AGRICULTURE DE CONSERVATION, AGRICULTURE NATURELLE, AGROÉCOLOGIE, PERMACULTURE ET AGROFORESTERIE

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FOCUS SUR AGRICULTURE DE CONSERVATION, AGRICULTURE NATURELLE, AGROÉCOLOGIE, PERMACULTURE ET AGROFORESTERIE au travers des livres pour apprendre à soigner la Terre Nourricière : la Collection Sciences et Techniques Agricoles de Dominique SOLTNER.

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Dominique SOLTNER fait partie des pionniers de l’Agriculture de Conservation en France. J’ai une profonde admiration pour son action en faveur de la bonne santé de la Terre et des Animaux. Dominique SOLTNER milite depuis plus de 45 ans pour une agriculture durable au travers de ses ouvrages destinés à l’enseignement agricole. Non seulement il offre aux élèves les moyens de vivre correctement de leurs activités, et en sus, il transmet la conscience de l’état de la Terre et des ressources de la Planète. Ses livres qui  – je le cite – « décrivent et cherchent à protéger les quelques décimètres d’écorce de notre Terre, source de toutes Vies », sont dédiés à l’Agronomie, la Nature, l’Écologie, la Zootechnie, ainsi qu’à  « l’enseignement et la pratique de l’Agriculture, de l’Horticulture, de l’Élevage, du Jardinage et de l’Environnement ».

capture-decran-2017-02-05-a-10-39-48Dominique SOLTNER, c’est donc d’abord un enseignant agricole, ingénieur diplômé de l’ESA d’ANGERS et c’est ensuite l’auteur de livres et manuels de vulgarisation de l’Agriculture de Conservation, la Collection Sciences et Techniques Agricoles à destination des étudiants agricoles, et aussi des agriculteurs ainsi que des jardiniers même amateurs, car « leur agronomie est la même » écrit-il. Pour la première fois dans les livres de l’enseignement, les ouvrages de Dominiques SOLTNER approfondissent la notion de Vie des sols et de fertilité des sols : « Le SOL est un milieu vivant, habité par plusieurs tonnes/ha de racines, champignons, bactéries, vers, insectes, mollusques… Tous ces êtres vivants travaillent plus encore que les outils de l’agriculteur et du jardinier» explique-t-il.

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Mes recherches en agriculture respectueuse ont abouti à 5 courants de cultiver que sont :  l’agriculture de conservation, l’agroécologie, la permaculture, l’agriculture naturelle, l’agroforesterie. Ce sont des courants qui se ressemblent, s’assemblent, sont inhérents les uns des autres. Ce sont des  agricultures durables.

Les écrits et expériences de la Collection de Dominique SOLTNER, sans cesse remis à jour en fonction des avancées, versent dans chacun de ces courants.

Face à l’agriculture conventionnelle qui fait des ravages et transforme nos terres en désert, Dominique SOLTNER nous invite à pratiquer « en finesse » : « c’est compter d’abord sur le vivant animal et végétal. Associés, ils réalisent les mêmes actions, les mêmes productions, aussi bien, mais sans nuisances ni gaspillages : ameublissement, gestion de l’air et l’eau, fertilisation, protection… » détaille-t-il.

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Ces 5 façons de cultiver , complémentaires et se ressemblant, ont en commun un point fondamental : protéger la vie du sol. Les études en pédofaune, pédoflore, biologie du sol, ont démontré que le sol contient des organismes vivants irremplaçables, de la végétation telle que des racines, des animaux tels que des micro-organismes, des êtres vivants tels que des bactéries, des microbes, des réseaux micellaires ou mycorhizes. Ils sont irremplaçables car ils participent à la transformation de la matière organique en humus, sont de véritables niches écologiques. Ils sont les recycleurs de tout ce qui tombe à Terre, feuilles, bois, plantes en fin de cycle, animaux. En recyclant toutes ces matières, ils fabriquent la mince couche arable berceau de nos cultures. C’est ainsi qu’ils enrichissent le sol en substrat immédiatement disponible pour nourrir les végétaux qui y prennent racine. Dominique SOLTNER détaille cette notion dans son livre LES BASES DE LA PRODUCTION VÉGÉTALES  – Tome I – LE SOL ET SON AMÉLIORATION où il indique que « La terre, au jardin ou au champs, a donné son nom à LA TERRE, notre planète. C’est dire si elle est source de toute vie, végétale et animale, et son étude concerne tous ceux qui étudient cette Vie »

capture-decran-2017-02-05-a-10-50-001- L’AGRICULTURE DE CONSERVATION des sols a pour but de retrouver puis préserver un sol fourmillant de vie grâce à des techniques respectueuses, selon 3 grands principes. Venue des États-Unis en France depuis les années 80, elle est de plus en plus pratiquée, lentement mais sûrement, par des agriculteurs en reconversion qui font le saut d’abandonner le labour au profit du semis direct sur couverts, les TCS ou Technique Culturale Simplifiée, privilégiant le travail de l’activité biologique du sol ainsi que l’infiltration des eaux. http://agriculture-de-conservation.com/-La-Revue-TCS-.html Ces couverts, qui sont les résidus de la précédente culture, sont écrasés pour mettre en place une nouvelle culture ; une des pratiques est le strip-till. Le sol est toujours couvert, et la rotation de culture est diversifiée, incluant une espèce de légumineuse ou d’engrais verts. Les agriculteurs y gagnent du temps et diminuent le recours à la grosse machinerie, diminuant du même coup l’usage du pétrole et des matières chimiques. Les sols sont ainsi mieux protégés de l’érosion, et il s’ensuit de meilleurs rendements. Cela peut sembler simple au premier abord, cependant, ce mode de culture demande une sérieuse technicité : rotation (temps d’occupation du terrain), association d’espèces végétales… Cette agriculture est expliquée et développée dans le livre de Dominique SOLTNER, Guide de la nouvelle agriculture sur Sol Vivant : L’Agriculture de Conservation. Dominique SOLTNER définit l’agriculture de conservation comme « une agriculture des éléments air eau carbone azote, une agriculture de la vie biodiversité haie et arbre terroirs santé, une agriculture des ressources climat terre énergie, une agriculture de l’humain pays et paysage paysanne proximité, une agriculture des productions assolements rotations élevage, une agriculture solidaire emploi ville ouverture, une agriculture du vivant »

2- L’AGRICULTURE NATURELLE est celle pratiquée par Masanobu FUKUOKA dans les années 70 et expliquée dans son livre L’AGRICULTURE NATURELLE : théorie et pratique pour une philosophie verte. Elle s’efforce de restaurer la Nature autour de 5 principes majeurs : le non-labour, pas d’engrais, pas de pesticides, pas de taille et pas de semailles (sûrement veut-il parler de mauvaises semences, hybrides, OGM et/ou enrobées de produits chimiques). Cette agriculture est dispensée en France par l’ITAN Institut Technique d’Agriculture Naturelle depuis 2005. http://corinneliagre.fr/itan/itan_site/index.php?page=accueil 

capture-decran-2017-02-05-a-10-52-32Dans son livre Guide du nouveau jardinage sans travail du sol, sur couverture et composts végétaux, sans bêchages ni fraisages, sans sarclages ni binages Dominique SOLTNER expose ses 15 années d’expérimentation en Agriculture Naturelle dans son jardin : « Tandis qu’une nouvelle agriculture abandonne charrue et labours, des milliers de jardiniers remisent bêche et motoculteur et confient le travail du sol au Lombric, infatigable laboureur ! »

Ce livre est destiné à tous les jardiniers amateurs ou professionnels, richement illustré de photos, « dessins parlés », aux explications claires et simples. Ce guide nous explique de A à Z « comment démarrer un jardin sans travail travail du sol », en économisant l’eau et sans désherbant ni quelconque produits chimiques. Il développe entre autre les techniques du mulch, du jardinage sur compost vert, en rappelant ce qu’est l’humus, le BRF. Il nous apprend à nourrir le sol pour des cultures saines.

En complément de ce livre passionnant,  Stéphane AISSAOUI a réalisé 2 DVD tout aussi attrayants. Le DVD1, d’une durée de 2h15, détaille en 7 chapitres une saison de Dominique SOLTNER dans son jardin expérimental. Le DVD2, d’une durée de 2h07, est la suite du DVD1 et où Dominique SOLTNER nous emmène visiter d’autres jardins et d’autres techniques.

3- L’AGROÉCOLOGIE : “L’ agroécologie est pour nous bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du Vivant.”  explique Pierre RABHI auteur du livre L’AGROÉCOLOGIE UNE ETHIQUE DE VIE. Le mot Agroécologie provient de la contraction de agronomie et écologie, ce qui suppose donc des connaissances dans ces 2 domaines. Ainsi la science et la pratique de l’agriculture doivent s’accompagner de la connaissance des interactions entre les êtres vivants, les végétaux, et leur milieu. Apparue dans les années 30, l’agroécologie est ainsi à la fois une philosophie, une recherche scientifique et une pratique en harmonie avec la Terre-Mère dans le sens où elle favorise la biodiversité, littéralement la vie de la diversité. Il s’agit d’imiter la nature pour créer des symbioses, des synergies, au coeur d’un agro-éco-système géré par l’homme, pour se nourrir. Plus qu’une agriculture, c’est une « Approche globale, elle inspire toutes les sphères de l’organisation sociale : agriculture, éducation, santé, économie, aménagement du territoire… » http://terre-humanisme.org/agroecologie/philosophie

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Pour Dominique SOLTNER, l’agriculture de conservation c’est de l’agroécologie. En 2016, il réédite son livre Guide de la nouvelle agriculture sur sol vivant : l’Agriculture de Conservation sous le nom Agroécologie : Guide de la nouvelle agriculture. L’agroécologie repose sur 7 principes qui s’articulent selon ce schéma : http://www.osez-agroecologie.org/l-agroecologie

4- LA PERMACULTURE, née dans les années 70 en Australie, est également une philosophie ainsi qu’une méthode afin que l’homme puisse créer une sorte d’écologie cultivée locale et stable où vivre et évoluer. Cet écosystème permanent, prenant la Nature comme modèle, se conçoit grâce à une méthodologie nommée « Design » et peut se décliner à tous les domaines entourant l’homme, au potager, au verger, et aussi à l’habitat, l’enseignement, la santé, la vie sociale… Cette idée de créer avec la Nature est détaillée par Bill MOLLISON & David HOLMGREN, dans les livres PERMA-CULTURE 1 et PERMA-CULTURE 2. Dans la préface du livre 1, Dominique SOLTNER écrit « Associer forêt et cultures, tel est le principe du bocage : des champs et des prés entourés de haies dont les trois étages, les trois « strates », sont celles des lisières de bois : arbres de l’étage arborescent, arbustes du « manteau », plantes herbacées de « l’ourlet ». Le tout sur talus doublé d’un fossé. La haies, double lisière qui s’allonge sur des kilomètres, est, à l’image des lisières de bois, un milieu d’une extraordinaire richesse, par sa flore et sa faune. À la fois brise-vent et réflecteur solaire, régulateur hydraulique et frein à l’érosion, la haie produit du bois d’oeuvre et de chauffage, des fleurs et des fruits, tout en régularisant les espèces animales et en abritant le gibier. Bocage et permaculture, une parenté que souligne bien le livre de Bill Mollison.»

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La Permaculture repose sur 3 éthiques fondamentales qui sont prendre soin de la Terre, prendre soin des Hommes, partager équitablement. Les outils de conception du Design sont 12 principes, ou proverbes, développés par David HOLMGREN dans son livre PERMACULTURE.

« À l’heure où l’agriculture industrielle,…, est souvent dans l’impasse (économique ou écologique), où celle des pays du tiers monde se développe moins vite que les bouches à nourrir, sur des sols de plus en plus dénudés et stériles, jamais les principes d’une agriculture intégrée n’ont été aussi nécessaires. N’est-ce pas d’abord cela, la permaculture ? » interroge Dominique SOLTNER

5- L’AGROFORESTERIE c’est la culture avec les arbres champêtres et les haies. Depuis les années 80, ce mode de culture s’intensifie. Le système racinaire des arbres permet de restituer l’eau et les sels minéraux aux végétaux dont les racines sont moins profondes, structurent les sols en les fractionnant permettant ainsi une meilleur infiltration des eaux de pluie qui s’en trouvent de plus dépolluées, créent un vaste réseau avec les mycorhizes. Les arbres abritent une grande biodiversité écologique, ils stockent du carbone action non négligeable à l’heure du réchauffement climatique, produisent une importante biomasse, et sont source économique en bois, fourrage, chauffage. L’association française d’agroforesterie http://www.agroforesterie.fr/index.php, Arbre & Paysage 32 http://www.ap32.fr/ , prom’haies http://www.promhaies.net/lassociation/, l’AFAC Agroforesterie http://afac-agroforesteries.fr/ développent les pratiques et les connaissances agroforestières en France et en Europe, sur le terrain, et accompagnent les acteurs depuis depuis plus de 26 ans. Dominique SOLTNER explique le pourquoi et le comment dans son PETIT GUIDE DES ARBRES ET HAIES CHAMPÊTRES  « parce qu’à l’image des haies des champs et des lisières de bois, les haies de mélange réunissent reprise, croissance, résistance, biodiversité, couleur… »

Capture d’écran 2017-02-05 à 11.10.14.pngC’est devant le remembrement intensif que traverse la France entre 1960 et 80, que Dominique SOLTNER fait replanter le bocage perdu. Il décrit en 1973 dans son livre intitulé L’arbre et la haie, pour la production agricole, pour l’équilibre écologique et le cadre de vie rural puis dans le suivant PLANTER DES HAIES les bienfaits de ce reboisement. Ce livre, suivi de son résumé Petit guide des Arbres et Haies champêtres, sont des pas-à-pas qui conduisent le jardinier ou l’agriculteur à la réussite d’un jardin agroforestier. Alors à contre-courant des pratiques enseignées aux étudiants agricoles, Dominique SOLTNER est aujourd’hui, le grand précurseur du jardin champêtre. Quand on sait combien la place de l’Arbre et de la Haie sont cruciales car ils sont créateurs d’Humus limitant l’érosion des sols, source de biodiversité en aide à la lutte contre les ravageurs, brise-vent favorisant les rendements et le climat, régulateur des eaux, de la pollution, et même source économique (fruits, bois, fourrage…), et simplement parce qu’ils sont beaux.

C’est donc en partie grâce aux précieux conseils de Dominique SOLTNER que le bocage renaît peu à peu de ses cendres. L’Agroforesterie est bien en route.

Son livre BANDES ENHERBÉES et autres dispositifs bocagers est non seulement un guide pour ralentir l’érosion des sols mais aussi un guide pour éviter la pollution de l’eau.

Aujourd’hui, notre modèle de production alimentaire est devenu obsolète. L’agriculture conventionnelle, soit disant productiviste, entre les mains des multinationales, ne nourrit pas l’humanité et de plus, détruit les sols.

À l’heure ou l’intérêt d’une Agriculture Écologique est grandissant, la Collection des Sciences et Techniques Agricoles de Dominique SOLTNER détaillant les techniques, bases, principes, pratiques d’une agriculture soutenable est plus que d’actualité.

Parmi les titres de Dominique SOLTNER présentés sur son site, http://www.soltner.fr/page_collection,sciences,techniques,agricole,soltner_LES-TITRES_4.html, difficile d’en privilégier un car tous devraient être lus et relus, appris et expérimentés. Ces livres sont riches d’un enseignement qui contribue au développement du monde rural sainement et en toute viabilité économique. Ils préconisent une pratique agricole qui favorise l’amélioration des rendements par l’amélioration de la santé de nos sols, la dynamisation de la fertilité naturelle de la Terre, et la diminution du gaspillage des ressources énergétiques.

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Dominique SOLTNER explique clairement comment recréer des écosystèmes entre autre, par exemple et non des moindres, en incluant des arbres, des bocages, des haies, des bandes enherbées qui favorisent la biodiversité, préservent l’équilibre des espèces, régulent les populations de ravageurs, et par la même occasion rendent inutile le recours aux intrants chimiques. Il donne ainsi également la clé de la protection des sols contre l’érosion, et de l’eau contre la pollution.

Au côté de Dominique SOLTNER, des organismes, des agronomes et des conseillers indépendants sont nombreux à agir en faveur du changement de paradigme agricole. Ainsi pour en citer quelques uns : Konrad SCHREIBER, Matthieu ARCHAMBEAUD, Gilles DOMENECH, François MULET,… et aussi Lucien SÉGUY, Claude et Lydia BOURGUIGNON. Des réseaux comme SOL, Maraîchage sur Sol Vivant, GAÏA32, l’APAD,…

Cultivons-nous et cultivons bien pour un nouveau modèle de production alimentaire enfin sain et vraiment productif !

James FOREST : Jardinier-Cueilleur de Simples, Formateur, Boulanger.

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Journée Botanique avec James FOREST : Jardinier-Cueilleur de Simples et Formateur. Boulanger et animateur au sein du réseau « Semences Paysannes ». James FOREST enseigne la botanique à l’école des plantes lyonnaise à ASPET (formation Herbaliste du Sud-Ouest).

Présentation

Mon grand-père cultivait sur sa ferme du blé pour les boulangers de l’époque. Le médecin conseillait de se nourrir de bon pain.

Il y avait au village voisin, à Montignac sur Charente, un boucher végétarien. Quand on entrait dans la boucherie, d’un côté se trouvait la viande, et de l’autre, le thym, le laurier, le romarin, les médicinales. Ce boucher, MR CHAPON, avait eu des problèmes de santé et disait au gens : « Mangez moins de viande et le matin, commencez par une tisane de thym, ou une tisane de romarin. »

Dès mes 18 ans, je me suis intéressé à l’alimentation et la culture du blé et je suis devenu boulanger. La connaissance des plantes allait de paire parce que dans un champs, les médicinales accompagnent les champs de blé. Elles s’appellent « les messicoles ».

Ma vie est d’une part consacrée à la recherche de la bonne qualité du pain. J’enseigne dans le cadre du mouvement paysan-boulanger http://www.semencespaysannes.org/formations_415.php lors de formations qui existent depuis 2 ans maintenant ayant lieu à Brens et qui donnent accès à la reconnaissance de la pratique intitulée « paysan-boulanger » pour ceux qui veulent cultiver le blé, font de la recherche sur la valeur alimentaire du pain, sa digestibilité par rapport au grand sujet du gluten.

Je participe depuis presque 10 ans à une initiative nommée « panification des céréales vivrières en Afrique de l’Ouest » avec une association de TOULOUSE à l’initiative de l’économiste Jacques BERTHELOT. C’est un économiste de 78 ans, qui s est engagé à étudier et transmettre les différences sur la distribution dans le monde de l alimentation. Donc nous avons une initiative qui vise à encourager les agriculteurs du Benin, Sénégal à retrouver leurs variétés locales et les préparer sous forme assimilable.

Voilà pour le blé. Je vous ai préparé des pains à l’épeautre et autres variétés paysannes.

Et d’autre part, je me consacre aussi aux plantes médicinales depuis mon plus jeune âge. J’ai participé à reconstituer un jardin de monastère, près de Saint-Gaudens, http://www.tourisme-midi-pyrenees.com/abbaye-de-bonnefont/proupiary/tabid/2271/offreid/d0dd1c0f-e545-427e-8510-cf015c6475ac/detail.aspx

À Saint-Bertrand de Comminges, haut lieu de l histoire des Pyrénées, voici bien 30 ans que les personnes qui participaient aux fouilles se sont intéressées à l’agriculture et alimentation de l’Antiquité romaine. Sont venues me trouver Mr et Mme MARTY, chercheurs au CNRS, et un cuisinier, Renzo Pedrazzini : « Écoute voilà, nous cherchons les plantes connues des Romains pour élaborer une cuisine inspirée des textes de l’Antiquité ». http://www.le-lugdunum-restaurant.com Lug, luce = lumière et dunum = domaine… Lycée vient de Luce, lumière… Enseignant : qui rend l’autre son seigneur…  Et c’est comme cela que ça a commencé, j’ai cherché les plantes sauvages et comestibles, légumes anciens et oubliés et pour les céréales, rechercher l’épeautre, les touselles, blés romains, … http://www.actu-histoireantique.com/page-4062205.html

J’ai bien du ramasser l’équivalent du poids du restaurant en chénopode bon Henri…

Ce restaurant romain est toujours ouvert, à Valcabrère, sur réservation et par groupe de au moins 6 personnes. Il propose un vin de Columelle, agronome, qui a écrit des traités sur la façon de préparer un sol…

Voilà pour une brève présentation.

À présent, voici deux documents :

  • « accueillir les plantes sauvages au jardin » extrait de la revue BIODYNAMIS N°45 du printemps 2004
  • « La plante, entre ciel et terre » extrait de la revue WELEDA N°97 ou «  l’évolution de la plante dans sa croissance annuelle »

Nous allons développer ce deuxième document maintenant :

Parlons de la notion de Santé de la Terre.

Pour introduction, je pense que tous les jardins, toute l’histoire de l agriculture est liée au développement et aux soins de la couche du sol HUMUS. C’est la même racine que l’on retrouve dans les mots homme, humanité, humidité, humilité,…

C’est surtout du soin, de l’entretien, que l’on va apporter à la couche du sol que l’on va pouvoir cultiver, en fait, entretenir un monde microbien de bactéries et de levures qui sont les mêmes familles que l’on va retrouver dans le levain du pain, que nous digérons, ainsi que dans nos estomacs. Notre santé est en étroit rapport avec ces micro-organismes du sol qui vont, par les plantes que nous cuisinons ou mangeons crues, nous permettre d’être par notre alimentation en harmonie avec ce que le sol nous donne. Il y a tout une sagesse de la Terre. De même au travers de la respiration des plantes, nous avons juste les quantités d’oxygène qui vont nous être données par les plantes.

Aujourd’hui, nous sommes en automne, nous allons évoquer le chemin de la plante depuis le printemps.

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Au printemps, la graine rencontre l eau et la terre grâce à qui elle s’enracine : geste de verticalité vers le centre de la Terre. À ce moment là, naît une impulsion de croissance : ébauche de la plantule, par la respiration ou photosynthèse. La plante va avoir ce geste de déploiement. Progressivement, on va avoir 2 feuilles suite au processus de la photosynthèse. Il n’y a que des minéraux au départ et de l’eau.

Juste pour une approche poétique et scientifique : les gens s’étant penché sur l’histoire de la Terre comme Aristote ou Hippocrate, appellent la santé ou la maladie « l’Eucrasie » grande grâce ou la disgrâce. L’eucrasie est en relation avec l’alimentation « Que ton aliment soit ton 1er médicament » Dans les 4 éléments développés par Hippocrate : TERRE, EAU, AIR, FEU, par rapport au développement de la plante, on peut suivre l accompagnement de ce qui va permettre une bonne santé aussi bien pour la terre, pour la plante, que pour nous.

Par exemple, pour Paracelse : si nous voulons avoir un bon rythme respiration circulation ce sont les feuilles des plantes qui vont nous aider. Il ajoute que la composition de l’air va être 80% d’azote pour 19% d’oxygène. Ce rapport oxygène/azote, nous le retrouvons dans notre rythme car quand nous respirons 1 fois, nous avons 4 pulsations cardiaques. Ce qui fait un rythme à la minute de 18 respirations pour à peu près 72 pulsations. La plante absorbe le gaz carbonique, redonne de l’oxygène dans ces mêmes proportions.

Dans l’histoire de la médecine, la relation homme/plante/aliment, depuis Hippocrate au temps de la Grèce, on va la retrouver pendant toute la période des Jardins de monastère en Europe.

Pour Paracelse, 15è s., la terre est un être vivant. En hiver, à partir de l’eau et des sels minéraux, la terre prépare un suc, nourriture des plantes : la sève brute, qui à la rencontre de la lumière dans les plantes, donne la sève élaborée. La feuille va, à un moment, arrêter de se développer et va se concentrer dans le calice. D’où geste de  rétraction appelé « calice ». Puis on va avoir des glandes, base des fleurs avec du nectar suivant les variétés de plantes. Pour Paracelse, le nectar est l’élaboration subtile dans la plante, de ce que la terre a déjà préparé en hiver. Lorsque les abeilles viennent chercher ce nectar, elles vont élaborer du miel. Ce que Paracelse a bien compris est ce lien entre la vie de la terre, la santé de la plante et enfin, notre santé. Si on suit Paracelse, le blé n’est pas une plante que les abeilles fécondent car fécondation par le vent, et donc ce que les plantes de la famille des graminées n’ont pas pu accomplir dans le sens qu’elles n ont pas de fleurs pollinisées par les abeilles, en fait c est là que le rôle du boulanger va être dans la continuité de la nature : le blé s’arrête au stockage, à l’élaboration de l’amidon, et le boulanger va transformer cette matière en cuisant son pain.

