakhovsky ? Il existe aussi l’effet Lakhovsky. »

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« L’antenne est un arbre qui ne fait pas d’ombre. Chaque arbre est une antenne qui reçoit et donne l’énergie dans le sol. Mais si il y a trop d’ombre, on ne peut pas faire les buttes sous l’arbre. Avec l’antenne, la même quantité d’énergie arrive dans le sol, et vous pouvez cultiver parce qu’il y a le soleil en plus. C’est une question d’électricité, si on coupe l’électricité, l’arbre meurt, la sève ne monte plus. »

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Philip a constaté que ces techniques doublent ses récoltes. « Les buttes sont comme des mini centrales où s’échangent les électrons entre Terre et bois de sapin ou d’arbres, entre Terre et couche végétale, entre couche végétale et plantes qui y poussent. Les buttes font rayonner de Bonheur et produisent l’Abondance, même en hiver. Cet hiver j’ai ramassé une salade qui pesait 5kg la pièce malgré -10°c ! »

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Puis nous poursuivons notre découverte à la rencontre de toutes ces fabuleuses plantes géantes qui se déploient sous l’énergie solaire rayonnant en ce lieu. La passion de Philip pour Dame Nature flotte dans les airs et tout autour de nous. Nous voyageons sur les chemins entre les buttes où les légumes, racines, bulbes, à feuilles ou à graines, plantes à fleurs se côtoient. C’est un joyeux fouillis où espèces vivaces, sauvages, médicinales, annuelles se ressèment à leur bon gré, mêlent savamment leurs couleurs. Parfois Philip pratique un semis ici, une plantation là, mais son Jardin reste seul maître à bord.

« Certaines plantent, non consommées, fleurissent et montent en graines. Ainsi, les cardons dont les têtes se consomment comme celles de son descendant l’artichaut, et ont plus de goût que ce dernier. Les tiges de cardons, appelées cardes, aussi se consomment, c’est pareil pour l’artichaut, une fois blanchi, on enlève les fils, et on les cuit en vapeur. On peut aussi les utiliser crues en jus, c’est très agréable à boire, été comme hiver, tout le temps. J’ai encore de très grands cardons l’hiver. Par contre les feuilles ne se consomment pas, elles sont très amères. »

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« Dans les buttes, tout est creux. C’est lié à la présence des rongeurs mais ils ne font pas beaucoup de dégât. Ils ont mangé un pied d’artichaut cette année. Pourtant j’ai beaucoup de rongeurs. Avant, j’avais des buttes en pyramides dont une grande de 3 mètres de hauteur. Daniel Fargeas ‘Les fiches écologiques’  était un vieil ami. Il a trouvé un livre pendant la guerre, écrit par un officier français durant l’occupation des terres africaines, qui parlait d’un peuple qui ne travaillait pas, et qui, une fois leur habitat en bois local conçu, faisaient des jeux et l’amour. Ils ne cultivaient rien grâce à leurs buttes. Tout autour des cabanes, il y avait des montagnes de buttes, ils y jetaient tous leurs déchets et ils vivaient l’Abondance. Ils ne vivaient que de ça. Daniel n’a pas retrouvé le livre, et je ne connaissais pas les dimensions de ces buttes. De retour chez moi, j’ai donc fait des pyramides de bois et d’arbres, de 3 mètres de hauteur, j’ai mis des planches pour monter les brouettes, j’ai recouvert avec la terre et tout ce que j’ai trouvé comme des ronces broyées. Et puis je me suis retrouvé en Afrique ! Vraiment inimaginable ! Des plantes grandes, gigantesques ! Parce que j’avais fais les pyramides, orientées Nord-Sud aussi. Quand je touchais le sol, il y avait une avalanche de petits vers de terre qui sortaient car ils pensaient fuir les petits rongeurs. Avec le temps, les rongeurs ont fait un château dedans et à la longue, ils ont mangé toutes les racines. Donc j’ai tout démonté et j’ai fait 16 petites pyramides. Très bon résultat, mais pareil, à nouveau des châteaux pour les rongeurs, des cylindres de grandes galeries. Et de nouveau, dans toutes les pyramides, toutes les racines étaient bouffées. Potimarrons, courgettes, morts. J’ai tout démonté et à présent les buttes sont en longueur, dans n’importe quel sens, Nord-Sud, Est-Ouest. Je trouve encore des galeries dans les buttes mais plus aucun dégât comme avec les pyramides. L’an dernier, j’ai trouvé une seule pomme de terre qui a été grignotée. C’est tout, ils ne mangent plus les racines des plantes. Ils mélangent la terre d’origine avec le broyât. L’arrosage attire les rongeurs. »

Le soleil au zénith, nous retournons sous le grand frêne partager le repas et écouter Philip nous conter son Jardin secret.