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Tout au long de la croissance de la plante, on peut voir que progressivement de la feuille au calice, à l’élaboration de la fleur, on retrouve en général 2 grands gestes : depuis le début, la graine, la verticalité, ça pousse, puis l’horizontalité, noeud qui se forme à chaque fois, et ce noeud va donner le calice qui va être dans la concentration, puis les pétales dans l’horizontalité se dilatent. Ensuite on retrouve le pollen et, si on regarde les éléments minéraux (fer, cuivre zinc,…) de la terre, ils se sont dissous, se sont dilués, et en fait, dans le pollen, on les retrouve à l’état infinitésimal le plus subtil, alors que dans la terre ils étaient à l état de densification.

Le pollen va mûrir jusqu’à être reçu par l organe femelle, l ovaire, va former des carpelles et constituer progressivement, donner le fruit et enfin la graine.

Petite parenthèse : savez vous pourquoi ces os de la main s’appellent « le carpe ». Pour cueillir les fruits, les carpelles, on faisait ce geste là ; le nom de cet os vient de carpelle.

Ainsi, soit nous allons manger, les feuilles, fleurs, graines, fruits et aussi, la racine. C’est le rapport avec les 4 éléments développés par Hippocrate : TERRE, EAU, AIR, FEU.

Chez les homéopathes, ou dans différentes approches de la médecine, il n’est pas anodin de manger telle ou telle partie de plante.

Si on remonte l’histoire de la médecine, les romains se soignaient avec les racines : terme rhizotomistes (cueilleurs de  gentianes de nos jours). Progressivement, on arrive au Moyen-âge, aux jardins de monastère, et on abandonne les racines, pour n’utiliser que des remèdes liés aux plantes entières, les thériaques : 20 à 30 plantes. Ce sont souvent les prêtres ou chamanes qui donnaient les conseils, et qui ont abandonné les racines. Puis au fil du temps, la connaissance des plantes n’est plus détenue seulement par les prêtres ou les moines et on revient sur toute les parties de la plante, y compris les racines.

Paracelse au 15è s. évoque la possibilité de dilution de petites quantités de plantes et va donner une base de réflexion pour la médecine, la spagyrie (séparer, gérer, regrouper) tout comme la plante a ses gestes de développement et de concentration, pour lui le médicament doit être préparé de la même façon : teinture mère à diluer. L efficacité du remède sera en rapport avec le taux de la dilution. Par exemple, si choc physique violent : arnica très peu dilué : en 5 ou 7 ch. Si choc émotionnel, toujours arnica mais au contraire, en haute dilution. Paracelse en fit l’ébauche, il a ressenti les principes actifs des plantes. Paracelse est né en Suisse, sur les rives du lac de Zurich, et c’est un des principaux lieux de la sélection des bons blés.

Son successeur dans l’observation des plantes et de la médecine, Hahnemann, un allemand, va affiner l’homéopathie, la relation que nous avons avec l’environnement.

Un exemple : nous partons en montagne randonner, à un moment nous avons chaud, il y a une clairière où nous nous arrêtons sans changer de vêtements, nous allons nous refroidir et 2 jours après, mal de tête et nez qui coule. Donc nous avons eu un refroidissement dans un endroit fermé et humide : une clairière de montagne. Si on ne s’est pas arrêté à la clairière, on s’est arrêté au bord du torrent où il y a du courant d’air, refroidissement sec…

Hahnemann va rechercher l’origine du refroidissement : refroidissement humide ou sec ? Premier cas, le remède va être Belladone qui pousse dans les clairières, dans le deuxième cas, c’est Aconit qui pousse au bord du torrent.

Aujourd’hui, on parle des élixirs floraux : remèdes obtenus par une approche de la fleur sur de l’eau au travers d’un alambic, approche énergétique plus subtile que la dilution hahnemannienne et qui va s’adresser au domaine psychique.

Ainsi depuis le remède concentré de l’époque romaine, on arrive aujourd’hui à ces remèdes plus subtiles. Et pour l’alimentation, pour tout le courant de la médecine énergétique, on pourrait retenir que lorsque on mange des racines leurs effets s’adressent au pôle de la tête. Par exemple, la soupe à l’oignon, c’est pour le ciboulot, le nom latin de l’oignon c est Alium ceta (tête). Les parties racines ont plutôt une action sur la tête. Si on veut de la concentration : carotte, betterave, avec du riz. Quand on regarde les sagesses de différents pays, on retrouve ses notions là. Les feuilles facilitent la respiration et la circulation. Fleur et fruit ont une action sur le système digestif. Ce qui fait penser à la théorie de la signature car racine ressemble au cerveau, feuille ressemble aux poumons… Nous verrons des tableaux en fin de journée.

Petit arrêt face à la tomate petit moineau du keyhole :

NDLR : La tomate petit moineau est un porte-greffe mais elle se mange également, excellente pour l’apéro.

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James Forest

Ici, famille des apiacées : carotte, fenouil. Jadis ombellifères car disposition des fleurs en ombelles. Les botanistes ont changé le nom car la principale est Apium graveolens

Les crucifères : fleurs en croix, s’appellent brassicacées du nom d une plante majeur de la famille qui est le chou.

Dans la famille des ombellifères : beaucoup de plantes médicinales : fenouil, carvi, cerfeuil, aneth. Ce sont des plantes très ouvertes à la lumière, les tiges sont creuses, en canaux. Si on coupe une carotte en transversale, ça fait un soleil avec plein de canaux. Dans ces plantes là, la lumière ne s arrête pas à la photosynthèse au niveau de la feuille, et descend jusque la racine. C est un fruit en terre, elle élabore des sucres. Donc aussi, panais, céleri-rave, … Quand on mange une carotte, on se nourrit de pro vitamine A pour la peau, un beau teint.

Le deuxième niveau de cette famille sont les aromatiques : fenouil, livèche, carvi, cumin, aneth, anis : aide à la digestion. Que se passe t’il si on ne digère pas : on a des gaz : faculté de la plante à fixer, amener l’air en elle : soulage nos gaz. En plus, par exemple, une tisane de cumin, de carvi, élimine les bactéries pathogènes si on a des gaz. Les mauvaises fermentations seront régulées par les graines de cette famille là.  Dans les restos indiens le repas se termine par des graines d’apiacées.

Elles font une sélection dans les bactéries lactiques.

Recette du levain en 2 jours : cumin ou carvi en graine, le moudre, le porter à ébullition dans 1/2 litre d’eau, puis quand c est devenu tiède, mettre de la farine (seigle ou complet) et faire une pâte. Puis, garder ambiance tiède 36h. On peut faire aussi avec les graines d’aneth ou de fenouil. Les romains faisaient avec de la tisane de cumin ou de carvi, de fenouil ou d’anis.

Ces graines agissent sur les bactéries du levain ou de nos flores intestinales qu’elles sélectionnent : les dextrogyres = qui tournent à droite (et pas aux lévogyres qui tournent à gauche). En référence à la biodynamie qui a observé une synergie entre les graines des ombellifères et les céréales, par exemple cumin, carvi avec blé, aneth avec orge,…

Il existe des graines de cumin en France : le carvi des jardins.

Il existe un autre groupe d’apiacées : les cigües, les oenanthes : les plus toxiques. Oenanthe : 5 en Europe. Autant la cigüe pue, pipi de chat, par contre, l’oenanthe sent le persil, le céleri, d’où un très grave risque de confusion, le goût et le parfum ne suffisent pas. En pays basque ou Bretagne, dans les rivières, il y a l’oenanthe croccata qui pousse et est parfois arrachée après un orage, se retrouvant en masse dans l’eau.

IMG_5879.pngIci, une verveine officinale.

En général on pense verveine citronnée alors que la verveine officinale est celle-ci, à l’odeur forte, c’est celle pour faire des cataplasme : remède de la peau et des tendons. On peut vérifier, lorsque l’on tire, c’est très solide, si on fait une coupe : ensemble de filaments comme gaine des nerfs : très bon remède des tendinites, problèmes articulations et tendons, notamment dans le Gers. J ai connu un guérisseur qui pratiquait de la façon suivante quand élongation, plusieurs tiges de verveines et du blanc d’oeuf. Puis il faisait comme un cataplasme et cela soigne les élongations.

La verveine était une des plantes sacrées des druides et même pour la récolter, tout un rituel était suivi. Le médecin ne l’arrachait pas avec les mains, mais on l’attachait à quelque chose de flexible, on dégageait la terre, et c’était le vent qui terminait de l’arracher : forme de respect.

La verveine officinale a la particularité de soigner les hématomes même grave, et les blessures par le fer, corps étranger de fer : verveine, blanc d oeuf et un peu d huile en cataplasme sur un tissu.

Au Sénégal on dit « il faut se méfier du bâton, plus que du couteau , car la blessure du couteau on peut la guérir, mais la blessure du bâton, c’est difficile »

Chez les garde-chasses autrichiens, ils se protègent avec la verveine des blessures par armes de fer.

La verveine est une des plantes des druides qui connaissaient principalement 9 plantes. En Corse, c’est le mazzerisme que Jérôme Piétri a expliqué dans un livre sur les plantes. Il existe aussi d’autres livre sur le mazzerisme.

J’ai là un livre que je vous recommande de Gérard DUCERF : «  Guide ethnobotanique de phytothérapie », réédité en 2015, édition Promonature. Il a écrit des guides de plantes bio indicatrices : des plantes spontanées poussent en fonction de la qualité du sol, sa teneur en certains minéraux, le sol est calcaire ou acide, ou a été asphyxié, allées piétinées (plantain). Et assez souvent, si on prolonge le raisonnement, la plante nous indique la qualité ou le défaut  à corriger du sol, et si poursuite vers la santé, on va trouver des liens.

Gérard DUCERF, de la région du charolais, est agriculteur éleveur qui s intéressait à l alimentation de ses animaux, richesse des prairies, un jour encorné par une vache, a du arrêter son métier d’éleveur, et s’est entièrement consacré à l’approfondissement de la connaissance des plantes et est l’un des botanistes les plus consultés pour la conduite des champs ou des jardins. Il a une société d’édition Promonature et un laboratoire, qui prépare des remèdes pour le sol.

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Par exemple si vous avez des chardons, cirses ou trop de rumex, c est possible de réguler la proliférations des plantes trop abondantes : homéopathies appliquées à la régulation des adventices. Concrètement, ça inhibe la levée de dormance.

Mais parfois, mieux vaut laisser les plantes s exprimer.

La démarche de la permaculture permet l’observation. Si des cirses sortent la 1ère année de labour, puis la 2ème année, et au bout de quelques années de non-travail du sol, leurs graines ne poussent plus. Enfin, ça dépend la surface qu’on a.

Il y a 15 jours j ai participé à un stage entre Auch et Eauze, 5 agriculteurs cultivent en biodynamie 2500 hectares de terre au total, la moitié en céréales sans gluten, sorgho et autres, et l autre moitié en céréales anciennes. Tout le monde a sa place et son rôle.

Pourquoi vient le chardon : le tassement, le phosphore bloqué dans le sol, non disponible à cause des précédents culturaux, des engrais, des labours qui ont chélaté le phosphore. Le chardon est là pour dire « je suis capable de débloquer le phosphore ». Les paysans parlent du cirse.

Un des principes biodynamique, bio par le respect du sol et dynamique car elle apporte un 5% par des préparations homéopathiques, à base de plante, à certains moments en rapport avec la lune. Par exemple, en cas d invasion de chardons, les couper et les mettre dans l’eau 3 semaines, puis arroser l’endroit envahi : cela doit calmer.

Sinon, on attend la graine de chardon, puis on en réduit une tasse en cendre dans une boîte à oeuf. Puis plusieurs possibilité : soit on répand cette cendre (comme des pincées de sel) aux endroits envahis. Soit, on fait une dilution homéopathique, c’est à dire qu’on la dilue dans l’eau 1 volume pour 9 volumes d’eau, par exemple, 1 centimètre cube ou 1cc de cendre pour 9cc d’eau, puis on brasse d’une certaine manière, c’est la dynamisation ; puis on en reprend une part, avec 9 volumes d’eau : ça s appelle la 2ème décimale, et recommencer ainsi jusqu’à la 8ème. Toute les préparations de réduction de plantes adventives sont au 8ème décimale, dit 8D. Cette marche à suivre se retrouve dans les documents de Maria Thune http://www.bio-dynamie.org/wp-content/uploads/2013/06/D8.pdf C’est une personne qui a appliqué la méthode de Rudolf Steiner. Toute sa vie, elle a fait des observations sur les plantes au jardin, la lune, les constellations et les rythmes cosmiques.

Ces observations sont importantes pour semer, et aussi pour récolter car le parfum en découlera. Le goût lui sera en rapport avec les soins du sol, le terroir. Une journée comme aujourd’hui, air/lumière, est un bon jour pour récolter des médicinales car le parfum sera exalté, ou voir récolter pour les conserves, ou confiture. Si on récolte quand la lune est en fruit, on peut réduire la quantité de sucre. À l’inverse, si on récolte quand la lune est en signe d’eau, les confitures risquent de moisirent ou de moins bien se conserver.

NDLR : en matière de vin, il existe le label Biodyvin http://www.biodyvin.com/ utilisé par les vignerons en agriculture biodynamique, créé en 1995 et qui regroupe à ce jour 103 domaines en France. Et de manière générale, la marque Demeter est l’organisme de contrôle et de certification de l’agriculture biodynamique sur le territoire français.

Un site sympa créé par le chercheur Dennis Klocek https://dennisklocek.com/Il est en Californie et ses prévisions sur le temps sont appréciées des grands vignobles biodynamique.

Christophe PERRET GENTIL a écrit une étude sur la communication du lieu avec les oiseaux : plus un lieu est en équilibre, en harmonie, et plus il y a d’oiseaux. Il a créé un laboratoire en Suisse qui s appelle Aries-herboristerie où il a remarqué que la présence d un certain nombre d’oiseaux en quantité et en variété, est corollaire de la qualité de ses plantes médicinales. Il distille et il a créé une grille de lecture du paysage en fonction de la présence des oiseaux tout au long de l’année. Si il a 16 oiseaux pendant quelques semaines, dont des passereaux, dans la vallée où il cueille ses plantes médicinales, il produit de meilleures huiles essentielles. Il poursuit un enseignement avec moi à l’Université du Vivant https://www.universite-du-vivant.org

C’est une Université avec plusieurs thèmes, et des séminaires toute l’année. Si il y a des oiseaux, c’est qu’il y a des insectes. Alors les insectes, par exemple, les Egyptiens disaient que les abeilles sont nées des entrailles du boeuf Apis, origine du mot apiculture. Or, on prend une prairie avec pissenlit, on la divise en deux, une avec des vaches et des bouses, et l’autre sans vache. Les abeilles vont sur les pissenlits où se trouvaient les vaches. Les abeilles consomment aussi plus facilement l’eau à la camomille, que l’eau. On peut leur donner les 5 tisanes utilisées en biodynamie : achillée millefeuille (astéracée), la camomille, l’ortie, l’écorce de chêne ou le pissenlit. L’achillée millefeuille pousse sur des sols tassés dont la potasse et le calcaire, le calcium, ne sont pas très disponibles, sont présents et du coup l achillée a pour action de les rendre assimilables par les plantes. Elle est une plante compagne.

img_5880Goethe a dit « l’Achillée millefeuille est une plante qui est comme les personnes qui dans la société n’ont pas de talents particuliers, mais dont la présence est bénéfique à tout le monde. »

C’est une grande plante médicinale. Elle est dans sa première année au stade rosette, et elle fleurit la seconde année. Plante de premier secours si choc physique en froissant sa jeune feuille tendre et mise en cataplasme, même sur plaies, à l inverse de l’arnica. On la nomme l’herbe aux charpentiers. Les bâtons du Yiking sont des tiges de fleurs d’une certaine espèce d’Achillée millefeuille. Dans la mythologie, son nom lui viendrait d’Achille qui s’en servit pour soigner son talon blessé par une flèche empoisonnée.

NDLR : usage du cataplasme ou de l’emplâtre :

Cataplasme : la plante est hachée menue, bouillie, puis on ajoute de la farine ou de l’argile, et on applique ce mélange chaud sur la plaie, maintenu par de la gaze et une bande.

Emplâtre : la plante est malaxée et appliquée directement sur la plaie, maintenue par un pansement par exemple.

Quelqu’un demande si c’est l’herbe au femme battue. Cette dernière est le tamier, volubile avec des feuilles en forme de coeur. À cette période de l’année, le tamier est en fruit, stade graine. Au printemps, c’est le respounchous : tant que l on mange juste la pointe de la plante et que la photosynthèse n est pas commencée, c’est consommable, absence de toxicité. Dès que c’est à l’état de feuille, cela est toxique et a une action sur le sang. On utilise sa racine, c’est une plante de la contusion. Il ne faut pas utiliser directement sa feuille sur la peau, cela crée des ecchymoses. Les femmes se sont faites passer pour femmes battues, d’où son nom d’herbe aux femmes battues.

Pour les hommes, il existe l’herbe au gueux : la clématite vitalba, qui accentue l impression de pauvreté, de misère.

615557_213400772126961_812150760_oIci, c’est une vergerette. C’est une astéracée. Elle se mange en salade comme l’Achillée millefeuille. Au printemps, il y a beaucoup de plantes qui peuvent se manger à l’état de rosette en salade. Je vous recommande l’ouvrage de Moutsie qui vit dans l’Aude à St-Jean-de-Paracol. Elle a créé une association qui s’appelle L’Ortie. Un de ses livres s’appelle Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages comestibles co-écrit avec Gérard Ducerf. Quand on veut reconnaître une PLANTE, nous avons accès à une flore : description en fonction d une fleur. Or au printemps, pas de fleurs. D’où la rédaction de cet ouvrage qui est un vrai guide. Par exemple, à un moment très bref, la jeune feuille de datura ressemble à s’y méprendre à un chénopode sauvage. La consoude avec la digitale,… il y a des confusions qui peuvent être grave. La datura, solanacée, toxique, dangereuse, voire mortelle, pousse de plus en plus car vient corriger les excès d’azote minérale. Après 50 ans d’agriculture chimique, elle pousse dans les champs. Parfois dans le Gers où il y a de grands élevages de volailles, elle est présente aussi. La datura s appelle la pomme épineuse, comme les marrons. C’est un grand remède en homéopathie : stramonium, stramoine. Elle est la plante des cauchemars où on est victime, alors que la belladone est la plante du cauchemar où on est actif.

Les 3 solanacées toxiques sont la datura, la belladone et la jusquiame. C’est là où on va voir la limite des analyses: ce sont les même principes toxiques à quelques molécules près, par contre leur niveau d action sont très différents. Notamment si on les ingère, la jusquiame est la moins dangereuse. Leur remède en homéopathie sont différents, et s applique soit à la sphère de la tête, soit à la sphère de la digestion ou au pôle médian. On ne voit pas beaucoup de jusquiame, on la trouve en bord des ruines de château en Méditerranée, à partir de Béziers vers Pèzenas et jusque en Aveyron, et particulièrement à Fontaine de Vaucluse. Paracelse a défini qu’elle a une action sur la digestion et les organes sexuels, alors que la datura c’est sur la tête et la belladone, sur le coeur.

img_5885Ici Picride à feuille d’épervière. Astéracée, plante commune. Elle peut se cueillir en rosette au printemps pour la salade mais il est donc important de bien la reconnaître. Bien que dans la famille des astéracées, il n y a pas de toxique, mais néanmoins on évitera de manger l’arnica. Les pissenlits, les picrides, en rosette, sont une grande ressource et bonne pour la cueillette.

Alors, pourquoi à feuille d’épervière, ou à feuille de vipérine ?

IMG_5886.jpgLes botanistes utilisent des termes en comparaison avec une autre plante. Il existe une plante appelée Vipérine, Echium vulgare L., car sa fleur ressemble à une vipère. Et non, pas pour soigner les morsures de vipère, dans ce cas, utiliser l’huile essentielle de lavande aspic. Donc ce picride dont la feuille lui ressemble se nomme Picris echioides, ce qui veut dire, comme l’Echium. Les noms se terminant par « ioides » en latin signifie « comme ».

La piloselle, une autre astéracée, grande plante du drainage, ressemble un peu à une épervière. Elle appartenait autrefois au genre Hieracium (épervière).

Si on trouve une autre picride dont la feuille ressemble à la piloselle, à poil, elle se nomme Picris hieracioides. Elle se mange également en rosette.

La vipérine, de la famille des boraginacées, comme consoude, bourrache, bien que réputée cancérogène, toxique, peut se consommer jeune. Tout comme la bourrache et la consoude, symphytum, qui se consomme jeune en beignet.

Il existe des liens sur les principes généraux à chaque famille. Chez les boraginacées, la plante principale est la bourrache qui va porter un élément majeur, l huile, à partir de sa graine, riche en oméga 3, bonne pour la peau.

IMG_5890.jpgIci la renouée des oiseaux, renouée aviculaire, famille des polyganacées. Le rumex en fait partie. Si on extrait une graine, elle a une forme anguleuse. Comme le sarrasin aussi.

Polygonum veut dire plusieurs genoux, et la tige a plusieurs noeuds « renouée ».

Polygonatum est un autre groupe, une autre famille, celui du sceau de Salomon, muguet, qui font partie des liliacées.

Donc les polygonacées, plusieurs genoux, ont des tiges qui sont angulées aussi pour certaines.

Les pinsons et autres petits oiseaux adorent la renouée des oiseaux en plein hiver, elle porte bien son nom. Le chénopode aussi les nourrit, les amarantes… Ce sont les plantes providences pour les oiseaux en hiver.

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chénopode  blanc

NDLR : Le chénopode est très bon à manger, c’est l’épinard du pauvre. Il fait partie de nos légumes anciens aujourd’hui oublié.

 

Un livre à découvrir parmi les 5 qu il a écrit, celui de Louis CHARPENTIER, « Les géants (jehan => Jean, Jeanne) et le mystère des origines » où il décrit qu’aux origines de l’agriculture, les pierres sacrées comme les dolmens ou les menhirs, avait entre autre pour fonction d’aider à la domestication des plantes. Aux environs d’un menhir, il y avait des céréales cultivées car il s’y dégageait une énergie favorable à l’élévation des plantes. Domestiquer, dom, domus, maison proche, c’est « élever prêt de la maison ». Une plante domestiquée est une sauvage dont on reconnait les qualités alimentaires et qu’on va rapprocher de la maison.

Chénopode bon Henri, cela veut dire que c’est une plante domestiquée et bonne. Henry, dans la langue germanique vient de Haimric, Haim = maison et Ric = puissant, proche.

Il faut faire la différence entre plante domestiquée et plante cultivée, même si une plante domestiquée a ensuite été cultivée.

IMG_5891.jpgIci, le pourpier, très bon en salade, riche en omega 3 directement dans sa feuille, pas besoin de presser la graine, c’est tout prêt. Une des grandes plantes du régime crétois. http://www.le-comptoir-malin.com/blog/crea-forme/les-secrets-du-regime-cretois.html#2LS4Ffqbmd6CtetU.99

Très facilement reconnaissable, et peu de confusion. Peut-être avec du sédum, qui peut se consommer aussi, mais dont la feuille est plus épaisse, contenant des réserves d’eau.

Le cyclamen : savez vous qu’au Moyen-Âge on l appelait la pomme en terre. Si on la déterre, la racine peut être comme une pomme, cependant c’est toxique.

Le dahlia, importé d’Asie, est une plante alimentaire. Le bulbe est comestible ainsi que les pétales de ses fleurs.

La livèche : une des grandes plantes remèdes de l oreille est la livèche : Levisticum officinale, en cataplasme. Les homéopathes disent que pour les otites, c’est une infection, ou aussi parce que l enfant veut se fermer les oreilles pour ne pas entendre ce qui se passe dans la famille : poser une goutte HE à côté de l’oreille (et jamais dans l’oreille), de WELEDA Levisticum. http://www.homoenergia.eu/fr/search-catalog.html?Keywords=WELEDA+LEVISTICUM&Department=&Button.x=0&Button.y=0                               La livèche est de la famille des céleris. Le céleri sauvage est différent, et parfois confondu avec la livèche : âche des montagnes.

aubepine.jpgL’aubépine est un grand arbre médicinal, fleur blanche et fruit rouge, de la famille des Rosacées.

En Europe du printemps à l’automne, la famille des rosacées : fraisier, cerisier, prunier, abricotier, pommier, poirier, cognassier, néflier allemand, amandier. Cités dans  l’ordre d’apparition des fruits et non des fleurs, car l amandier est le premier en fleur.

fraise : la partie charnue est sous la graine, les graines sont à l’extérieur, domaine très liquide

cerise : on passe au noyau, mais toujours juteuse

prune, abricot : le noyau est plus gros et la chair plus ferme

pomme, poire, coing : pépins (2 x 5 pépins)

nèfle : pépins beaucoup plus importants que la chair

amande : ce que l on mange, c’est l’inverse de la fraise, c’est la graine.

Enfin, propriétés médicinales des Rosacées qui produit des parties sucrées, des tanins et du cyanure (ce qui est amer dans les pépins comme l amande amer par exemple). Les alisiers, les cormiers, les sorbiers (Sorbus domestiqua), sont aussi de cette famille et aux fruits comestibles. Le fruit du sorbier est sec et quand on en mange, on a soif. Sorbier, même étymologie que sorbet, absorber, qui veut dire en latin « avoir soif ». La Reine des prés, Filipendule ulmaire, est une rosacée.

Pour revenir sur l’aubépine, c’est une plante du coeur.

Il existe deux plantes que l on peut prendre sans risque : la valériane, calmant, et l aubépine, sans contre-indication, qui a toutes les fonctions pour le coeur qu’elle régule et renforce : si il a un rythme trop bas, ou si il a un rythme trop haut. On utilise les fleurs, les bourgeons, les fruits avec lesquels on fait un sirop qui a une bonne action sur le rythme cardiaque.

Expression d’origine celtique « En avril, ne te découvre pas d’un fil » issu d’un conte celtique. Dans « Les mythes celtes » de Robert Graves, il était d’usage à l’époque de garder les vêtements d’hiver jusqu’à ce que l’aubépine soit en fleur, et à ce moment là on pouvait mettre de nouveaux vêtements blancs, des robes de mariées, et on accrochait les vieux vêtements à l’aubépine.

Parfois certains trouvent que la fleur d’aubépine sent le poisson. Il existe 2 aubépines : l’une monogyne, à 1 graine, crataegus monogyna ou crataegus oxyacantha, et si c’est l’autre, feuille moins découpée, à plusieurs graines, c’est crataegus laevigata, celle qui sent.

L’aubépine crataegus monogyna, soigne aussi l’hyperthyroïdie, hypertension artérielle,  cardio-vasculaire, dépression nerveuse, stress, insomnie, troubles du sommeil.

Au jardin, c’est un grand arbre de la greffe : L’aubépine accepte le poirier, le néflier, à un degrés moindre certains pommiers. Et aussi, j ai appris au printemps durant quatre jours de greffe avec le fils de Sepp Holzer, Josef, à Val de Ruz, au-dessus de Grasse, à greffer sur des arbres existants comme le prunelier, le sorbus aria, le sorbier blanc. Il nous a encouragé à greffer l’aronia, rosacée, sur le sorbus aria et sur l aubépine.

Gérard nous dit que c’est un arbuste qui donne des fruits en grappes : il existe plusieurs aronias. Celui que j’ai c’est l aronia noir viking, qui se cueille fin août, début septembre. Il existe aussi le rouge moins intéressant au niveau des baies.

Donc Josef Holzer nous encourage à greffer et à faire des essais car ces arbres ont la capacité à accepter les arbres de la même famille. Le but est de créer la forêt fruitière. Le greffon améliore l’arbre porteur en plus du principe de base qu’est la taille.

L’azerole est une aubépine qui produit un fruit appelé cenelle, comestible, et qui contient de 1 à 5 pépins.

phytolacca_americana_005Ne pas confondre avec le raisin d’Amérique, Phytolacca americana, qui est une plante réputée « envahissante » sur les berges, les cours d’eau, partout. Les oiseaux adorent.

Le Muséum étudie les espèces « dites » envahissantes : https://inpn.mnhn.fr/programme/especes-exotiques-envahissantes.

Boris Presseq m a demandé de lui envoyer tout ce que je trouve sur les plantes envahissantes à vocation médicinale.

En Corse, il existe un mouvement de botanistes dont le but est de trouver une utilité médicinale à ces « envahissantes »

NDLR : Du point de vue permaculture, le problème est la solution.

Le phytollaque est un remède pour la peau, et a surtout été importé il y a 100 ans à Bordeaux, pour teinter le vin. C’est depuis peu qu on ne l utilise plus, c est interdit. En principe, on ne met plus rien.

Des livres : « Le latin de mon jardin » de Diane Adriaenssen ;

le « Dictionnaire étymologique de botanique » de François Couplan.

Baies_de_sureau.jpgLe sureau, famille des caprifoliacées, de chèvre, et chèvrefeuille plante majeure de la famille. Famille particulière, il faut reconnaître que les botanistes classent par ensemble caractères. Le sureau, il en existe 3 : ici c’est le Sambucus nigra, le sureau noir qui est un arbrisseau, un ligneux. Il existe le sureau rouge en montagne, qui n a pas les vertus médicinales de Sambucus nigra. Le 3ème est herbacé, le sureau hièble, qui est toxique.

On utilise les fleurs de Sambucus nigra pour soigner la fièvre, la toux, les refroidissements et aussi la rétention d’eau, les maux des yeux. Les étymologistes, sémanticiens, diront que le sureau est sur l’eau.

On fait une boisson avec les fleurs : la surette, limonade pétillante. Il faut bien mesurer le sucre pour le garder en bouteille, certains maîtrisent cela avec de l’acide tartrique, c’est le dépôt au fond des bariques de vin, ou bitartrate de potassium. http://arh-fcb.over-blog.com/article-recette-de-la-surette-106870912.html

Avec le fruit, on fait du rob de sureau. Au sens noble, 1kg fruit (sans graine, facile avec l’extracteur Champion), 1kg miel, bien mélanger. Quand on met du miel à poids égal avec une substance, et on mélange, puis au bain-marie, on fait revenir, réduire, à 1 kg, et là, ça s appelle la mellite et chez les alsaciens, avec le sureau ça s appelle le rob.

Le rob est un préventif de la grippe. Voir le livre de Bernard BERTRAND « Sous la protection du Sureau »

Le sambucus nigra est celui qu il faut utiliser. Le sureau hièble, dans la pratique, si on prend soin d enlever la graine, et en le cuisant, on peut faire comme en Roumanie, la confiture des centenaires

Le sureau donne des drupes et non pas des baies. Une tomate est une baie, une prune est une drupe. Les mûres sont des polydrupes.

Une indication de WELEDA SAMBUCUS NIGRA https://www.illicopharma.com/teinture-mere-goutte-ampoule/14924-complexe-c948-gouttes-weleda-3400116149889.html, seul à faire ce remède : dans la tige du sureau c est spongieux, c est une gomme aéré. Quand on a le poumon pris par des mucosités, un des remèdes pour éliminer ces mucosités du poumon est d utiliser la moelle de sureau. Le sureau est une plante qui pousse dans les environs humides, et soigne nos parties humides.

Dernière chose au sujet du sureau, que font les charentais : quand un animal est boiteux, problème d articulation par exemple, on le fait coucher sur un lit de hièble et ça passe.

J’ai découvert sur le tard qu’il y a les mêmes substances dans les feuilles de sureau hièble que dans l arnica.

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Alnus glutinosa, aulne glutineux (à cause de la viscosité de ses bourgeons et de ses jeunes feuilles), pousse toujours au bord de l’eau.

« Qui ne connaît les vertus de l’aulne, ignore les secrets de la santé » : plusieurs ethnobotanistes l’affirment. À l’école des plantes lyonnaises, « il vaut mieux connaître 40 choses sur une seule plante, qu’une seule chose sur 40 plantes ». François Couplan indique que c’est bien une gageure que de vouloir se mettre toute la nature dans la tête.

L’aulne est un grand remède circulatoire : thrombose veineuse, rétinienne, infarctus, en macérât glycériné.

Sandrine Bazzo, professeur de chimie, organise des stages où elle enseigne entre autre les macérâts glycérinés. http://www.lesateliersenherbe.com/tag/sandrine-bazzo/

Il existe aussi le livre de Christian Escriva  « Précis de phytothérapie » .

Le principe de la gemmothérapie consiste à prélever des bourgeons, ce qui demande beaucoup d observation car le bourgeon évolue tous les jours, trouver le bon jour. Le bourgeon est la quintessence de l arbre, quand on réussit les boutures c’est parce qu on a pris le bourgeon. On prélève la partie jeune au printemps. Un bourgeon est totipotent : il peut faire un rameau fleur et il peut faire une rameau fruit. C’est ainsi qu’on pratique la taille des fruitiers. Le bourgeon pour la feuille est plutôt pointu. Celui de la fleur est plutôt joufflu mais il peut devenir un rameau feuille en février/mars si l arbre a besoin de feuilles, ou si il a trop de fumier autour de lui.

Le changement se fait très tôt en saison, c est pour cela qu il faut éclaircir tôt pour favoriser la fructification de l année suivante.

Donc en gemmothérapie, les bourgeons d’aulne glutineux sont très utilisés. Une anecdote : les billets d avion vendus par les compagnies survolant le Pôle Nord où une phrase était inscrite indiquant que si l avion venait à tomber en forêt nordique, il était possible de se sustenter de bourgeons ; c’est arrivé. Connus des peuples nordiques depuis longtemps, des oiseaux, le bouvreuil, le grand tétras…

IMG_2156.jpgLa prunelle, grand remède de Weleda, est astringente. Goethe a fait la métamorphose des plantes à partir de sa graine, tige, feuille… Le prunelier fleurit très tôt, la prunelle n a pas de pédoncule, elle est directement attachée au bois. Dans la prunelle, par rapport aux autres fruits des Rosacées, il y a un geste de retenu, de concentration, que l on retrouve dans la teneur en tanin en excès : antioxydant, cicatrisant, astringent, et ce que l on obtient avec le jus de prunelle est une concentration en fer : remède de l anémie et une des raisons premières du sirop Weleda est de conseiller sirop prunelle pour son apport en fer. Là où les homéopathes ont une sensibilité est que le fer a de multiples facettes : des dizaines de remèdes à base de fer : fer de prunelle, fer de rose, et qui ne vont pas répondre exactement aux mêmes prescriptions.

Recette du sirop de prunelle : 1c. pour les sages et 3c. pour les gourmets… 

1/3 – 2/3 donc 1/3 de fruits soit 1kg, faire chauffé 2l d eau puis verser  bouillante dans jarre en terre sur les fruits. 3 jours et filtrer le jus, au bain marie monter à 75°c. Le reverser sur les fruits filtrés. 3 jours après le jus est épaissi, filtrer. Monter au bain marie à 75°c et reverser sur les fruits. Le 9ème jour c est le grand jour : filtrer, les noyaux sont complètement détachés. Ajouter du sucre, en fonction du jour (fruit ? signes d’eau ?) mettre plus ou moins de sucre : pour une appellation sirop, mettre plus ou moins selon poids de noyaux et l évaporation : 1kg8 de sucre pour 1l de liquide nécessaire pour les propriétés d un sirop, et pour une bonne conservation. Puis remonter au bain marie, et faire le sirop : quand la cuillère est nappée c est bon.

Pour un sirop de menthe, je mets moitié moins de sucre, c’est comme on veut quand c est à usage perso.

IMG_5903.jpgLe frêne est un des plus grands arbres médicinaux selon Maurice Messegué. Dans les années 70 a été rénovateur de la phytothérapie au travers de 2 livres : « Des hommes et des plantes » et « c’est la nature qui a raison ». J ai acheté ces deux livres et les ai lu tout de suite toute la nuit. Ça a été un tournant de ma vie.

Il a donné la tisane des centenaires : la feuille de frêne, le cassis et la menthe. Pourquoi « des centenaires » ? pour vivre vieux il faut avoir du sang qui circule bien pas de dépôt dans le corps. Le frêne est la quinquina de l europe : drainer, fébrifuge, circulatoire surtout avec menthe et cassis.

Les anciens l avait appelé l arbre de la longévité. Chez les celtiques : le culte de Igdrazil, divinité qui accompagne le frêne, le frêne porte l axe du monde.

Les arbres jaunissent car perdent la chlorophylle, reste les carotènoïdes, provitamine A.

Les chênes deviennent rouille. Les plus beaux de la famille des érables prennent une teinte jaune rouge. Le frêne devient vert pâle et un beau matin, les feuilles tombent toutes en même temps. Les anciens ont remarqué que dès que la feuille est tombée, il y a déjà le bourgeon vert, il n a pas de stade automnal ni hivernal. C’est pourquoi il est l’emblème  de la longévité.

Famille des oléacés comme les oliviers. Quel est le point commun entre olivier et frêne, ainsi que le lilas, le seringat : c est que l hiver le bois est huileux, sécrétion élaborée par cette famille. Seul l olivier porte l’huile dans son fruit.

Le troène, aussi est de la famille des oléacées.

Un des grands écrivains sur les arbres est Pierre Leuthagi. Un ouvrage traitant à la fois botanique ethnobotanique et propriétés médicinales, c est le livre de Pierre Lieutaghi « Guide des arbres, arbustes et arbrisseaux » de très grande qualité littéraire.

Un arbre peu connu, l ailante glanduleux, arbre invasif. J ai écris un article « Éloge de l’ailante », arbre des dieux en Chine. Si on froisse une feuille, ça sent bon, comme le pop corn. Ailanthus altissima, pour son histoire, vient de Chine, de la famille des Symarubiacées dont le principal arbre est la quasse, quassia, insecticide en bio.

ailante.jpgL’ailante est aussi un grand insecticide décrit par le pharmacien Danzel, cité par Pierre Lieutaghi en disant que son ouvrage était introuvable. J ai trouvé le dernier numéro existant : guide de phytothérapie, 130 remèdes à base de plantes, préfacé par Péchiné en 1935. On peut lutter contre les insectes avec lui. Le pharmacien Danzel dit dans l immédiateté, feuille dans l eau et pulvériser ; contre les charançons par exemple. Commercialisé, il existait macéré dans l alcool.

L’ailante en Chine nourrissait les vers à soie. En France, on avait développé la culture du ver à soie avec le mûrier, et les éleveurs ont conseillé de remplacer le mûrier par des ailantes. Voilà comment l ailante, il y a 150 ans, a été importé en France par le sériciculture. Puis il y eu le déclin de la soie… Mais néanmoins, l’ailante est demeuré en Europe.

Une erreur au sujet de cet arbre, il est appelé le « vernis du Japon » or c est une erreur qui se perpétue. Dans les parcs à Londres, le botaniste l avait appelé « vernis du Japon » qui en fait est le sumac, et depuis, par respect, ce nom est resté à l ailante.

L’ailante glanduleux est un remède de la toux, extinction de voie, angine.

lierre-terrestreUne plante aux grands pouvoirs médicinaux, le lierre terrestre : plante des voies respiratoires. C’est une lamiacée comme le thym, le romarin, la sarriette, l origan, la marjolaine, la lavande, le basilic, qui forment des huiles essentielles au soleil, ce sont des lamiacées de l ensoleillement. Après, il existe les lamiacées de  l ombre : la menthe, qui aime l eau, le lierre terrestre, une certaine germandrée : Germandrée scorodoine, qui pousse à l ombre. Cette même famille de plante qui génère des HE au soleil, va produire des lamiacées d ombre pour soigner le manque de lumière, les maladies infectieuses liées à l obscurité.

Ne pas confondre le lierre terrestre avec le lierre hédéra hélix, qui a aussi des propriétés.

Le lierre terrestre, Glechoma hederacea, aide à l expectoration surtout quand on a respiré des poussières. Tout comme le raifort, sirop de raifort, sirop de lierre terrestre.

Un grand nom de la phytothérapie, Dr Valnet, médecin militaire, témoigne que en 14-18 les soldats qui avaient respiré les poussières de combat étaient soulagés par cette plante là.

En cuisine, dans les sorbets, la feuille de lierre terrestre hachée finement est rafraichissante, ou utiliser des feuilles dans un extracteur de jus.

Ici, la benoîte, herbe de saint Benoît, ici, cette liane c’est du houblon… La benoîte a une feuille de fraisier. Si on la déterre, la racine sent le clou de girofle. Elle possède des composants d antiseptiques et pendant longtemps les dentistes ont utilisé la racine de benoîte. Le houblon, en ce moment, doit avoir des cônes, et si il n y en a pas, c’est une plante dioïque, plante volubile qui s accroche.

Explication de dioïque, monoïque et hermaphrodite : soit 90% des fleurs sont hermaphrodites, c’est à dire organes mâle et femelle sur la même fleur, ovaire d un côté et étamines de l autre, ce que j ai dessiné ce matin. La fécondation se fait comme sur le dessin, ou par croisement. Petit moyen mnémotechnique : Hermes et Aphrodite, dieu des voyages et de l échange (mercure planète de l échange) se sont rencontrés.

Monoïque, une seule maison, c’est sur le même pied de fleur, mais séparés.

Dioïque, deux maisons, deux pieds de fleur, l un mâle et l autre femelle.

Le houx est généralement monoïque, parfois dioïque, et rarement hermaphrodite mais cela arrive.

L’ortie, urtica dioïca, est dioïque. Les inflorescences femelles sont vert/jaune et on voit lesquelles portent la graine.

Le frêne est dioïque, le kiwi aussi, bien qu il existe des pieds monoïques.

Il y a des subtilités. Le pommier est hermaphrodite sauf que c’est mieux si il y a une reine des reinettes, type malus, dans le verger, qui a une faculté de féconder toutes les pommes qui vont en retirer un bienfait génétique, c’est en fonction du type de pollen. Au sommet de l organe femelle, le style, c’est comme une serrure, et ce n est pas n importe quelle clé qui pourra passer.

L’ortie, si elle a les graines ainsi, à cette époque de l année, c’est dioïca, la grande ortie. C’est la plante d excellence pour l usage alimentaire, les recettes de printemps, soit d’automne avec la jeune ortie qui repousse. En tant que médicinale, beaucoup de fer, soigne les anémies, riche en protéines, en silice. Une étude montre que le chénopode, la mauve et l ortie ont chacune 14 à 15% de protéines dans la matière sèche ; c est plus que dans le soja et le haricot. Le cuisinier romain associe les trois à part égale pour la soupe.

Ne pas confondre avec les lamiers, qui eux ne piquent pas. L’ortie puante ne pique pas, mais elle pue.

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Le lamier galéobdolon fleurit jaune. Ça veut dire qui a la fleur qui ressemble à un putois. Et il y a le galéopsis, très voisine, ça veut dire qui a odeur du putois. Les anciens avaient bien fait la distinction entre les 2. À l’époque, il vivait avec les putois qui étaient quasi domestiqués.

Là, maintenant, on voit du lamier pourpre, appelé ortie douce. Il fleurit rouge. Il est comestible mais à petite dose car parfum soutenu.

Dans les basses cours on peut trouver l ortie brûlante, très basse, petite, avec des feuilles serrées. On en trouve en plein Toulouse au pied des arbres qui viennent d être plantés, c est urtica urens. En voie de disparition, elle est un grand remède de la brûlure, de chimio, de radiothérapie, on utilise la pommade de urtica urens. Aussi sur les cicatrices résiduelles.

Ici en France, les orties sont gentillettes, car dans d autres pays, les orties sont parfois des arbres qui peuvent lancer leurs épines si on passe trop prêt. En Camargue, urtica pilulifera, ortie à pilules, car au lieu d une graine, elle fait une graine de la taille d un petit pois, et elle pique très fort.

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Ce matin on a vu la petite renouée des oiseaux, et celle-ci, c’est la grande renouée, la persicaire. On voit bien les noeuds sur la tige. Le sarrasin est aussi une polygonacée. Elles ont des propriétés circulatoires.

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Ici nous avons de l armoise, arthemisia absynthum, famille des astéracées, grande famille. On en fait des bâtons d encens en la faisant sécher. Voisine : tanaisie et absinthe qui se ressemble fort.

L enseignement de Goethe, basé sur la métamorphose des plantes, demande l observation des feuilles depuis la rosette jusque à la plante grande où la feuille se rétracte pour la reconnaissance des plantes.

L exemple est le lierre, qui a beaucoup de variabilité dans la forme de ses feuilles.

Un usage populaire de l armoise est d’être chauffé en moxibustion : forme de thérapie qui consiste à mettre en incandescence le bâton d armoise. Une moxibustion connue est lorsque l on se fait piquer, approcher une cigarette incandescente ce qui a pour effet de calmer la piqure.

En acupuncture, l armoise s utilise sur les points d apiculture en moxibustion.

La rue est une plante abortive, ruta graveolens. Elle a des propriétés telles qu elle est interdite dans certains pays, longtemps en Belgique du fait de mauvaise utilisation à des fins d avortement. Elle est protectrice des viandes. L’art de faisander la viande se pratiquait avec sauge, romarin et rue. Une feuille de rue (la surface d un ongle) pour 1kg de viande. En homéopathie, en granules, c est un très bon remède contre les entorses. Plante très toxique selon le guide de Gérard Ducerf : en externe, huile antiparasitaire, antispasmodique, et parasitose cutanée.

En Ethiopie, il est servi le café avec une feuille de rue. Peut-être que la rue, selon l endroit où elle pousse, n a pas les mêmes propriétés ?

Pour l’absinthe, il se dit que, il y a 150 ans, quand on a commencé à préparer la boisson d absinthe vers Marseille en Provence, la posologie était d’un poids donné % à tant de litre d alcool. L’entreprise s est déplacé dans le bassin parisien, et à ce moment là la substance principale a changé, et la posologie aussi, et la boisson est devenue toxique.

Même histoire pour les plantes amaigrissantes, un genre de germandrée, qui en Chine marchaient bien, et quand les laboratoires ont fait pousser ça en France, les personnes qui les ont prises ont eu des problèmes de reins ; il y a eu des procès.

Chez nous, l aspérule odorante, qui pousse en montagne, est la plante remède du calme. Sa tisane est circulatoire et apporte un bon sommeil le soir. Si au moment de la cueillette, elle est mal séchée, elle contient des coumarines qui vont se transformer en anti vitamine K qui va fluidifier le sang. Exemple de plante sans danger et qui peut le devenir.

Le tilleul, infusé 10 mn le soir fait dormir, mais si on oublie la tisane, elle devient excitante. La menthe, à faible dose, est calmante.

Idem le café, si on le laisse infuser longtemps il devient calmant. Le café fort, riche en arabica, est un tonique connu par les vétérinaires. J’ai eu un petit passé d’éleveur, j’ai surveillé des mises bas de chèvres : avant la mise bas, le vétérinaire indiquait de donner de la caféine, cofea en homéopathie car va aider à dilater, et calmer.

À une époque un étalon avait été choisi trop gros pour une jument, et le vétérinaire avait conseillé, pour pas avoir de problème, de donner du café. Une vache, quand elle va mettre bas, on le sait. Une jument, on ne peut pas le savoir, et du coup j ai dormi une quinzaine de jour avec la jument, et sachant cela, je lui donnais du café, quelques gouttes dans l abreuvoir, et à la mise bas, ça s est très bien passé.

Gérard dit : La prêle, selon qu on l utilise au verger en extrait fermenté ou en décoction, n a pas les mêmes propriétés. Une seule espèce peut être utilisée  pour consommer, la prêle des champs. C’est une histoire de nombre de segments à l intersection des noeuds, et de longueur des segments.

La prêle des champs poussent au bord de l eau et aussi dans les champs.

La prêle des marais vit au bord de l’eau, où on peut retrouver jusque à 3 variétés de prêle.

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Ici des épilobes, qui pousse les pieds dans l eau, famille des onagracées, il en existe des dizaines. Une a des propriétés médicinales plus que les autres, c’est epilobium parviflorum. Ce sont toutes des plantes qui vont cicatriser. Le docteur Valnet parle du bistouri végétal car elle pouvait extraire un corps étranger, désinfecter et cicatriser. Sur un champs de bataille pas trop le choix, en cataplasme.

Pour le mot de la fin, connaissez vous les horloges florales ? C’est Linné qui a mis ça au point, des horloges constituées de plantes qui fleurissent à certain moment du jour, comme la dame de 11H, les belles de nuit. Il existe une multitude de fleurs qui s ouvre de 2h du matin et jusqu’à minuit. L’onagre s ouvre à partir de 4h, la chicorée est ouverte jusque 11h.

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J’aurai bien quelque chose à vous dire de plus. Parfois on va vous dire que la théorie des signatures est une histoire, des rêveries non vérifiées. Or, dans un hôpital en Allemagne en 1930 sans chauffage, le médecin fait le tour des chambres.À un moment,le médecin et le patient sont devant la fenêtre, Le médecin remarque que le dessin sur la fenêtre laissé par l haleine du patient est différent du sien. Le médecin fait le tour de l hôpital et remarque que chaque malade émet un givre différent. Il va chez le fleuriste, encore un autre givre, chez le boucher, un autre givre. Il en déduit que l ambiance qui règne à l intérieur de la pièce a une influence sur ce cristal, ce givre. Il rencontre un chercheur scientifique Pfeiffer, qui lui explique que l on peut cristalliser les plantes : par exemple du chardon marie, plante du foie, dans une coupelle, avec un sel, et au moment où ça s évapore, il y a une organisation, du givre. Si on prend le foie d un animal et que l on reproduit cette expérience, on obtiendra le même givre. Pour le rein, on utilise la bourse à pasteur, ce seront les mêmes images… Le pin pour le poumon, la digitale pour le coeur… Par cette approche là, on peut comprendre qu’il existe des signatures de plantes et d organes.

Cela s appelle la cristallisation sensible.

Une goutte de sang d aujourd hui peut dire ce qui se passera dans 10 ans, avec ce principe de cristallisation. http://cristauxsensibles.blogspot.fr/2009/11/quest-ce-que-la-cristallisation.html

Nous avons, moi et ma conjointe Christine, une association, science art et survie, qui a pour fonction d enseigner le soin et les méthodes d alimentation dont la recherche sur le pain.