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Il dit : « j’ai oublié de vous parler de ce qu’est le résultat des  actes conscients : chaque pas pieds nus conscients est une sensation de premier ordre. En faisant de telle manière que l’avant pied touche d’abord le sol, à la suite on se sent porté vers l’avant et très léger. Pour la respiration consciente, chaque respiration donne un état de merveille dans tout le corps. On connait bien la sensation quand on s’expose aux lumières à la plage, sensationnel ! Ces trois sensations donnent une autre dimension à la vie auparavant inconnue pour peu qu’on sache y prêter attention. Selon moi c’est important pour la paix intérieure et ensuite se propage autour de chacun. À noter que la respiration consciente est la plus difficile car nos pensées ne veulent absolument pas être mises de côté, la pensée veut nous dominer, nous occuper en permanence. »

Philip FORRER est à la fois paysagiste, artiste et doux rêveur qui se laisse porter sur les ondes magnétiques au cœur de son Paradis terrestre. Il nous a offert un voyage vers le Graal, parmi de sacrées plantes. Nous étions comme suspendus au-dessus des airs colorés de lumière dans cet écrin de verdure. Ce joyau horticole nous a tous enchantés. Cette promenade nous aura t elle aidée, entre visible et invisible, à mi chemin entre le réel et l’imaginaire, dans notre quête d’identité spirituelle ?

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 » Le mythe est à la base de tout, et celui-ci est plus fort que l’Histoire. » G.Moigne.

Article de Lo Stas, membre Perma’Sol permaculture de l’Association des Jardiniers de TOURNEFEUILLE 

Tous les textes inscrits entre guillemets sont les paroles texto de Philip FORRER sauf la citation de G.moigne.

Le 14 juillet 2018, Philip a dit :

 »

Je suis à 620 mètres d’altitude en zone de montagne audoise  versant atlantique. Les hivers sont très longs et durs.  Il a gelé jusqu’à moins 15°c cet hiver et neigé 3 fois jusque 30 cm, avec des coupures de courant ayant durée quelques jours : ligne  de 20.000 volt cassée.

Cela malgré le réchauffement climatique dont on parle.

C’est un record d’enneigement cette année dans les Pyrénées (et aussi en Italie, Slovénie…)

Les pommes de terre  sans aucune fumure ne peuvent pas geler par contre, celles cultivées avec fumier ou engrais chimique se transformeront en gélatine ou méduse  avec le  gel.  Ce n’est pas mon cas. Au contraire, du moment que le gel n’est pas trop fort, les pommes de terre continuent de pousser l’hiver et de former des tubercules.

Si il gèle trop fort, la verdure hors sol gèlera et mourra, mais dès le dégel les tubercules conservés sous la couverture recommencent à germer et à grandir.

Il faut savoir que la couche végétale morte de 30 cm ne laisse pas passer le gel à l’intérieur d’une butte, l’argile oui, la matière non décomposée, non, donc il ne fait pas froid dans une butte.

Il peut geler chez mois  jusque moins 26°c avec 1m 50 de neige en novembre.

En mai, il peut neiger jusqu’à 50/60 cm de neige.

 »

Si l’abeille disparaissait de la surface du globe…

Nature ordinaire, nature extraordinaire !

…l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre. Cette phrase attribuée à Albert Einstein est largement reprise sous diverses variantes par les défenseurs des abeilles et de la nature dans des communiqués de presse, brochures, dépliants et autres documents de communication. Elle apparaît jusqu’au générique de fin de Nos enfants nous accuseront, un film documentaire consacré aux problèmes posés par l’agriculture conventionnelle sorti en 2008,

Une citation doublement fausse…

La prédiction est angoissante et son auteur présumé un solide garant de sa véracité puisque ce fut l’un des plus grands scientifiques du XXe siècle. D’où son efficacité apparente pour soutenir le message de ceux qui se battent pour faire prendre conscience au grand public et aux autorités du drame que représente la disparition des abeilles. Efficacité apparente seulement, car cette citation est doublement fausse.

D’abord parce que les deux tiers de la production agricole mondiale ne dépendent pas de…

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Planter des fruitiers en «guild»

Le compagnonnage aussi appelé « guilde »

Mycorhize

En Anglais « guild » signifie confrérie ; une guild est une association d’assistance mutuelle et d’entraide.

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La plantation en guild c’est l’art de connaître les plantes qui aiment pousser ensemble. En effet les plantes sont des créatures très sociables et ont souvent un effet bénéfique pour leurs semblables, contrairement aux interprétations du genre humain telle que « L’herbe sous les fruitiers pompe l’eau et les nutriments de l’arbre ».

Ils ne rentrent pourtant pas dans la même catégorie, le fruitier va rapidement pomper dans les couches profondes du sol et remonter sans effort ce dont les plantes couvre sol ont besoin.

Une autre idée préconçue : les acacias (Robiniers) sont envahissants et empêchent la forêt dite «  Native » (terme purement inventé par la psyché humaine) de pousser normalement.

En fait les Robiniers font partie de la famille des fabacée, leur croissance et leur capacité de colonisation rapide en font une des espèces les plus efficaces…

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