James FOREST et sa compagne Christine ARNOUX enseignent tous les deux à l’École lyonnaise des Plantes, à la formation Herbaliste Sud-Ouest. Christine ARNOUX est Docteur en Médecine, Homéopathe, spécialisée en médecine tropicale. Ex-Présidente de l’Association « Homéopathes sans Frontières – France », elle enseigne la diététique/nutrition et la physiologie/pathologie. Ils se rendent régulièrement en Afrique, et particulièrement au Burkina Faso.

Un grand merci à James FORET et Christine ARNOUX pour ce moment de partage de connaissance.

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Chez Mirandava, un jardin en Permaculture

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Mirandava a passé son certificat de spécialisation en agriculture biologique avec le CFPPA de MOISSAC, au lycée CAPOU de MONTAUBAN.

Il vend ses légumes en épicerie et dans son quartier de résidence à Saint Simon. C’est du commerce de proximité. Entre autre épicerie « La dispute des Oiseaux », Allées Charles de Fitte, où ils sont très demandeurs en bio et en local.

Mirandava conseille aux gens de faire leur potager, même si sont adhérents des paniers bio.

Depuis le 1er juin 2016, Mirandava est inscrit en tant que maraîcher déclaré en bio. Il est suivi par un certificateur et doit justifier de ses semis et plantations en montrant les étiquettes de ses achats ; sa liste d’achat doit être officialisée. Il choisit les variétés bio du catalogue officiel le GNIS  http://www.gnis.fr/ – et récupère ses propres graines d’année en année, pourvu qu’il puisse justifier de leur provenance.

Il se fournit chez Biaugerme et Germinance. La ferme Sainte Marthe c’est plus pour les jardiniers qui ont des petites surfaces et pas de gros besoins.

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Il ne doit pas se fournir chez Kokopelli. Par contre certaines variétés de Kokopelli se retrouvent dans le GNIS. Commander chez Kokopelli est un acte militant mais ça revient cher pour les maraîchers, c’est surtout pour les particuliers. NDLR : Ou cela demande deux ans, la 1ère année on sème un petit sachet, on garde les graines, et ainsi on en a beaucoup plus la seconde année pour permettre les premières récoltes à consommer.

Il y a des choses que l’on peut garder d’année en année et qui se démultiplient comme les tomates, par contre les courges c’est plus compliqué, voir non possible en grand maraîchage. Sauf si on en met un à part…

Mirandava nous confie :

« Je cours sur 3 jardins cette année : un à Plaisance-du-Touch depuis décembre 2015, l’ancien jardin à Cugnaux que je quitte en décembre 2016, et ce jardin-là dans lequel je vous reçois.

Celui de Plaisance fait 2 ha et où j’ai démarré avec 1000m2, je n’ai pas essayé de faire trop grand. On démarre toujours lentement. J’avais lancé un appel au chantier participatif sur Colibris 31 et plein de monde est venu. C’est situé sur le terrain de la fameuse 2° couronne périphérique de Toulouse toujours en projet depuis 20 ans. Je suis allé voir le Maire et il m’a confirmé que j’avais le temps de cultiver… C’est une terre bien argileuse qui se trouve à la limite de Tournefeuille, pas loin de La Ramée.

Le premier truc que j’ai installé est la clôture électrique parce que les sangliers se baladent par là. Je suis passé par la fédération de chasse qui indemnise les agriculteurs, et qui m’ont offert la clôture électrique. Il faut signer une convention tous les ans pour conserver la clôture. La fédération des chasseurs régulent la population des sangliers car au-dessus des sangliers sinon il n y a plus personne. Ils ont été croisés avec des cochons (ndlr : cochonglier ou sanglochon). Ils en ont gagné en intelligence et ils se rapprochent des maisons pour vivre.

Ici, c’est un jardin dont on s’occupe depuis juillet 2013 dans le quartier Saint Simon qui faisait partie de la couronne maraîchère de Toulouse. http://www.saint-simon-environnement.org/spip/Toulouse-centre-et-peripherie Le pépiniériste de Villeneuve-Tolosane habitait au Mirail et s’est fait exproprié pour besoin de terrains fonciers. Et à présent, ça arrive jusque là-bas…

Donc ici c’est un jardin d’agrément de 1000m2 avec 500m2 pour le jardin d’agrément, la serre pour les semis, et un côté ornemental mélangé avec plein de choses et puis derrière ces petits sapins, démarre le jardin en permaculture de 250m2 et donc un peu négligé cette année car je cours sur les 3 jardins. Il est moins luxuriant que les années précédentes.

Donc quand je suis arrivé ici, il n y avait rien à part les sapins et la pelouse qui mange du gasoil et qui ne sert à rien en fait. Les arbres sont tous là au départ. Celui-ci est un micocoulier, ça pousse de 1 mètre par an, c’est lent. Il fait des petites boules noires avec rien à manger mais excellentes, une vraie friandise et qui en plus sert de parasol ; on a mis la table en dessous. Ce n’est pas un persistant, c’est un caduque, il perd ses feuilles et on les récupère pour le mulch. C’est l’idée en Permaculture, de récupérer tous les déchêts et on les met en valeur en les retournant à la terre.

Ma définition de la Permaculture :

c’est un paysage que tu élabores en toute conscience par rapport à toi déjà en respectant le plus la nature et pour avoir des plantes nourricières, des fibres, des déchets pour nourrir ta terre puis toi. Nourrir la terre est important avant de nourrir les êtres humains. Si on prend pas soin de la terre, la terre ne peut pas prendre soin de nous. La terre prend soin d’elle même depuis la nuit des temps et c’est elle qui prend soin de nous parce que c’est elle qui décompose qui fait que il y a de l’oxygène, de l’eau, de l’air, du soleil. Nous n’en avons pas conscience mais elle le fait depuis la nuit des temps. Et on est juste à la bonne distance entre le soleil et la galaxie pour que ce soit magique, la vie. C’est un bon équilibre, une harmonie. Le plus important c’est nourrir la terre pour pouvoir nous nourrir.

Là une expérience particulière : du gingembre qui est à rentrer l’hiver car plutôt tropical. Ici, la chayotte qui peut se planter en pleine terre. Elle supporte mal le froid et il faut la pailler. C’est ma 3° tentative. Il faut bien la protéger.

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Là ce sont les framboisiers beaucoup utilisés dans les jardins comestibles en permaculture. On est parti d’un système de plantes en nourriture annuelle qui met le jardiner en esclavage pour s’orienter vers des vivaces qui poussent toutes seules. Avant on était des chasseurs-cueilleurs, et maintenant il faut courir après les saisons, association, rotation de culture.

Le permaculteur essaie de revenir à une agriculture permanente avec des vivaces comme là, des choux de Bruxelles, des asperges qui ressemble à la plante décorative asparagus de la même famille.

En plus de rendre le paysan esclave, les plantes annuelles comme par exemple les monocultures de céréales rendent les étendues désertiques à l’exemple du croissant fertile. Il faut donc sortir de ce système pour rentrer dans la culture de la biodiversité, comme en Corse, avec les chataîgners et des strates de cultures.

Le jardin comestible consiste en strates : arbre puis arbustif puis petits fruits et des plantes sauvages.

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Ici, le chénopode, de la même famille que la quinoa et les épinards, famille des Amaranthaceaes. Pas d’hybridation entre la quinoa, l’épinard ou l’amarante qui ne sont pas les mêmes espèces, comme en matière de courges ? à tester

Les amarantes sont comestibles. C’est comme la morelle, la Brède, qui est mangeable chez les malgaches ils mangent la feuille en salade. NDLR : Document de la FAO : http://www.fao.org/wairdocs/x5425f/x5425f06.htm. La Brède est bien la Solanum nigrum qui pousse en France sous 2 variétés : http://www.jfdumas.fr/La-morelle-noire-Solanum-nigrum_a138.html La morelle est de la même famille que la pomme de terre, c’est une solanacée.

Ici du bouillon blanc qui est une plante médicinale et qui se mange. Là du coréopsis.

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Voilà une ancienne véranda détournée en petite serre avec des nattes chauffantes récupérées quand la mode des reptiles à la maison est passée et tout le monde s’est débarrassé des fils chauffants. Je les ai enterrés dans du sable sur des portes de vestiaires en fer posées sur cette table de récupération. Le fer et le sable sont de bons matériaux vecteurs de chaleur.

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Les haricots poussent sur ces planches. Ici erreur à ne pas faire, le compost frais étalé et puis tu te retrouves avec des graines de tomates qui germent, et de tout ce que tu as jetés dans le compost. Et puis aussi il y a les oiseaux qui mangent les tomates quand elles ne sont plus vertes, les graines passent par leurs tubes digestifs et sont nourries, et puis elles se ressèment de leurs fientes, un bon substrat : association entre plante voyageuse et animal.

La butte d’aromatiques, origan qui fleurit rose, marjolaine qui fleurit blanc, sarriette, romarin, thym, estragon.

Prunier sauvage que je pense greffer l an prochain en février.

Sauge grahamii je crois, ou sauge blanche. Les fleurs se mangent, je n ai pas essayé les feuilles. Physalis annuelles avec la saponaire, vivace sauvage qui peut servir pour la lessive.

Salades un peu partout qui subissent la chaleur, les limaces. Je garde les oignons pour les graines.

Ça c’est de l’électroculture. Très bon documentaire ici : http://www.dailymotion.com/video/x3l3ljn

En 12/2015 Maraîchage Sol Vivant MSV a invité ce spécialiste Yannick Van Doorne plutôt spécialiste de la musique avec les plantes : il a fait une thèse sur certaines harmonies dans ses serres et il s’est intéressé petit à petit à l électroculture avec cuivre et zinc http://www.electroculturevandoorne.com

Le jardin est entièrement paillé. Voici une réserve de foin.

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Ça se sont des blettes et des blettes à carde rouge montent facilement en graines.

Ici un cerisier plutôt précoce et ici un autre, Napoléon très vite infesté par les vers. Il a été taillé mais moi je fais rien. Ce que je ne cueille pas c’est pour les oiseaux.

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Ici ce sont des buttes systèmes Philip Forrer faite en 2014 : on enlève la terre, on met du bois décomposé que l’on enterre sous la terre que l’on remet, par-dessus une couverture végétale. J’ai installé un goutte-à-goutte mais par endroit y a pas besoin. C’est l’eau du puit. Ça permet d’avoir une bonne terre noire et grumeleuse. Les champignons s’installent sur le paillage, c’est normal.

Sur les buttes, cette année je n’ai pas eu le temps, c’est intéressant de mettre tout ce qui est rampant, les betteraves, les navets, … Je vais essayer la cacahuète. Quand la fleur de cacahuète est pollinisée, dit Dominique DUPOUY de l’Association des Jardiniers de Tournefeuille AJT, la fleur s’enfonce, elle se vrille, dans la terre et ensuite la cacahuète se forme sous terre. On l’a fait avec les enfants. Elle doit être semée en mai avec les gousses et après tu l’as en septembre. C’étaient des cacahuètes de la ferme de sainte Marthe mais on peut mettre celle des animaleries, elles ne sont pas traitées.

On a les courgettes. Certaines souffrent de je ne sais quel mal ? Peut-être des insectes les dévorent ?

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Cette année j’ai fait le système avec un fil pour faire tourner la tomate et j’ai du les tailler sinon ça prend trop de place. Sinon on fait un système grillage à moutons ou bovins avec des carrés de 10×10 cm2. Il y deux écoles : pas de taille ou taille des gourmands, ça dépend la place qu’on a, du tuteurage qu’on veut faire, du temps qu’on a, est-ce que j’ai le temps de les tailler ?

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Celles-ci elles sont buissonnantes et retombent par terre, elles on tendance à faire plus de feuilles pour faire la photosynthèse car elle voit moins le soleil, d’où le risque de mildiou si ce n’est pas aéré. Et quand on ne les taille pas, la production est plus tardive, mais il y en a plus. Pour en avoir plus tôt, on les taille, mais du coup, on en a moins.

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Le système du fil est bien mais il faut passer pour les enrouler régulièrement pour qu’elles se hissent vers la lumière. Sinon, au moment de la plantation, on fait le trou pour planter la tomate, on glisse le fil sous la tomate et on recouvre de terre, ça devrait s’attacher tout naturellement grâce aux racines. Le liens des tomates se démontent facilement.

Les fils de lin attirent les limaces et ne sont pas assez solides, préférer les gros fils nylon bleus qui se retrouvent facilement l’année suivante.

Elles s’associent avec le basilic qui se protègent mutuellement, les oeillets d Inde aussi, c’est une histoire d’odeur. NDLR : plus qu’une histoire d’odeur, c’est une histoire de mycorhyze : explication par Hervé COVES ici : http://www.humanite-biodiversite.fr/article/le-wood-wide-web-pirate-par-des-tomates

Les tomates peuvent attraper la maladie du « cul noir » si excès d’eau. Elles préfèrent de loin le stress hydrique.

Des cosmos aussi pour attirer les pollinisateurs. Des fraisiers dans la rigole et qui bénéficient des premières chaleurs du printemps et de la rosée. Ils donnent au printemps. Ici des zinnias, des annuelles. Ici du séneçon, les astéracées sont de très bons aéroports à insectes. De la bourrache, bon apport de biomasse.

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Cette butte là n’est pas hyper nourrie, pas la même quantité de bois, ce qui fait qu’on a une différence en productivité. Elle monte moins haut, fait plus de fruits.

Je laisse mes tomates à la même place. Pas de rotation car assez de variétés de culture, assez d’associations. Variété coeur-de-boeuf avec très peu de feuilles. Je rajoute les tontes régulièrement.

Ce système pour tomates est différent de celui-là. Là, j’avais des fèves, puis j’ai planté les tomates directement dedans. Elles sont plus hautes et plus aérées donc ça semble être un bon système. Les fèves ont formé un petit microclimat et les tomates ont ainsi tendance à monter mieux, en rapport avec la concurrence à la lumière. Cette année j’ai semé les fèves et les tomates vers le 15 à 21 février. Les fèves semées en fin d’automne subissent moins les pucerons, mais, semée en février, on peut compter sur les coccinelles. À Plaisance, j ai des merles qui viennent chiper des tomates mais si ça continue je vais prendre un second chat pour là-bas.

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Les bambous viennent de MAUZAC. J’ai une voisine qui en a aussi, peut-être que je pourrai lui en demander. NDLR : certains bambous sont monocarpiques, c’est à dire qu’ils ne fleurissent qu’une fois. Quand ils fleurissent, c’est l’ensemble de l’espèce qui fleuri. Puis comme toute monocarpique, il meurt, causant souvent la migration des population de pandas et aussi leur mort.

Un hôtel à insectes : des bouts de bois où les insectes vont se réfugier, des briques, de la paille, des bambous.

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Arbres un peu partout pour que les oiseaux puissent venir se percher, même les rapaces mais il leur faut de la place. J’en ai vu au Jardin de Cugnaux.

On a des lézards, le régal du chat !

Des ipomées, invasif mais beau et décoratif. Super pour la peinture avec des enfants, les feuilles font le vert et les fleurs la couleur, nous confie Mathilde du jardin partagé des bottes de 7 lieux. Tu prends la feuille et tu mets dans l’eau.

À tester :  l’ipomée comme aide grimpant à la tomate, l’ipomée tuteur à tomate.

Si le mildiou arrive il arrive, je ne fais pas de soins ni préventifs ni curatifs. En plus, le purin il faut le refaire tous les ans. La plupart de ces purins se font au printemps. On entre en période de récolte pour préparer l’hiver donc on n’a pas le temps pour les purins. Et au printemps y a les semis…

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Ici, donné par l’association Pétanielle http://petanielle.org/ avec Michel METZ, de l’orge. L’association expose en ce moment ces variétés de graminées aux Jardins du Castor. La récolte se fait demain. Ceci est de l’orge. L’an passé j avais fait du blé et j ai du couvrir à cause des oiseaux. L’orge est mangée par les souris mais j’ai un chat, Chaussette.

Je vous montre la champignonnière. Du chêne coupé à l’automne, en sève descendante, on fait un trou à la tronçonneuse. Je trouve le millet chez une entreprise à TOURS où ils cultivent des substrats ensemencés en shiitaké et pleurotes. Le chêne c’est plutôt shiitakés et peuplier pour la pleurote. Ce sont les plus productifs mais on peut essayer d’autres bois.

Dans le trou à l’automne, je mets le millet et je le recouvre d’un film plastique. Je laisse pendant 18 mois dans une ambiance forestière et quand arrive le printemps, il faut les balancer dans la rivière toute une nuit, attachées, si on peut, sinon un goutte-à-goutte au-dessus. Ça réveille les champignons et ils poussent ensuite à 18°C et 85% d’humidité sous couvert pas trop de soleil pendant un bon mois 1/2. Après à l’automne tu refais le même système à la même température, 18°c et 85% d’humidité,… et ça redonne des champignons, et comme ça pendant 4 à 6 ans. On a l impression que le bois est mort mais il est dormance pendant l’été. Il y a le pourridié qui s’installe sur le vieux bois mais ça fait rien. Le millet, ce sont des gros sacs de millets ensemencés par le champignon. Ça peut être du blé. C’est par gros sacs de 25kg que ça arrive. J’ai deux bouquins sur les champignons et je fais juste le shiitaké et les pleurotes. J’en ai dans la terre aussi. Le bois pour la cheminée ne peut pas convenir car il est sec, abattu depuis plus de 1 an. Il faut du bois vert. À côté du compost, j’en avais installé en dessous du grenadier, caduque, mais ça n a pas marché. Quand il y a eu la super tempête à MONTAUBAN c’était le bon moment pour récupérer du bois mort.

Celui-là, il est infesté de shiitaké et de pourridié et là la semence. C’est aussi une culture pour les limaces, faut partager.

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Ndlr : Ici, la ferme de Sainte Marthe donne quelques explications : http://www.fermedesaintemarthe.com/A-8815-la-culture-du-shiitake-sur-bois.aspx.

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Le système de milpa maïs tuteur du haricot tarbais, puis courge. Tu plantes d’abord le maïs, il faut qu’il monte un peu, environ 20cm. Tu peux faire le maïs en godet. Et après tu plantes le haricot, 3 à 4. En amérique du Sud ils disent 1 pour toi, 1 pour les passants, 1 si ça marche pas et 1 pour les animaux. Et ça pousse pas vite, c’est long à démarrer. Enfin tu mets la courgette.

Ndlr : Ici sur Passerelle Éco, un protocole pour la milpa  : http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1733

J ai essayé d’y mettre la capucine et celle-ci, qu’est-ce donc ? non pas des lupins, c est une tropicale, qui monte à deux mètres dans son pays d origine, on mange le rhizome : non pas l’igname. Oui c’est du manioc. Je fais une expérience. Ça fait des grosses racines et ça prend environ 9 mois. Je vous donnerai des nouvelles du manioc.

J’ai fait aussi des pommes de terre primeur cette année. Je passe par Payson ferme certifié ECOCERT. Je suis livré pas loin de la ferme de la Bouzigue. http://www.maplanetealimentaire.fr/les-producteurs/2754-payzons-ferme.html

Dominique DUPOUY explique qu’elle a planté des Margod au pied de sa butte et que ça a bien donné.

Mirandava stocke ses légumes racines dans des cagettes dans une armoire fermée.

Un pommier non taillé, mais un peu à l’étroit car je ne me vois pas abattre un arbre, il a fait une pomme cette année. Mais les branches ne sont pas courbées et ça donne moins de pommes du coup. Enfin ça dépend des variétés, Là c est une reinette.

Une bonne symbiose entre les arbres et les cultures.

La visite touche à sa fin.

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Je vous ai préparé du kefir, on va se mettre sous le micocoulier. C’est à base de champignons aquatiques nourris à l’eau et au sucre et un raisin. Ça ne s’achète pas, c’est une tradition, ça se récupère (comme le levain).

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http://www.jardiniersdetournefeuille.org/sites/default/files/fichier/recettes.pdf

Claire à la biocoop a des champignons pour le kéfir, dit Dominique Dupouy.

C’est une boisson plutôt basique que acide donc favorable à la flore intestinale.L’origine de cette boisson n’est pas définie.

On peut mettre du citron dit Dominique DUPOUY, le citron n’est pas acidifiant pour l’organisme, c’est un basique, alcalinisant.

Tchin ! Santé à tous ! »

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Chez Emmanuel CHEMINEAU à la ferme de la Fustière – Partie II – by Lo Stas

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Allons dans la serre. On gagne 2 degrés !

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       Voici des oignons :                                 Espace multiplications :

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Chauffage au sol dans l’espace multiplication : fumier = couche chaude, pas besoin d’électricité !

Et puis là c’est pour noter toutes nos interventions sur les cultures, pas toujours en corrélation avec la Lune.

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Donc on démarre les plants ici, puis on met en godet, avec du terreau fabriqué ici en Ariège en bio avec peu de tourbe substituée par des fibres végétales d’arbres d’Ariège, et contenant des engrais organiques.

On fait des semis en mottes en plaques alvéolées qui viennent de AgriGaronne à Castelginest, ils sont bien épais et se dégradent moins vite. Ce sont des mottes pressées au presse-motte avec un terreau à mottes qui ne sèche pas trop vite. Et puis on paille, par exemple avec le basilic pour faire fuir les limaces, sinon je mets du ferramol.

La bâche sur les arceaux a lâché avec le vent d’autan, ça tient environ 4 ans ; il faut que je la change. Il y a des poches d’eau, y en a pour 1000€ de bâche, ça fait 150 mètres de long. Il faut tout rebâcher en même temps et pour cela on fait des tranchées de chaque côté. On ne peut pas faire de raccord.

Donc voilà 4 ans que nous cultivons sous serre sur butte permanente, sur bois pour certaine, sans bois pour d’autres, pas de grande différence. Elles sont entretenues par des paillages réguliers avec  des herbes fauchées.

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Ici les tomates, on les plante en mi-mars sous un second tunnel. On associe courgettes, concombre, pas mal d’ail, tomates, taillées pour le coup, des fleurs non semées : on laisse les plantes monter à graine, des poireaux qui ne se ressèment pas tout seul à l inverse des salades, des engrais verts au départ pour accélérer les rotations. La tomate est semée dans l engrais vert, la phacélie, qui devient le paillage. Après tonte de gazon pour garder le sol couvert, qui fournit l azote. Pas de compost sous serre car trop riche et aussi il fait plus chaud, la minéralisation est suffisante, sinon on attire les punaises qui abîme les fruits. Sous la serre, on coupe les gourmands pour gagner de la place, et on laisse un à deux gourmands par pied qu’on attache à la ficelle montante.

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Sous le paillage on a mis les gaines d arrosage microsuintant. 0n recrée l écosystème en laissant les déchets des cultures et des spontanées sur place.

Cohabitation entre spontanées et cultivées. Une belle capucine, une rhubarbe…

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Voici les buttes à légumes racines. Les céleris montent à graine. Pas mal d’ail car on oublie de les ramasser et ils se ressèment. La betterave se ressème.

Plante grimpante : les chayottes font des kilos quand se plaisent.

Il existe là des oseilles envahissante sur l aubergine. On paille à l oseille du coup.

Là bas les carottes, ici la blette sauvage. On tourne par catégorie et c’est un peu mélangé. Les oignons poussent. Laitues de 800g, choux raves de 6kg. Du maïs.

On peut admirer insectes ravageurs et prédateurs. Il y a de la vie même dans la litière. Là du magnifique plantain.

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Il faut entretenir et couper les envahissantes qui poussent, même avec du paillage.

On ramène 2 remorques par an de tonte de gazon.

Les concombres, les agrumes : un magnifique citronnier, un citronnier Meyer, là une orange sanguine. On fait 20kg de citrons par an.

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À présent : la partie agroforesterie :

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Les pommes de terre primeur sous paillis, c’est humide sous la paille, moins d’arrosage. 8 rangs sur une parcelle travaillée l’an passé par le cochon, retravaillée au tracteur cette année avec le cheval et un outils à dents, on a tiré au cordeau pour le semis des pommes de terre,  on a mis un andin de compost et 20 cm de paille, on a juste fauché les côtés. On les bute ensuite à la paille pour stimuler la tubérisation. C’est facile à récolter. Le paillis limite les doryphores. Favoriser la culture des pommes de terre à l’ombre.

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Par contre les liserons sont stimulés par le paillis et on a des rumex, la grande oseille.

Ici une haie diversifiée qui commence à pousser : pruneliers spontanés, noisetiers, de l’épine vinette, des Féviers d Amérique sans épines, fabacée, légumineuse pour nourrir les chèvres, de Laure Minervois. L’arbre spontané : le frêne, le chêne, le robinier, …

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Haie effet vent, elle a 6 ans, ici un noisetier. Il faut que je fauche pour éviter la concurrence à la lumière. 16 espèces différentes dans cette haie. Cornouiller sanguin mâle et femelle.

Le but cherché, c’est sans irrigation mais la gaine est prévue, au cas où, mais n a pas encore servie.

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Ici, entre la serre et le champs d agroforesterie, on a une tournière qui sert pour le passage des outils agricoles et du cheval.

La fauche sert à faire de la biomasse pour le paillage. Cette parcelle sera fauchée pour faire des réserves.

Ici, un autre espace fourrager en trèfle blanc pâturé 3 fois, la luzerne d Arabie medicago arabica.

Les rangées d’arbres sont plantées tous les 8m avec un arbre tous les 5m, et j ai doublé avec des petits fruitiers. Cela fait de l ombre, semblant de sous-bois : mûres, groseillers peuvent pousser là. ça date de  2011.

Mélange vesce seigle broyé hier laissé sur place en paillage.

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On sent le vent, gentil aujourd’hui, mais qui a plaqué le plaqueminier.

Les abricotiers poussent très bien, les amandiers les pommiers fustières à pommes de petit calibre. J’ai dû les soigner à cause de la grêle avec les potions de plantes.

Les abeilles viennent piller ici les reste des alvéoles. On passe tout en Warré. Ici une ruche en Langstroth.

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Chénopode et amarante, rumex : engrais vert spontanée, pionnières, à détruire avant floraison. Courges en spontanée.

Ici du maïs : semé au semoir, on avait fait des buttes en traction animale avec les ânes. Mais il a pris la grêle.

J’ai commencé à désherber. Voici une houe à tirer, une houe maraîchère, pratique quand on a de la surface à désherber. Je bîne, j arrache toutes les petites plantules.

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Ici on voit la battance suite à pluie épaisse. Croûtage et de profil, couche de qq mm de feuilletage de limon lié à l impact de la pluie. Cela peut gêner la levée de graines si elle est épaisse. C est rare car le sol est rarement nu et de bonne stabilité structurale car taux d’humus suffisant. Souvent je compare en faisant des test de stabilité structurale : je prends une motte de terre intacte et je la plonge dans de l’eau pour voir son degré de résistance ce qui permet de voir les liaisons liées à la vie du sol avec des cols sécrétés par les bactéries … etc. Alors je compare ici la zone agroécologique avec le champs de blé là où c’est la même terre mais pas la même pratique : là-bas après la pluie la terre c’est du sucre, et ici sous l agroforesterie huit jours après ça se tient.

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Sur la grande surface de 50m de long par 7 de large je choisis le binage plutôt que le paillage, avec une houe à pousser maraîchère pour chevaucher les cultures par aller-retour. Le binage c’est tous les 8/10 jours avant de voir les plantules.

On peut mettre différents outils là-dessus : ça coûte environ 500 à 700 €. Ça passe bien sans la traction animale.

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La traction animale c est bien mais il faut une personne qui guide l animal et une autre pour l outil. Le sillon peut canaliser l’animal.

Il y a des outils à main : les houes en corne en os en métal manche court manche long en cuivre, la serfouette, le sarcloir à différent modèle, la Kassine : machine à traction animale fabriquée en Ariège : traction par devant avec un palonnier et on met le cheval ou l âne devant sous le collier et il va tirer la machine. La machine peut se revêtir de plusieurs outils : celui là permet de faire des buttes car évasé devant et rétréci derrière, comme on faisait les pommes de terre.

Les ânes ne sont pas dressés au mord donc on a une personne devant qui les guide et une autre derrière. Porte outil : une arracheuse à pomme de terre, ici un module de sarclage.

Après on passe sur une roue ou deux roues, on règle la hauteur du guidon, le piquet de l’outil, conçu par Jean Nolle agronome qui a beaucoup travaillé dans les pays du 1/3 monde et qui a légué toutes ses recherches à l association ariégeoise PROMMATA qui a perfectionné tout ça pour la culture maraîchère, comme celle de poireaux et d oignons sans désherber à la main. C’est ultra efficace sachant que le désherbage est un gros travail en maraîchage. Nous avons donc des ânes de Pyrénées, grand format un 35 au tarot : relation entre la taille et la puissance de trait.

C’est un modèle conçu pour être autoréparer. Chaque année on a un groupe d agriculteurs bricoleurs qui améliore. Les derniers outils ont 2 ans, fabriqués sur les exploitations, adaptation.

Le nom KASSINE vient de la contraction de deux outils inventés par Jean NOLLE : la houssine et le Kanol. http://assoprommata.org/spip.php?rubrique6

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On utilise sur les plus grandes parcelles un motoculteur : motobineuse sans fraise et on a mis un disque billoneur qui fait des buttes en travaillant dans le sillon en ramenant les bords. Outil qui détruit certes la litière mais après lequel on fait le semis d engrais vert. Les techniques de semis direct se sont développés à cause de la mécanisation avec les rouleaux facas. Il existe des rouleaux brise-fougère mais plus léger et moins adaptés au tracteur.

Et sur les parcelles moins grandes, on pratique le binage et enfin, le paillage en petite surface, il faut s’adapter en maraîchage si on veut produire. L’aération d un sol dépend du nombre de racine, donc la décompaction ne doit pas être systématique. Un sol compacté est un sol travaillé pris en masse par le labours, mais un sol plein de végétation n’est pas forcément compacté même si il est dur.

Décompacter de l’argile se fait naturellement par phénomène de dessiccation et de réhumectation. L’argile a la capacité de faire du retrait. Les plantes décompactent aussi, comme les céréales. Un décompacteur est un outil à dents, faut voir si il y a de l’oxygène : tâches rouges : hydromorphie temporaire et tâches bleues : hydromorphie qui durent longtemps : ce que l on appelle des gleys.

Dans ce potager : buttes permanentes avec du paillage, toujours, et une irrigation au tuyau micro suintant qui se gonfle et suinte tout le long. Ça consomme plus qu’un goutte à goutte classique, on le met moins longtemps. Ce tuyau vient de Andorre, on l’achète en regroupé avec la société Texbor : http://www.texbor.com/shop/images/documents_tecnics/Manual%20PORITEX_FR_ver%207.pdf

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On fait voisiner plein de choses : betterave, haricots, rumex, chiendent, mouron…

Sous le paillage un sol meuble avec de la vie, on rajoute tonte et fauche. Ici une butte de l an passée envahie d’herbes hautes que l on a fauchée, occultée bâche noire, broyat, cartons : l’idée est le non travail du sol par occultation, on arrête la lumière, pendant au minimum 1 mois pour éliminer la repousse en-dessous, puis on l enlève et on recouvre de broyat, et de tonte. Après le sol sera meuble, les vers de terre auront travaillé, on va pailler et replanter des cultures comme betteraves fourragères qu’on va faire en mottes. C’est une bonne technique de désherbage en petite surface sans aucun travail du sol autre que la vie du sol. Puis on ratisse et on peut semer par dessus.

Avec le carton c est trop léger, il faut compléter avec du bois. Et pour la bâche, éviter les bleues fines qui s effritent.

Ici une butte avec des aromatiques, menthes, collection de thyms, j’en ai encore à mettre. On va mettre des arbres fruitiers greffés sur des nanifiants, conduits comme un légume, pour avoir des arbres à système racinaire faible, pas du tout comme les arbres qui se trouvent là-bas. Ce sont des arbres qui dureront moins longtemps mais produiront plus vite, il faudra les tuteurer.

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Les autres arbres ne sont pas tuteurés pour qu ils puissent faire des ancrages racinaires costauds dans le vent. Le tuteurage les affaiblirait.

Ici, des cultures de tomates en grillages, en cage, … non taillées et qui n ont pas trop souffert de la grêle. Particularité : sol non travaillé paillé avec 10cm de broyat de pur résineux (pas de souci : pas de variation de Ph : on dit souvent que le résineux acidifie mais c’est lié à la dynamique du résineux, aux substances qu’il y a sur les aiguilles, mais quand c est non enfoui ça se lessive et y a plus rien ; pas de raison que ça acidifie plus qu’autre chose) et du compost en-dessous. Seul le cochon avait travaillé l an passé, retassé par les brebis.

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35 variétés de tomates qui viennent de la ferme de la Bouzigue, des ST Pierre, des merveilles des marchés, cornues des Andes, rose de Berne, …, mises après le 15 mai, après les saints de glace. On tuteur avec des ficelles aussi au fur et à mesure de leur croissance parce que si les tomates touchent le sol c’est source de maladie. Et puis on a testé avec la tonte. En terme d’arrosage, un bol d eau à la plantation et puis il a plu. Nous avons installé les tuyaux en prévision de la sècheresse. L’idée dehors, ce n est pas comme en serre, c’est de laisser les racines de la tomate trouver l’eau pour qu’elle développe son système racinaire en profondeur, même si cela met du temps. Si je mets le goutte à goutte trop tôt, elle va développer son système racinaire autour du bulbe et si j ai un pépin d approvisionnement en eau, elle va claquer de suite, ou se déraciner si il y a du vent.

L’état de la tomate, de jolie couleur verte, est le témoin d un bon apport d’azote. On pourrait avoir des problèmes liés à l apport en broyat si on l avait enfoui, j ai connu des faims d azote sous serre car c’était trop humide, trop arrosé du coup ça accélérait la décomposition du broyat.

Et le résineux en paillage non enfoui n est donc pas un problème. Ça peut poser problème dans certaines conditions, par exemple sur les composts de déchets vert avec majoritairement du résineux, ils sont gavés de résine et ça se sent, c’est du terpène. Le terpène surtout de thuyas est royal car anti-germinatif, ça aide au paillage. Les terpènes dans le sol sont plutôt rémanents, ce sont des substances naturelles biodégradables. Le seul truc sur le devenir de ça, c’est de savoir qu’est ce qu on va cultiver derrière ? Il ne faut surtout pas l’enfouir. Car si je l enfouis en me disant que je vais faire des carottes, là j aurai des problèmes, parce que c est du broyat. C’est le devenir du broyat qui en fin de saison ne sera pas décomposé, donc je dois rester sur une planche permanente non travaillée pour garder ce broyat à la surface. Sinon, il faut le ratisser, l’enlever, par exemple pour un semis pleine terre.

Si j enfouis ça, fin de saison, octobre/novembre ou au début du printemps suivant, et que je mets une culture, là je vais rencontrer une faim d’azote, parce que j’ai enfoui ça et je vais amorcer la dégradation de la lignine, ça va mobiliser l’azote du sol parce que les bactéries et les champignons en ont besoin et du coup, l’azote ne sera pas présente pour le développement  de mes cultures.

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Les tomates sont des solanacées, elles se cultivent tous les 5 ans au même endroit selon la technique de rotation, mais tout dépend de la vie du sol. Pierre BESSE, maraîcher à LAGARDELLE SUR LÈZE fait 4 à 5 ans de suite la tomate au même endroit grâce à des sols très vivants : http://www.dailymotion.com/video/xx5csn_sol-vivant-pierre-besse_creation

Après entre deux on peut faire un engrais vert pour rompre le cycle des ravageurs. Si on était dans le berceau de latitude de la tomate, c’est une vivace. Ici, elle gèle et a froid.

On fait ces tomates pour les vendre en frais. On n’est pas certifié en bio mais sous mention Nature&Progrès N&P jusque l’année dernière. On a quitté car trop loin, ils sont dans le Couserans, compliqué sur les déplacements. N&P a inventé le bio en France, et inventé le premier cahier des charges en France. C’est une mention privée qui n’est cependant pas reconnue par l’état ni par l’Europe alors que ça dépasse le cahier des charges actuel de l’agriculture bio.

Donc ce n’est pas un label bio, c’est une mention complémentaire privée. Après les gens qui sont sous mention N&P font du meilleur travail que ceux qui sont en bio mais n’ont pas le droit de dire qu’ils sont en bio. La bio est un label officiel extrêmement cher. N&P défend l’agroécologie paysanne, ils ont rajouté « paysanne » depuis le plan « agroécologie pour la France », ils se sont distingués de l’agroécologie officielle en appelant ça « agroécologie paysanne ». La différence est l’aspect social et territorial parce que quand l’agroécologie a été lancée au niveau officiel, on parlait de « agriculture à double performance économique et environnementale » mais on a oublié l’aspect social et territorial. Bon maintenant ils en tiennent compte, c’est important. D’ailleurs il vient de se passer « la nuit de l’agroécologie » avec visite de MR HOLLANDE, de Claude et Lydia BOURGUIGNON.

Ah ! voici les ânes. Je vais couper l’électricité de la clôture. Voici Vent-vent, Jericho derrière et Sascha, un croisé pyrénéen. Jericho je l avais pris pour remplacer la mère de Sascha, sauf que  j’ai jamais pu travailler avec, je suis son 3ème propriétaire, je ne sais pas ce qu il a vécu avant, mais quand je l ai attelé à la kassine, il a cabré et il m a mordu le biceps, j ai eu un bleu pendant longtemps. Quand on a pu travailler avec lui, il a fallu 3 personnes derrière, une pour tenir le frein, une pour l outil et une pour l’âne. Quand il est lancé, il ne s’arrête plus et c’est délicat dans les tournants. Par contre il est très puissant, quand il s’arrête c’est qu’il sue à grosse goutte, mais alors une puissance extraordinaire. Je sais qu’il a charrié des sacs de ciment. J’apprends en même temps. Donc là ils sont en train de perdre leurs poils d’hiver. Ça mange et ça boit !

Mais sur billons de 60/70 cm de large, ils passent en traction et c’est sacrément puissant !

Là le maïs c’est pour les poules. Il faut leur donner des céréales tous les jours. Tous les soirs un peu de grain permet de les rentrer au poulailler. Là elles sont sorties, on en a 12. Voilà le coq. Et notre chien Sam, un border collie qui les guette, il veut faire son travail avec les poules !

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Bien on va aller voir les autres animaux et on va finir sur les soins naturels à base de plantes : massage à l‘ortie 🙂

Les capucines ont été mises il y a 3 ou 4 ans, elles se plaisent du coup elles se ressèment. On peut utiliser la graine pour faire une préparation mais pas mûre, à un stade intermédiaire.

Les graines d’ortie se mangent, elles sont super active. Dans l’ortie tout se mange même la racine, comme le plantain, le pissenlit.

Les récupérateurs d’eau noirs viennent des laboratoire Pierre Fabre. Ils contenaient des préparations à base de plantes. On en récupère aussi auprès d’une usine coca cola à Castanet, bien rincés ça fait l affaire pour la récupération d’eau de pluie. Ce sont des tonnes à eau.

Ici un tilleul avec une passiflore qui pousse dedans. Par-ci par-là une mauve.

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Voici les brebis. La bergerie qui sert de poulailler, on a refait la toiture y a pas longtemps. On a des lapins dans des clapets traditionnels car en liberté ils se font tuer par les chiens. Ils ont déjà attrapé la myxomatose, ils survivent mais je les renforce, je leur donne des micro-organises efficaces dans l’eau de boisson. On ne les vaccine pas. Et ils survivent tous grâce aux oligo-éléments qu’on laisse dans l’eau de boisson, et aux EM : c’est du renforcement immunitaire.

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Ici, la laine vient de la tonte des brebis d’il y’a deux jours. On la garde pour couvrir le compost. On a déjà paillé des arbres avec.

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Allons voir le cochon, c’est Dési, Désirée. Elle a 4 ans.Je vais lui remettre de l’eau. Quand elle est arrivée, je la portais dans les bras, là elle a grossit depuis. Ce n’est pas une gasconne, c’est une Noire de Bigorre. C’est à dire qu’elle ne voit que quand elle lève les oreilles. En automne/hiver elle est sur les parcelles qu’elle retourne, et aussi dans les bois. On la laisse sortir la journée et elle rentre le soir, toute seule. Elle adore les caresses. Quand on veut la déplacer, on utilise un seau de nourriture et elle nous suit partout.  Les sangliers-cochons ça s’apprivoisent complètement comme beaucoup d’animaux. Là elle s’est dégarnie, elle se frotte pour l’enlever quand il fait chaud, mais en hiver elle a le poil partout uniforme, ça repousse. Le porc est omnivore, beaucoup plus que nous, ça mange absolument tout. Là elle mange la vesce. Le matin on lui donne de la farine, car il y a un boulanger qui fait du pain pas loin, et il me donne les balayages de son atelier tous les 15 jours. Si on n’a pas de farine, on lui donne de l’orge. En ce moment tous les jours elle a une brouette d’orties fauchées ou de l’herbe, et de temps en temps des seaux avec des déchets de cuisine. Après elle mange ce qu’elle trouve, des limaces, des champignons, des glands… Si elle tombe sur un cadavre elle le mange. On la rentre le soir pour éviter qu’elle parte en franchissant une clôture et qu’elle soit prise pour un sanglier par un chasseur.

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Voilà, à présent on va faire un  petit saut dans le bois. Là-bas on voit les brebis. La clôture électrique c’est à cause du renard qui a déjà mangé des agneaux. Les brebis font des agneaux et puis on propose des colis, par demi-agneau, découpés et emballés par les abattoirs. Ce sont des mélanges de races.

Là on a une excavation, une marre temporaire, quand il y a eu beaucoup d’eau elle se remplit comme dernièrement le gros orage, mais ça va pas durer. Cette excavation c’est parce qu’on a creusé l’argile qui a servi à faire la maison. Il y a d’autres excavations. Là-bas il y a un ruisseau qui délimite la propriété. Je vais lâcher Dési demain pour qu’elle se baigne, avec un seau remplit de farine. Ici c’est bois de chênes et plus loin, bois d’acacias, beaucoup de petits bois.

Le cochon et les brebis mangent les glands.

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Les PNPP : préparations naturelles peu préoccupantes :

Belle collection. Prêle, consoude, ortie, macérat huileux d ail (bulbe) : les principales préparations qu on utilise en préventif. Souvent quand on parle de traitement, on parle de lutte contre les parasites, on est sur du curatif, on a un problème on va traiter. Nous, on travaille en amont, sur du soin naturel en préventif pour renforcer le système de défense immunitaire des plantes. Leur système de défense ne sont pas les mêmes que les nôtres bien sûr, mais peuvent être rendus efficaces. Je travaille principalement avec ces quatre et ces micro-organismes efficaces : EM pour du renforcement en préventif. C’est à dire que pour la tomate, dès repiquage en godets, au bout de quinze jours, on va commencer à traiter et on passe une semaine avec un mélange ortie/consoude et EM en pulvérisation, et 3 semaines à 1 mois après on passe à bardane et prêle.

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Les EM sont une solution microbienne inventé par le professeur Teruo Higa (ici lien vers son livre à télécharger), docteur en agronomie, qui est parti du principe qu’il y avait un déséquilibre des populations microbiennes à la surface de la terre et dans les sols avec une prédominance des organismes de putréfactions et d oxydation au détriment des anti oxydants. Il a sélectionné 80 souches de micro-organismes différents dans 5 grandes familles qui ont des vertus anti-oxydantes. C’est très utilisé en Asie, en France c’est depuis 2007. Donc on achète une solution mère, 250ml ça coûte environ 8€, et avec ça on peut faire pas loin de 10 litres de solution activée. C’est comme pour la « panchagavya », il faut du sucre (mélasse de canne à sucre), de l’eau, de la température pour faire une fermentation à 35°c et on obtient une solution activée qu’on va utiliser en traitement sur des matières organiques à décomposer, dans les toilettes sèches, et aussi dans les tonnes à eau qui ont tendance à tourner un peu, même les tonnes noires. Je mets 1l pour 1000 litres et ça empêche l’eau de tourner. Même si l’eau a tourné, je mets 1l pour 1000l et au bout de 1 mois 1 mois 1/2 ça ne sent plus. Elle est traitée par l’action des micro organismes. C’est très bien pour les bassins ; il faut trouver le moyen de fixer les micro organismes avec des céramiques. Cela met des micro organismes bénéfiques qui activent la décomposition de la MO. C’est utilisé en Allemagne, en Autriche, en Suisse. Il existe un bouquin écrit par une journaliste allemande qui s’appelle Anne Lorch, et pleins d’essais écrits par des étudiants en universités agricoles, notamment à Vienne en Autriche, vogue universitat bolden culture wien, où j’ai suivi des études et où ils ont testé l’usage des cultures traitées aux EM et d’autres non traitées et il y avait des effets très significatifs en terme de qualité sanitaire, de résistance aux maladies, et de rendement.

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Donc dès que je remplis un abreuvoir ou un sot, je mets des EM pour limiter le verdissement et le développement des algues, car l’idée est d’occuper l’espace pour limiter les micro organismes gênants; et ça contribue au renforcement de l’immunité des animaux qui boivent cette eau. Il existe des boissons à base de ça pour les humains aussi.

Après y a des gens qui ont découvert ça, c’est la panacée pour eux… alors que c’est juste un outil parmi d’autres. Si on ne l’utilise pas c’est pas grave, ça peut rendre service, mais on peut s’en passer. Je pense que c’est intéressant pour réensemencer des terres qui sont matraquées, à partir du moment où on remet un peu de matière organique ça permet de rebouster les choses.

Je m en sers dans l’eau, dans les traitements avec l’ortie et la consoude. Dans des essais d’Éric Petiot qu’il a fait avec différents instituts il a démontré que ça augmentait l’effet de l’ortie et de la consoude. Je m’en sers aussi si un arbre est abimé par une tempête, sur une blessure, ou quand je fais un badigeon pour soigner des arbres avec de l’argile, je rajoute des EM dedans. L’idée est que si il y a une plaie, une blessure, on va limiter l’espace laissé libre à des pathogènes et donc je mets des anti-oxydants dessus. Je peux faire pareil avec un purin d’ortie ou de consoude car ils contiennent des micro-organismes, ou avec l’algue.

En facto-fermentation il y a un usage avec les EM, ce qu’on appelle le compost bokashi ou des fourrages bokashis qui se font en Asie, c à d qu on prend de la matière organique, des déchets de cuisine par ex., on les mouille avec une solution avec des EM à 10%, puis on met dans un seau, en chassant l’air, ou dans un sac, comme on ferait un ensilage en lacto-fermentation, comme pour la choucroute, et on laisse lacto-fermenter.

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Pour l’eau c’est franchement utile et efficace. Il y a d’autres trucs qui vont avec : les petites rondelles blanches, ce sont des céramiques qui servent à conserver l’eau et les solutions aqueuses car elles sont faites avec des EM qui évidemment ne sont plus vivants car on a cuit la céramique mais ça laisserait des signatures vibratoires que je ne peux expliquer, et ça aurait un effet sur la clustérisation de l’eau. C’est à dire que quand on laisse une solution aqueuse comme ça, les molécules ont tendance à s’agglomérer en amas appelés des clusters plus ou moins denses, caractéristique des eaux croupies, et quand on met ces EM, ça affine les clusters de l’eau, on aurait des trucs plus légers, et une meilleure conservation de l’eau et des produits.

Des EM en bouteille comme ça au bout de 2 mois c’est oxydé, et quand c’est mis avec les rondelles de céramiques, ça se conserve facilement 1 an voir 1 an1/2. Donc j’ai fait pareil pour conserver les extraits fermentés, sinon au bout de 15 jours il sont oxydés. Il existe des gros anneaux pour les cuves.

Ça s’appelle céramiques EM.

J’ai fait des tests de Ph sur des bouteille de purin de 1 an, et c’était autour de 5, donc ça veut dire que ça s’est bien conservé.

Sinon, on peut mettre des huiles essentielles, bloqueur de fermentation c’est romarin 1,8 cinéole : recette d’Eric Petiot qui a testé : 2,5 ml pour 5 litres d’extrait fermenté, ou alors de la sauge officinale et là c’est 2,5 ml pour 5 litres d’extrait fermenté. Ça permet de conserver 3 ans les extraits et jusqu’à 5 ans pour de la bardane. Il faut mettre ces 2,5ml d HE dans 2,5ml d’huile végétale et rajouter 1% d’un mouillant type savon noir pour que ça puisse s’émulsifier.

recette d’extrait fermenté :

1kg de plantes fraiches bien immergées dans 10l d’eau dans un seau en plastique, puis je pose deux bâtons en croix sur le seau et je couvre pour laisser l’air passer et empêcher les bestioles d’y tomber. Je le stocke à l’ombre et j’attends entre 5 et 10 jours selon la chaleur. Quand il ne se dégage plus de bulles c’est prêt. Je filtre bien et je mets en bouteilles de 1l, plus pratique quand je m’en sers car je le dilue dans des arrosoirs de 10l.

L’odeur vient car plus on remue, et plus on a de l’oxygène et plus ça fermente : c’est le travail des bactéries qui a transformé la plante fraiche dans de l’eau. Ce qui est intéressant ce sont les produits issus du travail des bactéries et qui renforcent les plantes.

Le purin qui sent très fort est passé au stade de putréfaction et donc pas de vertus phytostimulantes, mais quand même fertilisantes.

Pour la bardane, c’est la plante entière, tige, feuille, et la racine est plus concentrée en agent actif.

On l utilise aussi en pulvérisation à 2% maxi 5%.

Après en macération, décoction, ou extraits fermentés, on va pas avoir les mêmes vertus car on ne sélectionne pas les mêmes matières actives, les mêmes métaboliques secondaires.

Pour les fermentations, c’est plantes entières en général d’où travail des micro organismes qui vont produire des composés ; sur de la décoction de prêle des champs par ex. donc on fait tremper, on laisse monter en température, on laisse bouillir pendant 20 à 30mn ça dépend des plantes, mais avec la prêle c’est au moins 30mn, donc on va extraire certaines métaboliques qui sont différentes de l’extrait fermenté. Un extrait fermenté de prêle, une décoction de prêle ou une macération n’ont pas les mêmes vertus.

La prêle des marais n’a pas les mêmes vertus, elle est moins riche.

Après il y a les infusions, il faut faire gaffe car sur certaines plantes on extrait certains produits acides comme sur la reine des prés, et il ne faut pas dépasser 80°c de température sinon au-delà on détruit les substances qu’on voulait extraire. Pour d’autes c’est 90°c. Une infusion embouteillée à chaud se conserve 1 an. Par contre la décoction ne se conserve pas.

Après quand on hache l ortie, la consoude et qu’on s’en sert en surfaçage, ce sont des activateurs de compost et il y a un effet sur les micro organismes forcément.

On peut recycler les purins de la saison précédente sur le tas de compost pour en accélérer la fermentation.

Et le macérât huileux d’ail, l avez-vous déjà utilisé ? C’est rapidement préparé. La trousse d’urgence c’est le macérât, l’infusion et la décoction. Le macérât d’ail à 5% + 3% de savon noir, est un très bon fongicide contre la cloque du pêcher , la fonte des semis, et un insecticide efficace surtout sur les pucerons, voir bactéricide.

Recette du macérat d’ail :

Donc on prend 100gr d’ail avec la pelure, et il faut le hâcher, puis on le met en bocal et on rajoute 3 c. à s. d’huile végétale bio et on ferme, on secoue : les métaboliques de l ail sont solubles dans l huile et on laisse macérer à couvert 12H. Puis on filtre avec un chinois et on emporte avec 1l d’eau. S utilise dilué à 5% avec 3% de savon liquide.

La consoude en extrait pulvérisée est un phytostimulant qui renforce l immunité de la plante, renforce la vie du sol, fait un appel de faune quand on la verse sur des sols couvert de MO, ça augmente la population de vers de terre, ça les attire. Elle a plein plein de vertus.

L’extrait de bardane, est un phytostimulant préventif mais aussi curatif contre le mildiou de la tomate et de la pomme de terre. Ça arrête très rapidement les attaques, mais ce n est pas rémanent, il faut repasser si le mildiou revient et c’est aussi efficace que la bouillie bordelaise.

On peut aussi utiliser le bicarbonate de soude contre le mildiou et contre la rouille. Le bicarbonate, la bouillie bordelaise ou nantaise sont des produits basiques, très alcalins, on va trouver des 8 ou 8,5 de Ph et il se trouve d’après les travaux d’Éric Petiot, que l’alcanilité attire les ravageurs. Il faudrait repasser avec un extrait fermenté, acide, pour revenir à des paramètres électro magnétiques plus intéressants qui n’attirent pas les ravageurs.

Par contre, sur le mildiou de la tomate, éviter le purin d ortie car on va le renforcer en lui donnant des acides aminés. Donc si on a traité au bicarbonate, on attend qu il y ait une efficacité, et après on rétablit le Ph avec le purin quelques jours plus tard.

La santé du végétal quand on prend des mesures de Ph c’est acide réduit : c’est la santé du végétal. Des plantes affaiblies attirent les ravageurs qui régulent l’écosystème.

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1- agroécosystème : « système » est important : le vivant

2- techniques de travail du sol : respectueuses de la vie du sol

3- fertilité : différent moyen de fertilisation

4- les soins naturels : les plantes au service des plantes

5- les semences : anciennes ; adaptabilité des semences

6- Rotation et association de culture : assolement

7- la gestion de l’eau : ni trop ni pas assez

8- les élevages : essentiels dans un agroécosystème complet

9- Plan de la ferme : observer pour un design intelligent, un agencement géographique judicieux

10- Les équipements économes : recyclage

11- Les savoir-faire paysans : savoirs et transmission

12 – La connaissance scientifique : enseignements, culture

Chez Emmanuel CHEMINEAU à la ferme de la Fustière – Partie I – by Lo Stas

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Agroécologie et Permaculture à la Ferme de la Fustière

La Permaculture a été formalisée par Bill Mollison et David Holmgreen

C’est une méthodologie de conception de lieux de vie (jardin, maison,…)

Diagnostique, programmation

À partir de quand passe-t-on à l’action ?

Peu de lieux en permaculture à ce jour

À la Fustière, c’est principalement de l’agroécologie qui est pratiquée.

Principes communs, éthiques communes.

Présentation d’Emmanuel Chemineau :

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Diplômé ingénieur en agriculture conventionnelle classique pour commencer, puis éleveur de brebis laitières, puis directeur lycée horticole. Il a étudié la pédologie du sol… Malgré tout, il lui manquait les notions de la vie du sol, les insectes du sol,…

Autodidacte grâce à la lecture de bouquins.

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Arrivée en 2004 en Ariège à Canté, livraison en bio AMAP pendant 4 années : maraîchage et parallèlement couvreur zingueur au début.

Puis projet d’autonomie familiale suite lecture ouvrages de Claude Aubert aux éditions Terre Vivante, et aux oeuvres de Pierre Rabhi. Formation longue « animateur en agroécologie » avec Terre & Humanisme pour transmettre, d’où l’Asso depuis 2009 : Sol en Vie http://solenvie.org/ Formation axée sur les méthodes de transmission.

Puis stage ingénierie de formation avec animation d’un jardin pédagogique, jardin pour reconversion professionnelle à Pamiers au CFPPA, beaucoup de maraîchers pour le bio.

Depuis, Emmanuel est auto-entrepreneur au CFPPA, formateur en agroécologie et coordinateur de toute les formations agricoles du CFPPA avec approche agroécologie, intérêt pour les techniques de conservation des sols, appelées agroforesterie.

Emmanuel Chemineau participe activement à la transition vers l’agroécologie.

Cette transition commence à se faire chez les maraîchers du fait de l’économie, mécanisation, intrants : tout cela est coûteux. Transition douce car si tous les agriculteurs passaient en même temps à une agriculture de conservation des sols, une famine s’installerait car les sols ne sont pas prêts. Ils ont été usés, certains sols contiennent 1% de MO il faut les remettre doucement, les uns après les autres, en fertilité. Mais avant de ramener de la MO, il faut ramener la vie du sol puisque c’est elle qui génère la fertilité d un sol, et ça va prendre du temps, entre 5 à 20 ans sont nécessaires. C’est long car c’est beaucoup de techniques et d’erreurs à éviter car on travaille avec la vie, avec les semences, on travaille avec son entourage… ça évolue lentement. voir exemple des frères Beziat dans le 31 http://agriculture-de-conservation.com/GAEC-de-la-Baronnesse-Haute.html

Et cela dépend de l’enseignement donné et de la façon dont il est donné (petite parenthèse sur la pédagogie remarquable de Konrad SCHREIBER)

C’est beaucoup plus facile pour les petits potagers car à plus petite échelle.

Théorie :

Schéma de Emmanuel Chemineau : synthèse des pratiques agroécologiques

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1- agroécosystème : mot « système » est important : le vivant

Par exemple, une forêt, le stade climax : c’est un écosystème qui s’autosuffit à lui-même, interaction entre tous les êtres de la forêt.

Créer un écosystème en agroécologie avec les êtres vivants y compris les plantes, les racines, les animaux et insectes.

Objectif : aggrader le sol. Comment concevoir des endroits, microclimat, des systèmes résilients, qui soient favorables aux cultures, animaux et nous, tout en respectant le sol ?

sol vivant

2- techniques de travail du sol : respectueuses de la vie du sol

Trouver le bon compromis entre semer des carottes et respecter le sol.

Le non-travail du sol : Dominique Soltner

Sol toujours couvert. Les plantes sont vivantes.

b-respect du sol

3- fertilité : ce qui est différent de fertilisation

Engrais verts

Composts

Mulchs nourriciers (cf vidéo E.Hazelip) qui veut dire couverture molle = base fertilité du sol : c est de la MO digérée, compostage de surface : déchets de cuisine, tonte de gazon, découpes de plantes comme ortie, consoude…

Le compost n’est pas de la MO, il est déjà digéré, il n est pas la base de la fertilité : c est un amendement.

On nourrit la vie du sol avec la MO, en compost de surface et dans les chaînes trophiques alimentaires, on aura des éléments nutritifs qui serviront aux plantes.

En terme de gestion de la fertilité, plus on travaille avec du recyclage de couverts végétaux, plus on acquiert de la fertilité et moins nous aurons, à terme, besoin d’intervenir par fertilisation.

Si on choisit un système mulché, on n’aura beaucoup moins de travail du sol, en terme de gestion d’enherbement, moins de choses à faire

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4- les soins naturels :

Avant d’avoir un écosystème bien en place ça va prendre un certain temps, et pour pouvoir se nourrir, on aura recours aux jus de plantes comme ortie, consoude en purin ou en tisane, infusion, décoction, macération, extraits fermentés, huiles essentielles, etc…

Les purins sont le fondements des soins à apporter, pour renforcer l’immunité des plantes, et aussi les soigner. Avec des plantes autour de nous, que l’on cultive, on a tout ce qu’il faut pour pallier à quasiment tous les problèmes que l’on rencontrera.

Reste quelques difficultés avec le rat taupier et le campagnol terrestre qui adorent l’hôtel en système mulché, paillé, à voir pour trouver la solution : piège, chat, fox terrier,… Idem pour les limaces qui adorent les paillages, et pas encore assez de prédateurs auxiliaires autour pour réguler, d’où utilisation de Ferramol

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5- les semences :

Semences de ferme, semences bio au départ.

La semence, c’’est fondamental, c’est le nerf de la guerre : on peut faire évoluer, adapter les plantes que l’on cultive aux conditions particulières de notre jardin. Chaque jardin, chaque structure, chaque ferme est particulière en raison d’un microclimat particulier et les aménagements que l’on va faire donneront des climats particuliers.

Donc, on a tout intérêt, et dès que l’on se lance même si c’est technique, de garder ses propres semences.

Il existe plein d’associations qui militent et on leur met des bâtons dans les roues. C’est un enjeu pour les agriculteurs et les professionnels.

Si on adapte nous même nos variétés de semences à nos conditions locales, ça fonctionnera encore mieux dans le jardin, et on peut tout à fait adapter les choses. C’est ce que fait l’homme depuis qu’il cultive.

Sur la semence c est un combat, quand on regarde le catalogue officiel des semences, il est très limité et présente beaucoup d’hybrides F1 et peu de graines bio. Si on garde la graine d’une culture hybride F1 et qu’on la ressème, on n’obtiendra pas du tout la culture de l’année précédente. Du coup, on assiste à une érosion génétique : on a perdu ses dernières 70 années énormément de ressources génétiques.

Savez-vous combien de variétés de tomates ont été recensées dans le monde ? Il y en avait 13000 à travers le monde. Voir site http://tomodori.com/index.htm

Evidemment, les 13000 ne vont pas s adapter dans notre jardin, mais si il y avait autant de biodiversité, c’est parce qu il y avait une adaptation à tous les biotopes.

Et là, il y a un gros travail à refaire pour l’avenir.

NDLR : Pour plus d’infos voir ce film pour comprendre comment des multinationales veulent confisquer le vivant. Il donne envie de se battre pour sauver notre indépendance alimentaire.« La guerre des semences » : https://www.youtube.com/watch?v=vGtGSFneI7

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6- Rotation et association de culture

L’agroforesterie c’est l’association de cultures par excellence, l’arbre étant au coeur de l’écosystème : pas d’arbre, pas d’agroécosystème, et même dans un potager, même si ce n’est pas évident. Arbre, cela peut être des haies, et puis il faut le planter en même temps que les cultures, on travaille sur de jeunes sujets pour éviter les concurrences racinaires, on peut travailler sur les porte greffes : c’est là que la permaculture nous aidera à concevoir des choses, à raisonner, je vais utiliser quelle essence ? je vais me renseigner sur sa physiologie, sa biologie, est-ce que ça vaut le coup ?

Si je suis en viticulture, ça existe aussi l’agroforesterie, on fait alors cohabiter avec des fruitiers en jouant sur les étages.

L’agroforesterie, c’est faire rentrer des ligneux dans le système.

Voir sur le site de l AFAF http://www.agroforesterie.fr/index.php une photo du Perche dans les années 50 :

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Le bocage, c’était de l’agroforesterie. On redécouvre. Le remembrement a tout détruit, à cause de la mécanisation, pour faire passer le tracteur… Dans les champs de blé, il y avait des haies avec des chênes plus que centenaires, le jour du sous seing privé ils ont pris le bulldozer et ont tout rasé. Et maintenant, si il y a une grosse pluie, les champs sont inondés et victimes d’érosion. Et la couche arable se perd dans les rivières.

La difficulté de l’agriculture moderne est que l’on a considéré que l’arbre est un ennemi alors qu’au contraire ce n’en est pas un.

Mais on y revient, à présent on replante des haies, des arbres, … car avec ses racines il va chercher profond les nutriments, il crée l’argile en cassant la roche mère. Il y a énormément d’effets positifs à cultiver avec les arbres et notamment pour la culture d’annuelles par le biais de mycorhyzes important dans le cadre des sols vivants.

Les mycorhyzes sont des champignons microscopiques qui forment des filaments mycéliens favorisant des échanges de nourriture entre les plantes et les arbres. Une même mycorhyze peut mycorhyzer à la fois un arbre et une culture annuelle voir plusieurs.

Il y a des études toute récente au CNRS par Hervé COVES qui indiquent que l’arbre est capable de transférer plein de choses, eau, sels minéraux, … Il y a 10 ans, on pensait que seulement quelques plantes étaient mycorhyzées, hors cela touche au moins 85% des plantes.

Il faut revenir aux associations de culture, respecter les assolements, et là il y a tout un travail à faire aussi. C’est plus facile pour un jardinier que pour un professionnel pour des questions de rendement de la récolte. Après il existe des professionnels qui cultivent jusque à 5 cultures différentes et après ils ont recours au tri avec les trieuses.

Rotation de culture au démarrage, c’est à dire qu’on va changer chaque année de culture,  ou deux fois par an, puis il faut optimiser les temps d’occupation des sols. L’optimisation de l’usage de l’espace c’est de tourner pas mal et quelque part on fait de l’intensif biologique. Ensuite, en permaculture, une fois la biodiversité vivace installée, la rotation n’est plus à penser, il reste l’optimisation des temps d’occupation des sols.

C’est pas si évident, mais si on travaille sur des associations, à terme, avec l’équilibre, on aura plus besoin de rotation.

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7- la gestion de l’eau

En fonction de la zone climatique où l’on se trouve, ici par exemple, si je n’arrose pas je ne récolte rien. Car ici, il fait très chaud, on est sur des sols limono-sableux, ce qu’on appelle des boulbènes blanches, c à d les sols les plus pauvres du secteur en MO et donc qu’il faut arroser souvent car ne retiennent pas l humidité comme un sol argileux. Et même en paillant beaucoup, il faut arroser, d’autant plus que le facteur vent joue aussi : le vent d autan ; raison pour laquelle on plante et continue à planter des arbres. On a peut-être 250 jours de vent d’autan par an et ça dessèche. Normalement en plein été sous couvert végétal classique le sol va perdre 7 litres par m2 par jour, et si il y a le vent d’autan, on peut perdre jusqu’à 12 litres par m2. On a du mal à arroser même en micro irrigation et paillé, on a des coups de soleil sur les tomates car il fait trop chaud. Il faut mettre de l’ombre, donc on a planté des arbres mais comme ce sont des sols pauvres, ils ne poussent pas vite mais quand ça aura atteint les couches argileuses ça explosera. En attendant, on est obligé d’arroser car entre le mois de juin et la fin août, on connaît le déficit climatique, il manque 150 millimètre sur cette période pour faire pousser un maïs alors que le maïs est une des plantes les plus économes en eau, et l une des plus efficaces en matière de production de biomasse par rapport à l eau qu’elle va pomper.

Le maïs fait partie des plantes qu’on appelle les plantes en C4 (NDLR : au lieu de C3 et qui ont su s adapter à la sècheresse avec une photosynthèse plus efficace). En fonction du litrage que l’on donne, on aura une plus ou moins grosse production de biomasse et une autre plante ne fera pas ça. À l’inverse, pas besoin d’arrosage pour le tournesol, c’est frugal. Donc ici, en fonction de l’écosystème actuel, si je n’arrose pas je ne récolte pas. Là l’effet micro climatique des arbres est indispensable.

Et je déconseille les produits hydrorétenteurs car ils contiennent du polyacrylamide de potassium. Préférer travailler avec des mycorhyzes, avec du vivant, elles sont capables d’aller chercher l’eau dans la microporosité du sol. Elles sont plus fines que les poils absorbants des racines d’une plante. Il vaut mieux travailler avec les plantes et avec l’écosystème.

J’utilise deux types de système de paillis : au maximum du paillage, du mulch nourricier au potager mais là je suis limité par la ressource. Et je fais donc aussi du binage en fonction des cultures : sur les grandes cultures notamment, tournesol, maïs, je bine : travail superficiel en traction animale. Et je fais des cultures fourragères pour avoir des ressources en biomasse pour pouvoir pailler et j’ai aussi recours à des ressources qui viennent de l’extérieur.

Il est important de réfléchir sur la cohérence de nos systèmes (NDLR : et résilience de nos systèmes), j’arrive à produire mes ressources en biomasse chez moi. Parce que le jour où tout le monde paille, même en agriculture, la ressource va manquer.

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Q. : Qu’est ce que la biomasse ?

C’est la MO qu’on met sur le sol : les feuilles, la paille, les tontes.

Q. : Qu’est-ce que le binage ?

On dit qu’un binage vaut deux arrosages. C’est lié au fait que quand on a un sol un peu battant, on a pas mal d’évapotranspiration capillaire du sol, et si on décroûte le sol autour de la plante, on casse l’évapotranspiration.

(NDLR : dans le sol il y a des films d’eau, si on paille, les films d’eau s’arrêtent sous le paillage et maintiennent le sol humide ; si le sol est nu, les films d’eau traverse la croûte terrestre et s’évaporent, d’où l’assèchement des sols)

Et l’idée du binage c’est aussi la maîtrise de l’enherbement pour limiter la concurrence des spontanées avec nos cultures ; c’est du travail intensif car on doit passer régulièrement. On pourrait très bien biner et pailler ensuite.

Q. : Qu’est ce qu’un sol battant ?

Après la pluie, c’est un sol qui est brillant, compacté, cimenté, où l’eau stagne, et lié à la nature du sol, à sa granulométrie, en particulier les sols limoneux. Une goutte d’eau tombe sur le sol, avec le splach ça met en suspension des particules fines et plus fines. Les moins fines retombent en premier, puis les plus fines, et ça fait une couche qui sèche ensuite et c’est pris en masse sur quelques millimètres. La battance touche particulièrement les sols nus.

Un sol argileux ne réagit pas pareil. Dans un sol argileux il y a le complexe argilo humique CAH ou complexe organo-minéral (COM car des fois ce n’est pas que de l’argile, cela dépend des sols), c à d entre les humus et les particules d’argile : il y a des ponts que sont le magnesium Mg, le calcium Ca.

C’est la base de la stabilité du sol, de la fertilité du sol, le garde-manger du sol : ça stocke la nourriture pour les plantes. L’argile ne réagit pas pareil. Si il y a suffisamment d humus (l’humus c’est toute la matière organique MO tombée au sol et digérée par la vie du sol, avec des éléments minéraux qui sont relâchés à un moment et constitutifs de la MO, donc de l’azote, du phosphore, du potassium, magnésium,… et au bout, le reste du reste, c’est ce qu’on appelle de l’humus : molécules complexes, c’est une chaîne complexe assez longue de taille de l’ordre du nanomètre) l’humus va se lier à l’argile, pour faire le COM. L’humus est l’aboutissement de la dégradation de la MO.

Donc au départ matière brute, puis relargage d’éléments minéraux, c est pour ça que quand on met une litière sur un mulch nourricier, on va avoir un premier relargage d’éléments minéraux (minéralisation primaire) en fonction de l’activité biologique et de la température aussi, et après l’humus qui est un réservoir car chaque année, entre 1 et 2% de l’humus est dégradé par des bactéries et qui va relarguer de nouveaux minéraux (minéralisation secondaire). C’est le garde-manger, mais ça met du temps, c’est lié à la température, à l’hygrométrie. L’histoire de la fertilité du sol, c’est cela. Si on travaille sur des agroécosystèmes, on va privilégier ces phénomènes.

Si on met beaucoup de MO sur un sol qui n’est pas très vivant, pour ne pas dire mort, en fait il y a besoin d’azote pour pouvoir lancer les microorganismes. En grande culture conventionnelle, en technique de conservation des sols, des exploitations qui basculent sur des semis directs sur couvert où on a des sols pas assez vivants, ont été obligé d’amener de l’azote minérale pour lancer le truc au démarrage. Si on regarde les feuilles là, plus c’est vert et plus cela contient de l’azote, c à d que la proportion d’azote par rapport au carbone se modifie en fonction du stade de développement de la plante. C’est pour cela que dans les couverts végétaux, si je mets un mulch là je suis en début de saison, j’ai mis mes tomates, pour qu’elles aient de l’azote, je vais mettre de la tonte de gazon. Alors que si je travaille plus sur la feuille morte et la paille, je travaille plus sur la partie carbone et je vais privilégier les champignons. Après, globalement, sur la saison, il faut les 2.

L’urine au jardin, un excellent fertilisant écologique : http://jardinonssolvivant.fr/et-si-nous-mettions-de-lurine-dans-larrosoir-par-christophe-gatineau/

Diluer l’urine à 25% avec de l’eau et utiliser sans attendre sinon se transforme en ammoniaque.

Q. : Qu’est ce que le complexe organo-minéral COM ?

Le COM est composé de l’argile, qui a une charge négative, de molécules d’humus, qui sont aussi à charge négative, et de ce qui va relier les deux, qui a une charge positive donc, de calcium (Ca++), de magnésium (Mg++), de tous les éléments minéraux, ainsi que des oligoéléments comme le fer, le zinc, le cuivre,…

CAH-ou-COM

Q. : le calcium se trouve où dans le sol ?

Il peut venir de la roche mère alors il y a des sols peu pourvu en calcium. Et puis il y a différente forme de calcium : la roche, le calcaire total, le calcaire actif. En agriculture, on parle de chaulage : c’est rajouter de la chaux, du calcaire, sur les sols acides Ph 4 à 5 : à éviter car le Ph va remonter puis redescendre. Le problème du chaulage de redressement : on a un sol Ph 4, on veut remonter à 5 1/2, on va mettre tant de chaux éteinte, mais le problème quand on fait cela, on remonte d’1 point 1/2 le Ph : la vie du sol en prend un coup !

On peut amener du calcaire mais sous forme plus grossière, et après couvert végétaux, engrais verts qui vont remobiliser du calcium. On ne connait pas tout sur le calcium, il y a des théories sur les transmutations d’éléments biologiques, d’éléments minéraux.

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Des arbres de la famille des Moraceae, les Irokos, ont la capacité de créer du calcaire, à partir du carbone.

Donc si on met du vivant, il y aura rééquilibrage, c’est l’histoire des plantes bio-indicatrices : si on laisse des plantes pousser spontanément, des graines vont lever car les conditions sont favorables à la levée de dormance de la graine. Elles nous donnent une indication sur l’état du sol, elles ne sont pas là pour rien, elles contribuent à ramener le sol vers un état d’équilibre, c à d vers la forêt (ça met 40 à 50 ans minimum)

8- les élevages

Les animaux : lien fort avec la vie du sol : amènent de l’azote.

Certains effets sont favorables de la part des ruminants : vaches, chèvres, brebis, … : effets intéressants sur la transformation de la MO du fait de leurs panses où énormément de micro-organismes dans les déjections qui transforment la matière brute. À tel point que certaines civilisations, comme en Inde, où on utilise les excréments de la vache pour faire des préparations naturelles, solutions microbiennes, où on va cultiver les micro-organismes pour ensuite les remettre sur les cultures et dans le sol. C’est « panchagavya » une recette à base des 5 produits purificateurs ayurvédiques : bouse de vache, lait de vache, urine, beurre clarifié, yaourt, et ensuite on pulvérise. Cette recette date des manuscrits ayurvédiques.

NDLR : traditionnellement utilisé dans les rites de purification ou de réparation de faute, mais sert en agriculture, voir ici mode d’emploi Kokopelli : https://issuu.com/kokopelli-semences/docs/promoteurs_de_croissance_liquides_-

La fiente de poule est très riche en azote. La cohabitation poule, oie, canard avec un verger est intéressante car ils vont manger un certain nombre de parasites comme le ver de la pomme, le carpocapse, et bien d’autres avantages encore…

9- Plan de la ferme

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Le plan est réalisé selon la technique du zonage en permaculture, de la zone I à la zone IV, sur les 6 hectares au total. La zone IV est le bois avec du robinier faux acacia, du châtaignier, des frênes appréciés par le cheval. Le frêne est une sacrée ressource : fourrage pour les animaux, bois, feuille, et la fameuse frênette ou cidre de frêne (boisson légèrement alcoolisée)…

Les zones III et IV servent au pâturage, pâturage tournant. Par contre, ici, nous avons trop d’animaux par rapport à la ressource, donc on a du surpâturage : 7 brebis et plein d’agneaux, 2 ânes, 1 cheval de trait breton né dans le coin qui cause le surpâturage, il demande plus d’1 hectare…, la propriétaire l’amenait à l’abattoir donc on l’a sauvé… L’idée c’était de se passer du tracteur et passer en traction animale ; j’ai donc fait une trentaine d’heure de formation de dressage mais ce n’est pas encore tout à fait au point, il s’emballe des fois. Les ânes aussi font de la traction.

En zone III on a des prés vergers, on associe des arbres fruitiers avec du pâturage.

Puis nous avons un tunnel de maraîchage de 50 mètres de long dont on ne se sert que de la moitié, l’autre moitié pour stocker le matériel. On y fait pousser les légumes sur des buttes permanentes paillées et donc pas de travail de sol. C’est pour nous nourrir : c’est le principe de l’autonomie, nous nous nourrissons et si nous avons des excédents commercialisables, nous les vendons, sinon, nous avons aussi un cochon qui s’en occupe. Le cochon ce n’est pas pour le manger, c’est par exemple pour finir de récolter les pommes de terre pour lui-même, et puis on laboure au cochon même si il cause des problèmes de tassement, au moins il mange tout. C’est une femelle, elle est complètement apprivoisée et ne montre aucun signe d’agressivité. On cherche un verrat pour la reproduction.

Ici sur le quadrillage entre la zone III et II, un jardin pédagogique pour expérimenter diverses techniques, et le quadrillage n’est pas fait au hasard.

Enfin, la zone II avec différente couleur, il y a des haies, c’est la zone d’agroforesterie avec différentes cultures : potager, céréales, fourragères, maïs, tournesol. On y est en plein vent d’autan. Quand on plante des arbres on met du carton, du compost, mais ça pousse lentement par manque de richesse du sol. Et puis avec la tempête de grêle et de vent de la semaine dernière on a perdu un plaqueminier, c’était un longue tige et il a cassé.

Par contre c’est vrai qu’on a des zones ingrates avec les boulbènes, et on a aussi du grep qui est une zone d’accumulation naturelle qui s’est faite depuis des millions d’années : migration d’argile avec du manganèse, du fer, etc et ça forme des concrétions que les racines des plantes ont du mal à passer et quand il pleut, ça se remplit et puis ça dégouline, ça forme des nappes perchées. Je n’étais pas mécontent d’avoir fait les buttes dans le tunnel, car la première année on avait 10 cm d’eau entre les buttes, cependant on a eu des ails et des oignons magnifiques. Voilà on a des zones sèches l’été et inondées en automne, hiver. Les pêchers ne tiennent pas ici, par contre on a des abricotiers qui se plaisent. Je ne peux pas tout cultiver, mais je compte sur les arbres pour passer à travers le grep et arriver sur d’autres couches.

On a des secteurs pleins de cailloux. Une année j’ai fait pousser du seigle il était superbe, c’est là qu’on a mis le potager du coup, mais plus on allait vers le fond, plus le seigle était bas et plus on allait vers la descente, et plus il était également bas. Donc on a mis le potager au point stratégique, au milieu où ça poussait le mieux. Après, on peut aussi observer les spontanées.

À force d’engrais verts ça s’améliorent.

Nous avons deux mares qui étaient déjà là quand on est arrivé, avec une source qui normalement n’est jamais à sec, ce qui constitue des interfaces intéressantes entre les milieux humides et secs, qui favorisent les lisières. L’histoire des bordures et des lisières en permaculture c’est que c’est un passage entre deux milieux où on retrouve une grande biodiversité.

Pour l’arrosage, on travaille avec un puit et une pompe immergée à 21 mètres. Quand on était en aspertion deux fois par jour on le vidait. J’ai du descendre la pompe de 2 mètres car le niveau de la nappe a baissé. On a aussi l’eau de ville qui sert plutôt pour la maison, et plusieurs tonnes à eau pour abreuver les animaux l’été.

En agroécologie, c’est comme en permaculture, on travaille en valorisant les ressources locales, donc local, ça peut être la ferme mais le but ce n’est pas d’être en autarcie, donc on travaille aussi avec les autres autour de nous. Tout seul, on n’est rien.

Cette année on a fait des céréales, d’habitude on faisait venir une moissonneuse batteuse qui nous flinguait un arbre par an donc on a arrêté et cette année on a fait en commun avec un voisin. On a semé des mélanges des variétés anciennes et on travaillera ensemble pour la récolte.

10- Les équipements économes :

À la main, motoculteur, petit tracteur et traction animale. L’idée d’autonomie c’est de travailler sur la résilience par rapport au pétrole et donc la traction animale est indispensable. J’ai envie de dire que c’est l’avenir de l’agriculture.

11- Les savoir-faire paysans :

Toutes nos pratiques sont basées sur des savoir-faire paysans ou jardiniers, on ne réinvente pas les choses. L’agroécologie ce n’est pas né d’aujourd’hui.

12 – La connaissance scientifique :

Les pratiques millénaires sont éclairées par la connaissance scientifique ce qui permet d’améliorer certaines choses transmises par le passé. Et donc c’est un aller-retour avec les savoir-faire paysans sans lesquels pas de connaissance scientifique.

Chaque année on reçoit 1 ou 2 paysans qui vient d’Afrique ou d’Amérique latine dans le cadre des échanges avec le centre de formation. Ils viennent voir ce qu’on fait ici et quand on discute on s’aperçoit que dans certaines régions là-bas, ils font pareil que nous, aussi en Amazonie. Il existe un socle commun de pratiques lié au savoir-faire paysan même si rigoureusement on utilise des techniques différentes, c’est comme une boîte à outil où on va utiliser la clef de 12 là, la clef de 10 ici parce que là on a un écosystème et ici il y en a un autre : pas le même sol, pas argileux, pas exposé pareil, mais la même boîte à outil, le socle commun.

Q. : est-ce que le grep c’est la même chose que la marne ?

Non, la marne est une roche mère argileuse et calcaire. Le grep est lié à des phénomènes d’accumulation et de migration d’éléments dans le sol au fil du temps. Les 2 sont imperméables et durs

Q. : on parle de battante sur sol limoneux, mais moi je pensais qu’un sol limoneux était un bon sol, puisque ce sont des alluvions ?

Limoneux : de limons : c’est granulométrique ce n’est pas de nature minéralogique.

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Dans le bocal ici, réalisation du test de granulométrie en bocal, vous avez les différentes strates de couleurs et les différents éléments minéraux du sol. Les limons dont on parle en vallée du Nil ce n’est pas la même définition que ça. Ce dont je parle c’est quand vous faites une analyse de sol par un laboratoire, ils vont tout tamiser à 2 mm, puis ils classent les particules minérales qu’ils trouvent par catégories : il y a des sables, sables grossiers, puis sables fins, puis limons grossiers, puis des limons fins, et enfin, les argiles qui sont de l’ordre du nanomètre : c’est ce qu’on appelle la texture du sol. La structure c’est la façon dont c’est agencé.

Une fois on est allé dans le champ et on a creusé à 4 ou 5 mètres où on a nos cultures et à 1m20 à peu près on est tombé sur une couche de calcaire pur blanc. Les racines des châtaigniers sont sous cette couche de calcaire sinon par dessus, ils meurent.

Ce qui flotte en haut du bocal c’est la MO.

C’est un simple test de granulométrie où on estime de façon grossière les proportions des différents éléments pour avoir un ordre de grandeur. L’analyse elle donne des résultats plus poussés en poids, en pourcentage, en fraction.

Il existe aussi le test du pâton pour les terres argileuses. Si on arrive à faire un boudin on est à 10%, si on fait un anneau on est à 15%

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On voit dans ce bocal qu’en proportion, il y a peu d argile mais surtout 2 types de limon, et après les sables. Donc ici, limoneux sableux. Ces types de sol, on sait les localiser : c’est lié à la dynamique des Pyrénées et où coulait l’Ariège. Le sol dominant limoneux et acide se dénomme régionalement « boulbène » et la teneur en argile dépend de la profondeur du sol.

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Sur le schéma, on a l’Ariège qui au départ se situait plus haut, ça a creusé et ça a plus ou moins marqué des terrasses. Au bord de l’Ariège on est sur des secteurs nommés « alluvions récentes » ce sont des sols sableux et jusqu’à 60% de sable par endroit.

Au-dessus, ce sont des terrasses car il y a longtemps il y avait une mer et quand elle s’est retirée, le sol a été exposé à l’érosion et on a plus de limon car le sable s’est effrité.

Après en bord de certains cours d’eau on trouve les colluvions, on y trouve plus d’argile jusqu’à 20% parce que le cours d’eau en sortant a ramené les éléments fins, il a ramené de l’argile et là c’est un sol riche. On retrouve aussi des colluvions en bas du côteau et là, ici, c’est de l’argilo calcaire bien que des fois c’est pas calcaire, ça dépend de la roche mère : ce sont les terre-forts qui récupèrent l’argile de l’érosion du côteau.

Après il n y a pas de bon ou mauvais sol ; tout sol a des avantages et des inconvénients.

Un sol peut avoir les caractéristiques de la roche mère, et peut avoir d’autres caractéristiques comme les sols d’alluvions provenant de la montagne : il y avait des glaciers, ils ont fondu, il y avait des torrents qui ont charrié des blocs ; plus on va vers Foix, vers la montagne, plus on trouve des gros blocs, et plus on va vers les les prairies plus ce sera fin.

Conclusion de cette première partie de la matinée :

Ça fait beaucoup d’infos à digérer ! On va prendre l’air et poursuivre dehors :

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Voici un composteur mais uniquement pour feuille, c’est pour faire du terreau au bout de 2 ou 3 ans en le maintenant bien humide. Je le laisse ouvert pour que l’eau de pluie tombe dedans. En-dessous, il commence à être noir, bien mûr. L’idée est de s’en servir comme un terreau. Ce n’est pas du compost qui est trop riche.

Le compost de feuilles donne un terreau car contient de la lignine. Toutes les feuilles peuvent être utilisées, il faut expérimenter. Pas de tonte.

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Ici, c’est un lombricomposteur qui donne le vermicompost. Il y finit ce que le cochon ne mange pas, et que l’un des premiers artisans du sol va décomposer : le ver rouge du fumier. Donc on donne peaux de banane, coquilles d’oeufs broyées, un peu d’agrume, des coquilles de noix … D’abord on ensemence de vers le fond du bidon car il n’y a pas de contact avec le sol. On y trouve aussi beaucoup de cloportes et, là les minuscules bestioles blanches, ce sont les colemboles. Voici donc quelques artisans qui décomposent la matière organique et qui sont présents naturellement. Là il y en a beaucoup car c’est concentré au même endroit. Il y a un trou dans le fond pour que l’eau de pluie puisse s’écouler sans noyer tout ce petit monde, et je le bouche avec un peu de paille pour éviter le dessèchement. Cette technique permet entre autre de récupérer le jus du vermicompost, très riche et utile pour les plantes vertes, bon engrais organique. Donc il est situé dehors, à l’air libre et à l’ombre et depuis quelques années sans qu’on ait eu besoin de compost pour le moment.

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Si on creuse, ça grouille, ce sont les vers du potager, et dessous, on a un compost bien noir, de très bonne qualité, qu’il faudra tamiser pour trier et sécher un peu. La structure est très très grumeleuse, ce qui est lié complètement à l’activité des vers. D’ailleurs, le COM se crée dans l’intestin des vers de terre, pas les vers rouges, mais les lombrics, les gros laboureurs qui remontent la nuit. Grâce à des bactéries c’est assemblé dans leur estomac et cela ressort sous forme de turicules, terre riche, d’où l’importance de tous ces êtres vivants. Les limaces ont également un rôle de décomposeur dans la nature. On connaît à peine 10% de la vie du sol, des phénomènes et des êtres vivants, selon des chercheurs.

Ce vermicompost est riche, pour des courges, culture gourmande, par exemple, on en répandra 3kg par mètre carré.

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Les courges et courgettes sont sur un tas de compost qui était déjà là quand on est arrivé. Au départ on achète la semence semée en godet, puis on la transplante. L’ortie témoigne de la richesse en azote, on dit que c’est une plante nitrophile. Ici, la bâche, c’est une façon de cultiver, c’est parce que j’avais une bâche d’ensilage sous la main. D’habitude je passe un coup de débroussailleuse, on repaille derrière,… là cette année j’avais cette bâche qui avait servi à faire mourir de la végétation, technique d’occultation, toute trouée car les chiens ont chassé les rats taupiers. Donc on a planté dans les trous et on a mis par-dessous toutes les spontanées, lamier pourpre, mouron blanc, toutes les herbes hautes… qui poussaient à côté et qu’on a fauchées, ça fait plein de MO qui va se décomposer rapidement avec la chaleur. Voilà donc le sol n’est pas du tout travaillé et ça produit bien. L’an passé on a fait 250kg de courges avec 40 courges en ligne tous les mètres avec une pelleté de fumier pour chaque. Pas compliqué : accumulation de MO. Bon là elles ont pris la grêle de la semaine dernière, j’ai donc fait une préparation pour les soigner, notamment préparation naturelle fongicide car là, dès que la chaleur va arriver, les champignons vont suivre. Sur des blessures comme ça, il faut tout de suite mettre une protection fongicide, donc de l’extrait fermenté de bardane, de la prêle, et du macérât huileux d’ail que j’ai préparé moi-même. Ensuite pour l’arrosage, j’ai une cuve d’eau à l’étage raccordé aux tuyaux et je balance 1000 litres d’eau 2 à 3 fois dans la saison et ça suffit. Ça fait 4 ans qu’on fait les courges sur ce tas de compost et après les spontanées reviennent et servent de couvert végétal.

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Il y a plusieurs variétés : cucurbita maxima genre potiron bleu de Hongrie, des courges musquées qui sont des espèces différentes et donc aucun risque qu’ils s’hybrident. Par contre si je fais la musquée de Provence et la butternet côte à côte, ce sont toutes deux des moscatas, et là elles vont s’hybrider. Nous avons aussi des courgettes, cucurbita pepo. Après on peut faire de la pollinisation manuelle pour assurer ses semences : là on a une fleur mâle ouverte ce matin donc le pollen n’et plus viable. Les fleurs mâles qui vont s’ouvrir le lendemain matin se reconnaissent la veille au soir car sur les bords , les lèvres vont gonfler et on va voir le orangé. Du coup on la tient fermée avec une pince à linge ou du scotch de tapissier. Puis on trouve une fleur femelle et on la ferme également. Les fleurs femelles sont celles qui n’ont pas de tige et qui comporte le renflement de la mini courgette à la base. La courgette est dioïque, c’est à dire qu’on a les deux sexes sur le même pied. Et le matin avant que le soleil se lève et avant que les pollinisateurs arrivent. On rouvre la fleur femelle, on prend la fleur mâle et on enlève les pétales, et on tartine à l’intérieur de la fleur femelle, puis on referme la fleur femelle. Et là on la marque pour ne pas la manger. Donc on va observer son évolution : normalement les pétales vont se faner et la courgette va commencer à grossir et on pourra récupérer les graines en fin de saison, vers octobre, en ayant conservé la variété. Si j’ai râté la pollinisation, l’année suivante les graines ne donneront pas la variété voulue mais un croisement, par exemple moitié jaune et moitié vert.

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Ici, alors ce n’est pas le fruit de l’arbre 🙂 C’est habité par des insectes. Cet arbre est un prunier qui est mort et on ne savait pas trop pourquoi. Nous sommes sur un verger fermé en début de printemps avec une clôture électrique, car on a des animaux, notamment les brebis qui attaquent l’écorce dès qu’il y a les feuilles sinon, elles sentent la sève circuler et elles vont grignoter l’écorce.

Cet arbre, c’est un peu particulier, l’explication de sa mort viendrait d’un problème électro-magnétique. C’est de la géobiologie. On voit bien qu’il est déséquilibré, ici il y aurait une cheminée tellurique. On peut la détecter. Il y a aussi des pêchers qui sont morts. L’abricotier se porte le mieux. Bon il y a différents arbres. Ici avant il y a avait des chevaux et c’est plein de sable.

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Par là, transition, voici un autre jardin. C’est un jardin pédagogique, c’est le quadrillage que l’on a vu sur le plan de la ferme. Il y a des buttes sandwich dans les carrés en bois. Ce jardin est en rectangles qui ne sont pas faits au hasard. On a établi ces rectangles sur ce qu’on appelle les zones neutres du  réseau Hartmann, selon l’étude des phénomènes électromagnétiques appelée géobiologie. Des émanations électromagnétiques viennent du noyau terrestre à travers le zinc ou le cuivre. Il y a un quadrillage naturel qui sont des champs électromagnétiques orientés nord-sud et est-ouest distants de 2m à 2m50. Donc on a des murs électromagnétiques qu’on peut détecter avec des géomagnétomètres assez onéreux, ou alors avec des outils de sourciers comme ce lobe-antenne.

Donc l’idée de ce jardin est de montrer qu’il existe des choses invisibles qui ont une incidence sur le vivant. Certains phénomènes électromagnétiques sont géopathogènes pour les êtres vivants animaux ou végétaux et on pense que ce prunier est mort à cause d’un phénomène géomagnétique.

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Aussi, ce lobe-antenne peut être un bon outil pour planter un arbre au bon endroit, pour détecter les noeuds du réseau Hartmann et si en plus il y a une faille dessous avec de l’eau souterraine, on assiste à un autre phénomène électromagnétique et l’accumulation peut être nocive. Ça peut être un outil complémentaire pour la conception d’un jardin. Il existe d’autres outils.

Les animaux détectent les phénomènes électromagnétiques.

Le principe : je vide ma tête et je me déplace nord-sud ou est-ouest pour détecter ces endroits où sont les murs, et je me focalise sur ça car il peut y avoir d’autres trucs.

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Voilà, là où sont les murs j’ai débroussaillé. N’importe qui trouvera les murs au même endroit, mais on réagit plus ou moins pareil. Donc ici, le mur sera le chemin. Je ne fais ça que sur ce jardin expérimental, à titre pédagogique, car si je m’amuse à faire du réseau Hartmann partout, je vais perdre du temps et de la place. Aux noeuds, aux croisements, il peut y avoir des effets : il y a des noeuds nanifiant, d’autres qui font des végétaux énormes. Il y a d’autres choses en géobiologie, des gens sont formés à cela et qui vont détecter des choses. Ca vaut le coup parfois de faire un diagnostic, une étude préalable. Là cet arbre est mort, bon c’est peut-être dû à une maladie fongique ou autre, mais un géologue est venu et m’a confirmé qu’il y a une cheminée tellurique, on le voit au port de l’arbre, la partie gauche est plus petite que la partie droite. L’arbre sort de l’influence géopathogène, il se penche. Il pousse sur le bord d’un champs magnétique et il va tourner, contourner pour partir vers une zone plus favorable.

Pour les ruches, il faut faire attention à bien les positionner, les abeilles sont très sensibles aux influences énergétiques. Éric Petiot, qui a écrit entre autre « agriculture énergétique » faisait des bonsaïs sur les noeuds nanifiants.

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Donc dans ce jardin pédagogique, les carrés potagers sont placés en fonction du réseau Hartman et ceux qui contiennent les engrais verts sont des zones neutres. Ces carrés sont des buttes sandwich, nom donné par Robert Morez qui a mis ça au point en Afrique du Nord : on a creusé sur 35 cm et mis la terre de côté sur une bâche pour la trier (cailloux, herbes indésirées), puis on a rangé du bois (sec, ou vert, ou pourri, carbone sous forme lignine) de diamètre moins de 7cm au fond jusqu’au niveau du sol (histoire de rapport carbone sur azote), puis recouvert de broyat mais pas de sciure, bien tasser, bien mouiller, puis pailler ou étaler des feuilles mortes (carbone sous forme cellulose pour les bactéries), matière verte et/ou fumier bien décomposés (azote pour éviter une éventuelle faim d’azote), puis on a remis la terre. Le bois sert d’éponge. La première année il faut bien arroser. Et enfin, on la paille. Et on peut planter tout de suite. On ne tasse plus après avoir mis les broyats pour laisser un peu d’air. Si on a un sol sans air, les produits des micro organismes qui travaillent en anaérobiose ne sont pas bons pour les cultures agronomiquement, il faut favoriser les micro organismes qui travaillent en aérobie. Sauf certaines méthodes particulières, comme le compost bokashi où on travaille avec la facto fermentation. Donc quand on remue la terre ainsi, on active les bactéries minéralisatrices, les fabricantes d humus.

Ensuite, plus on diversifie les apports au sol avec des plantes de nature et d’âge différents et plus c’est intéressant pour la vie du sol car on travaille sur la diversité. Les plantes plus âgées sont riches en lignine alors que les planches plus jeunes sont plus riches en cellulose.

Nous avons eu recours à cette façon de procéder car il y a une plante qui pousse partout : la potentille rampante qui indique un sol hydromorphe, c’est à dire un sol qui se sature vite en eau car il y a du grep dessous. Les engrais verts ne prennent pas le dessus sur la potentille. Il faut l’enlever régulièrement. Le liseron aussi, nous avions mis des fraises et nous avons dû les déplacer. Le BRF est à éviter sur un sol hydromorphe. La ronce est le berceau du chêne, dans la succession écologique, des ronces émergent des arbres. D’où les cultures sur buttes.

Ici, du chénopode bon Henri, avec sa racine pivotante, cousin des épinards et de la quinoa.

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Dans d’autres carrés quelques pieds de tomates qui ont résisté à la grêle et aux gelées. Elles ont une fleur parfaite avec un faisceau d’étamines autour du pistil, autogames, elles s’autofécondent grâce à des insectes qui vont dessus et la font vibrer à la bonne fréquence pour faire tomber le pollen. D’ailleurs à une époque il y a des gens qui étaient payés pour les faire vibrer ; des maraîchers le matin favorisent la fécondation en secouant les tuteurs. Elles peuvent se croiser selon la morphologie de la fleur. Sur les variétés anciennes, le stigmate sort et cela peut occasionner des pollinisation croisées. Cela dépend donc de la variété et aussi de la température, de l’altitude, des insectes pollinisateurs.

On dit qu’on a entre 3 à 5% d’hybridation naturelle par an selon Kokopelli, ces dernières années des fois on a plus jusqu’à 15/20%. Nous gardons nos semences et il est arrivé qu’au lieu d’avoir une belle tomate conforme à ses parents, on a eu autre chose. On peut protéger la pureté variétale des semences en appliquant un sachet d’organza sur les fleurs allélogames, ou encore des filets à insectes.

Nous n’enlevons pas les gourmands des tomates à l’extérieur, quelle que soit la variété. Par contre sous serre ayant moins de place, on les enlève. Cela ne change rien à la productivité, disons que c’est fouillis et du coup un risque de manque d aération et de maladie. Cela hâte simplement la fructification.

La tomate est un légume buissonnant. Nous cultivons la tomate plein champs sur des grilles ou du grillage, comme Pierre Rabhi qui a du treillis à béton coudé sur les côtés et sur lesquels les tomates poussent et passent à travers.

Ici, nous avons des choux raves mais ils ont pris la grêle.

Là, ce sont des bouts de bois qu’on a introduit au moment de la fabrication de la butte pour permettre un arrosage ciblé, et certains bouts de bois ont fait bouture, comme ce pommier qui repart, et là-bas plus loin, c’est la glycine qui repart.

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Et revoici des engrais verts : ceux qui ont le mieux marché parce que c’était un mélange, et non un engrais monospécifique. C’est une règle d’ailleurs en matière de biodiversité, et on y trouve le pois fourrager, le trèfle incarnat en plus très joli, très intéressant, un annuel très cultivé autrefois et que j ai laissé monté en fleur pour les pollinisateurs. ici, la phacélie, le lupin, le trèfle d’Alexandrie, la moutarde, le sarrasin allélopathique pour la potentille, on aurait pu mettre des céréales. Puis ont les fauche avant qu’ils montent à graine si il n ont pas gelé, et on paille par dessus.

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1- agroécosystème : « système » est important : le vivant

2- techniques de travail du sol : respectueuses de la vie du sol

3- fertilité : différent moyen de fertilisation

4- les soins naturels : les plantes au service des plantes

5- les semences : anciennes ; adaptabilité des semences

6- Rotation et association de culture : assolement

7- la gestion de l’eau : ni trop ni pas assez

8- les élevages : essentiels dans un agroécosystème complet

9- Plan de la ferme : observer pour un design intelligent 

10- Les équipements économes : recyclage

11- Les savoir-faire paysans : savoirs et transmission

12 – La connaissance scientifique : enseignements, culture

RÉFLEXION AUTOUR DE L’HABITATION

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Rappelons-nous la définition de la Permaculture : c’est l’art de concevoir des habitats humains durables.

Un des éléments essentiels dans l’habitat humain durable, c’est le logement : une maison respectueuse de son environnement, sobre, qui tend vers une efficacité énergétique autonome, et qui ne produise pas de déchets en cas de destruction, sans recours à un procédé de recyclage particulier. 

Nous devons observer et réfléchir à toutes les manières d’agencer notre habitat avant de nous lancer dans ce chantier ; nous devons établir le design de notre habitat en étudiant les différentes synergies possibles entre tous les éléments.

Une maison conçue avec la permaculture est une maison faite pour vivre et pourquoi pas, travailler : comprenant les zones de vie personnelle et de vie professionnelle. Elle doit se fondre dans le jardin duquel elle fait partie intégrante, en présentant par exemple un toit végétalisé, des plantes grimpantes, ou en étant semi-enterrée, si on s’auto-construit à la campagne, tout en étant éco-compatible avec la nouvelle RT 2012…

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Elle se situe en zone 0. Pour explication sur les zones, je vous renvoie sur cet article https://lostas1onearth.wordpress.com/2015/04/01/le-zonage-ou-planification-permaculturelle-du-paysage/  

Sa forme et son orientation dépendront du climat. Par exemple, en climat sec et très chaud, des tonnelles de grimpantes seront adossées à l’habitat et un puits provençal trouvera sa place.

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Habitation bioclimatique, elle est orientée en fonction de la course du soleil ce qui réduit considérablement les besoins en énergie et en lumière. Les pièces, ouvertures, portes et fenêtres sont placées stratégiquement afin de garder le frais en été et ne pas provoquer de déperdition de chaleur en hiver, tout en offrant de beaux points de vue sur l’extérieur. Par exemple, la mare sera placée devant la fenêtre de la cuisine, des haies brise-vent seront prévues, au nord se trouvera un bois.

Elle tiendra compte de la topographie du lieu, et pour cela, se référer à une carte IGN. Sur un terrain en pente par exemple un coteau, ou un flanc de montagne, on évitera le bas de la pente où le froid est concentré, et on évitera aussi le haut de la pente, surtout s’il n’y a aucun arbre, où les vents dominent. L‘endroit le plus favorable d’une pente est ce qu’on appelle la “ceinture thermique” connue en agriculture et en botanique pour l’étude des flores, c’est à dire au milieu, entre le haut et le bas de la pente.

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Pour favoriser l’écoulement de l’eau, opter pour un terrain en pente jusque 13% est judicieux et permet de bénéficier d’un drainage naturel. Prévoir alors le stockage de l’eau dans des citernes, ou des bassins de grande capacité qui seront creusés pour la recevoir.

Une réflexion sur le recyclage des eaux usées mènera à la phytoépuration.

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Une autre portera sur l’installation de toilettes sèches pour le retour à la terre nourricière de nos matières organiques.

On prendra garde à la course du vent qui peut être accélérée entre deux flancs de colline, et moins important de l’autre côté de la colline. L’installation d’une éolienne pourra être étudiée.

La taille de l’habitat est également facteur de consommation énergétique, car plus il est grand, plus il consomme.

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L’habitat est un lieu tempéré qui protège du vent, du froid, de l’eau, de la chaleur. Il est fabriqué suivant des technologies simples, en bois, terre et paille. C’est tellement glorifiant que de savoir construire et réparer soi-même sa maison. Et c’est créateur de lien social si des chantiers participatifs sont proposés afin d’obtenir de l’aide et en retour transmettre son savoir-faire. N’oublions pas que coopérer fait partie de notre instinct de survie depuis la nuit des temps.

L’habitat présente un accès facile pour le port de la charpente et des coffrages en bois locaux de préférence et gérés. Le chemin qui mène de l’extérieur à l’intérieur est pensé pour laisser la boue dehors avec un porte-vêtement et un coin eau qui servira à laver bottes et légumes. On y trouvera aussi les différents stockages tels que lombricompost dissimulés sous des bancs, culture de champignons, réserve de bois à brûler avec un accès direct extérieur – intérieur, et pourquoi pas, une zone de stockage des aliments, cuisson des confitures, stérilisations, ainsi que les claies de séchage des plantes, les boîtes de stockage des graines, le coin à compost si on en désire un, le coin lingerie avec machine à laver à pédale. Un petit établi pourrait s’intégrer. On prendra soin de bien repérer les différents conduits des différents éléments qui seront ensuite intégrés dans les murs en terre-paille.

Le chauffage ainsi que la cuisinière et la production d’eau chaude seront assurés par un poêle en rocket-stove. C’est un procédé simple, au coût très abordable, que l’on peut aisément auto-construire et donc réparer soi-même.

MAISON-ROCKET-STOVE

On peut aussi penser à générer de la biomasse, fabriquer des panneaux solaires thermiques, un chauffe-eau solaire, …etc, tout ce qui rendra notre maison autonome.

Un exemple de maison auto-suffisante est la maison autonome de Patrick et Brigitte BARONNET. http://www.heol2.org/

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Pour assurer lumière de la nuit, fraîcheur en été, chaleur en hiver, fonctionnement des appareils électriques, un mélange photovoltaique, éolienne, puits canadien, thermosiphon, bois, et pourquoi pas hydrolienne de rivière peuvent être pensés.

L’habitation utilise des matériaux sains qui ne sont pas nocifs pour la santé, trouvés sur place ou dans les alentours, de récupération et recyclables, et sans avoir recours à des énergies fossiles ou à des matériaux se raréfiant (sable entrant dans le béton si moche).

Elle peut se trouver en ville bien que ce ne soit pas le meilleur endroit pour s’installer mais offre des possibilités de recyclage facilement trouvables.

La campagne est de loin à privilégier,  à l’exemple de Simon Dale et de son habitat intégré.

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Enfin, n’omettons pas qu’en installant notre habitat, on va créer des micro-climats favorables à telle ou telle culture, car l’autonomie comprend un verger-potager auto-suffisant ou visant l’auto-suffisance. La conception du verger-potager sera parallèle à la conception de l’habitat.

Quels matériaux utiliser pour se parer contre les aléas climatiques efficacement ?

Qu’y a t il de plus près que ce qui se trouve sous nos pieds ?

La terre ou argile est la plus noble des matières, le premier matériau de l’histoire entrant dans la construction de nos maisons. Elle possède des qualités telles que inerties thermique, hygrométrique et phonique. Elle assainit l’air et elle est gratuite.

En torchis, en pisé, en bauge ou en adobes de terre crue, la terre se travaille selon plusieurs techniques.

La terre est utilisée par de nombreuses espèces animales pour construire des nids, galeries, opercules de nids, etc., parfois mélangée à de la salive ou à des excrétas la solidifiant. C’est le cas de certaines abeilles solitaires qui construisent leur loge en terre, ou des osmies qui utilisent la terre pour boucher leurs galeries de pontes.

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Osmie

Le sol serait en dalle de terre crue.

Juste au-dessus de la terre, pour peu qu’on ait pensé à cultiver des céréales, et notamment du blé, de l’orge, du triticale, de l’avoine ou du seigle, et aussi de la lavande, nous trouverons la paille. Et si nous n’en disposons pas, il sera aisé d’en trouver dans les environs. Comme la terre, la paille est un excellent isolant thermique et hygrométrique.

Ainsi, les deux fondamentaux sont réunis pour créer le matériau “terre-paille” dont l’ancêtre est le torchis, l’une des plus anciennes techniques de construction, qui n’est plus pratiquée de nos jours d’une part du fait de la raréfaction du bois, et d’autre part du fait de l’apparition d’autres matériaux.

Les premières maisons en “terre-paille” datent du sortir de la première guerre mondiale, pour la reconstruction en Allemagne, qui connaissait alors l’embargo du pétrole à toutes ses frontières. Cette technique de construction y est légale depuis la même époque.

En France, il n’existe pas de législation en la matière et bon nombre d’assureurs sont réticents à couvrir les auto-constructions en “terre-paille”. Pourtant, elles ont prouvé leur grande résistance au feu.

La structure sera en bois, appelée « ossature bois », ainsi que la charpente ou faîtière. Le remplissage de l’ossature sera effectué en terre crue et paille.

Si on dispose de beaucoup de bois, résineux pour le coup, on peut construire en bois rond dit “fuste”.

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Une autre technique au rendu visuel très chouette est le bois cordé, qui dans sa méthode ancestrale, utilise le bois et un mortier sable, argile, paille auquel on peut rajouter de la chaux et de la sciure.

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Du bois sera intégré dans la « carcasse » de l’habitat en terre-paille en prévision de la fixation d’objet plus ou moins lourds comme par exemple une bibliothèque, un porte-manteau…

D’autres matériaux naturels peuvent être utilisés tel la sciure, la laine, les plumes, le liège, le chanvre, notamment en matière d’isolation. La pierre donne un charme incomparable intégrée dans un mur de l’habitat et dans le verger-potager. Le toit pourrait être en chaume.

Pour les enduits, peinture et finitions, la terre sera le principal ingrédient. On pourra aussi avoir recours à la chaux, aux fibres.

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Comment procéder à présent que tout est bien réfléchi et posé ?

Pour se rapproprier les savoir-faire, de nombreux chantiers participatifs ont lieu dans toute la France. Le site de la revue Passerelle Eco en propose quelques uns : http://www.passerelleco.info/spip.php?page=recherche&recherche=chantier

La revue “La maison écologique”, dans son numéro 92, consacre un dossier sur les stages pour apprendre soi-même  : http://www.lamaisonecologique.com/ , son hors-série N°4 est un guide pratique de l’isolation écologique, et le N°5 est un dossier sur les peintures et enduits naturels à réaliser soi-même avec une rubrique spéciale enfant.

Le Réseau français de la construction paille http://rfcp.fr/ aussi appelé “les Compaillons”, fédère les acteurs de la construction en botte de paille. En adhérent, on reçoit le bulletin d’annonces de chantiers participatifs, stages, achat ou location de matériel et aussi offres d’emplois. Ce réseau a créé un document technique officiel, reconnu par les autorités et les assureurs.

Les formations ne manquent pas pour construire, rénover, isoler, décorer, créer ses peintures naturelles, ses enduits, se former à réaliser soi-même son habitat en toute autonomie et gagner ainsi en efficacité énergétique tout en harmonie avec la nature et à moindre coût.

MAISON-D-DEKAERZ

Alors, il ne nous manque plus qu’à nous plonger dans une réflexion autour de l’habitat. Et une fois qu’il sera construit, nous pourrons toujours nous replonger dans cette réflexion pour trouver des améliorations. À vos designs…

Lo Stas

Pommes de terre sous paillis

À vos Margod ! prêts, plantez … vers le 6 et 7 mars, ou entre le 13 et le 15 mars, sous paillis bien sûr ;-D
Mais aussi, du 22 au 25 mars, le 2 avril au matin, ou du 10 au 12 avril 2016. Du 19 au 22 avril, ça commence à faire un peu tard pour des primeurs.

Ariège Agro-Ecologie

Mercredi dernier, nous avons planté les pommes de terre avec un peu d’avance par rapport aux années passées. Nous avons choisi, comme l’an passé, de les faire sous paillis.

DSC02174Nous avons donc planté presque 30 Kg de semences : APOLLO 3 Kg, EMERAUDE 9 Kg, EDEN 9 Kg, mélange EMERAUDE/EDEN (autoproduction) : 4,5 Kg. L’essentiel de la semence provient de Payzons Ferme.

DSC02171

La parcelle qui reçoit les pommes de terre fait environ 50 m de long par 3,50 m de large soient 175 m². Le précédent cultural est un engrais vert composé de phacélie (semée à l’automne) et de graminées spontanées. Ce couvert (très ras) a été détruit par 3 passages de vibroculteur à 1 semaine d’intervalle chacun. Nous avons mis également un peu de cendre sur la parcelle soient 4 seaux de 16 litres.

DSC02178Puis, nous avons planté les pommes de terre en les posant tout simplement sur le…

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Journée PERMACULTURE avec les Colibris 31

Samedi 16 janvier 2016, Marie-Laure, Mirandava et Christophe, du groupe local des Colibris 31 organisait une journée Permaculture à Villaudric.

Plus de 30 personnes répondirent à l’invitation. Au programme, matinée consacrée à une introduction sur les concepts de base de la Permaculture animée par Mirandava. Puis après une pause en mode auberge espagnole, visite « Ô Jardin du Soleil » chez Christophe mené en permaculture, agrémentée de quatre chantiers participatifs.

10h15

Marie-Laure commence par la présentation du mouvement Colibris. Né en 2007 sous l’impulsion de Pierre RABHI pour l’émergence d’une nouvelle société plus sobre, écologique et humaine, l’idée est de soutenir la transition individuelle. « la transformation de la société est totalement subordonnée au changement humain »  http://www.colibris-lemouvement.org/colibris/notre-mission. C’est ainsi que le projet Oasis a vu le jour, c’est un nouveau mode de vie en écohabitats partagés, écolieux, écoquartiers, écohameaux, écovillages,… Autant d’oasis regroupées autour des mêmes valeurs : mutualisation d’espaces et de services, sobriété énergétique, gouvernence collective, alimentation bio, locale et de saison, transmission et partage de savoir,… http://www.colibris-lemouvement.org/oasis/les-oasis-en-france.

FINDHORN

Inscrivez-vous au MOOC « Concevoir une oasis ! »

Cette formation vous permettra d’apprendre sur les différentes thématiques utiles pour concevoir un projet d’oasis : raison d’être, mode de gouvernance, montage juridique, cadre relationnel, exigences écologiques…

Date du MOOC : du 27 janvier 2016 au 3 avril 2016
Clôture des inscriptions : 30 janvier 2016

 

Le mouvement Colibris se décline en groupes locaux animés par des citoyens bénévoles. Mirandava, Marie-Laure et Christophe font partie du groupe local les Colibris 31 qui se réunit chaque 3ème vendredi du mois à partir de 19h à la salle San Subra, 2 rue San Subra, Espace Saint Cyprien à Toulouse. http://colibris.ning.com/group/colibris31-toulouse

10h30

Qu'est ce que la permaculture-avec Rosemary Morrow

Mirandava prend la suite de Marie-Laure. Il nous avoue avoir « pompé » les infos pour les partager et nous incite à en faire autant. Pomper, recopier, c’est s’informer. Ses sources proviennent en majeure partie du site www.re-informe.com et particulièrement des infos sur la permaculture figurant sur cette page : http://re-informe.com/agriculture-liste-de-liens-a-telecharger/

Définition de la Permaculture

Selon les livres de Bill Mollison et David Holmgren, Permaculture 1 et Permaculture 2, la permaculture aide à la création de paysages élaborés en toute conscience qui s’inspirent de la Nature pour subvenir aux besoins de l’homme. Permaculture est dérivée de permanente agriculture, et permanente culture, par aggradation des sol (au contraire de dégradation).

La permaculture n’est pas seulement de l’agriculture ou culture, c’est une technique utile dans tous les domaines : habitat, énergie, sol, culture, agriculture. Elle profite aux paysages, jardinage bio, conceptualisation, aide à gérer, communiquer, mettre en avant, vivre avec les animaux. Par exemple : quelques poule dans un « tracto-poule » peuvent s’avérer efficaces pour la mise en culture d’un lopin de terre en friche. Elles ont aussi bien d’autres atouts.

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La poule permacole

À la ferme du Bec-Hellouin, le poulailler est dans la serre. Ainsi, elles sont à l’abri et réchauffent la serre où, à l’étage, poussent semis et plants, profitant de la chaleur.

C’est un concept en permaculture, chaque élément remplit plusieurs fonctions. Et chaque fonction ( besoins vitaux comme le feu, l’eau) est assurée par plusieurs éléments.

L’éthique de la Permaculture

ethique-permaculture

I – Prendre soin de la Terre

Il s’agit de développer de l’attention envers la Terre qui prend soin de nous. Attention au sol vivant, source de vie. Retrouver le « bon sens paysan », l’art de faire des légumes en accroissant la capacité des sols à générer la vie. Prendre soin des formes de vie habitant dans le sol, les nourrir grâce au paillage, qui, en hiver, est la seule nourriture des vers de terre. Le paillage est la litière ; le sol n’est jamais nu.

II – Prendre soin des humains

Commencer par prendre soin de soi, puis de sa famille, de ses voisins, de la communauté locale, nationale,… Connexions neuronales… Communication, horizontalité entre les humains.

Je commence par définir quels sont mes besoins, mes limites ? Je refais mon monde. Je veux construire un monde meilleur (et non lutter contre un monde pourri). Est-ce que mon boulot me plaît ? Quels sont les bénéfices personnels que je souhaite retirer ? Est-ce que je veux me mettre au vert ? Est-ce que je veux nourrir ma famille ? Est-ce que je veux des fruitiers ? quels légumes ? Les « légumes-soupes » en hiver, les « légumes-ratatouilles » en été… Nous ne pouvons pas avancer avec la faim.

Je poursuis selon la spirale permaculturelle : Besoin, Ressources, Conception,…

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Par exemple la paille servait de litière aux animaux qui logeaient dans l’étable. l’étable était dans la maison qu’elle chauffait. L’étage servait de séchoir. Mes besoins étaient donc comblés si je faisais pousser du blé et/ou du foin. Ainsi je prends soin de ma famille, puis je peux m’occuper du voisin.

L’humain qui va tout droit comme un tracteur, qui fonce tête baissée ne suis pas une démarche permaculturelle. C’est l’expérience qui prime, l’observation. Par exemple, j’observe d’où vient le vent, et je fais pousser des topinambours, du maïs, des tournesols pour le couper.

La Nature ne va pas tout droit, comme dit Rosemary Morrow dans la vidéo ci-dessus, l’eau ralentie, dispersée s’infiltre. Le sens de la Vie, c’est de prendre son temps.

11h20

Mirandava nous demande de raconter notre rêve à notre voisin. Le rêve nourrit le mental, le mental nourrit l’action lentement.

III – Redistribuer les surplus

Accepter notre condition de mortel. Fixer les limites de notre propre consommation. Qu’est-ce qui me suffit ?  2 hectares, 3 hectares ?

Je préserve mon autonomie, je renforce ma capacité d’indépendance. Les autres n’ont pas ou peu de pouvoir sur moi.

Mon abondance est définie par les limites de mon jardin. Je dois trouver l’équilibre et ne pas gaspiller. Distribuer mes excédents définit aussi ce que je peux recevoir. Co-voiturage, chantiers participatifs,… Donner / marge de sécurité / recevoir

Régler le problème des déchets en produisant juste ce qu’il faut. Les « Pays du Nord » doivent baisser leur consommation, tendre vers la sobriété heureuse.

11h40

Principes de la Permaculture

1-observer-interagir

1- Observer et interagir : l’icône représente une personne devenant un arbre. Être planté comme un arbre. « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde ».  Ne rien faire pendant une saison d’autre que d’observer la course du soleil, les plantes pionnières bio-indicatrices, les pentes, le ruissèlement des eaux de pluie, afin de pouvoir établir un plan avec les éléments à la bonne place.

2-collecter-stocker-energie

2- Collecter et stocker l’énergie : l’icône représente une bonbonne à remplir durant les périodes d’abondance. »Faîtes les foins tant qu’il fait beau »

L’eau et le soleil peuvent et doivent être stockés.

Utiliser le sens de la circulation de l’air dans les séchoirs.

3-produire

3- Créer une production : l’icône représente le légume produit que je mange. À chaque étape de travail, je dois obtenir un résultat. « On ne peut pas travailler l’estomac vide »

Assurer une autonomie à tous les niveaux en obtenant plusieurs utilisations à partir d’une seule ressource. Par exemple, le bois sert pour le feu, les piquets, poteaux, BRF.

4-autoregulation-retroaction

4- Appliquer l’auto-régulation et accepter les rétroactions : l’icône représente la terre qui se régule. « Les fautes des pères rejailliront sur les enfants jusqu’à la 7ème génération »en l’absence de réactivité positive.

La rétroaction c’est réagir en temps et en heure pour corriger un résultat inapproprié, inattendu. C’est la résilience, la capacité à rebondir suite à un stress.

5-services-ressources-renouvelables

5- Utiliser et valoriser les services et les ressources renouvelables : l’icône représente un cheval qui permet une production et ne consomme pas d’énergie fossile. Utiliser le naturel pour produire du naturel. « Laissons faire la nature » pour ne pas la surexploiter.

Le four solaire utilise et valorise la ressource soleil.

6-pas-de-dechets 6- Ne pas produire de déchets : l’icône représente le ver de terre qui est un recycleur de matière organique, créant l’humus qui nourrit la végétation. « Pas de gaspillage, pas de manque »

Produire, consommer, recycler, c’est le cycle de la Vie. La Nature n’engendre aucune pollution. Tout est valorisé. Un polluant est un produit qui n’est pas utilisé.

7-de-l-ensemble-au-detail

7- Partir des structures d’ensemble pour arriver au détail : l’icône représente une toile d’araignée qui est une inter-relation entre d’infimes parties, des fils, pour former, en prenant du recul, l’ensemble qu’est la toile. Ce symbole évoque la planification en zones et en secteurs. Chaque zone a sa place définie selon le terrain, la lumière et détermine à son tour la place des fruitiers, du potager, de la mare… « C’est l’arbre qui cache la forêt »

8-integrer-plutot-que-separer8- intégrer plutôt que séparer : l’icône représente des personnes qui se tiennent par la main. « Plus on est nombreux, moins le travail est dur ».

C’est aussi un écosystème complet présentant des éléments connectés répondant mutuellement à leurs besoins et utilisant les produits des autres : milieux, plantes, animaux…

9-solutions-petite-echelle-patience

9- Utiliser des solutions à petites échelles et avec patience : l’icône représente un escargot qui certes petit, lentement avance. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Par exemple, nous devons cultiver selon la taille de nos besoins et s’agrandir petit à petit pour générer les surplus à redistribuer.

De plus, la mobilité réduite réduit le recours aux énergies.

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10- Utiliser et valoriser la diversité : l’icône représente un colibri qui prélève le nectar d’une fleur grâce à son bec étroit. Il assure avec d’autres animaux, la pollinisation. Cette diversité d’animaux, de formes, de fonctions, d’interactions assure la complexité et l’équilibre des systèmes. « Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier »

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11- Utiliser les interfaces et valoriser les bordures : l’icône représente un paysage composé de plusieurs interfaces et de bordures où poussent une diversité de plantes chacune adaptée à son milieu. Les bordures ou se rejoignent deux écosystèmes présentent la diversité des deux écosystèmes. Augmenter les intersections, les lieux marginaux, comme les lisières en bord de bois, les bords d’étang, les grillages, peut s’avérer bénéfique. « La bonne route n’est pas toujours la plus fréquentée »

12-reaction-creative-au-changement

12- Utiliser le changement et y réagir de manière créative : l’icône est un papillon qui symbolise le changement. « La vision ne consiste pas à voir les choses comme elles sont, mais comme elles seront ». Qui sait en quel magnifique papillon pollinisateur se transformera cette dévoreuse chenille ? Anticiper et nous servir des processus de succession, c’est le principe de la résilience.

La Fleur Permaculturelle

fleur-permaculturelle

12h45

Pause repas en mode auberge espagnole. Puis nous enfilons nos bottes, marquons nos pelles et fourches de signes distinctifs pour les retrouver plus facilement à la fin de la journée. Nous voilà bien équipés pour la suite du programme de cette journée ensoleillée. Je ne dirai pas qu’il fait un froid polaire, mais bon, 8°c c’est plutôt frais !

14h

Début de la visite « Ô Jardin du Soleil mené par Christophe en permaculture.

Nous arrivons à l’espace pommes de terre, pour l’instant mulché sous un épais tas de feuilles. Des cartons et de la paille recouvrent le sol sous les feuilles, ils sont déjà bien digérés par la micro-faune qu’ils régalent. Ça grouille de vie lorsque on ouvre le mulch. Christophe y cultive d’un côté la patate douce qui sera réintroduite au printemps, et de l’autre la patate traditionnelle, et la grenaille. Il pose les pommes de terre germées directement sur le mulch puis les recouvre de paille. Cela permet de réduire le travail de bêchage et le retournement du sol est quasi inexistant. Il les cultive en association avec de l’ail, et utilise le purin pour renforcer la capacité des plantes à se défendre contre les nuisibles ou maladies. Pour la patate douce, il utilise une bâche noire pour éviter qu’elles ne marcottent et que les fruits soient tout petits. Il ramasse la patate douce à maturité. Par contre pour les autres, il les ramasse au fur-et-à-mesure de ses besoin car elles peuvent rester en terre l’hiver. Son champs de pommes est cultivé non loin d’une rangée de chênes, à distance calculée car les racines des chênes sont traçantes et concurrenceraient les cultures.

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Voici le coin des maïs. Cette année, Christophe a décidé de creuser cet endroit pour installer une serre enterrée. Une serre souterraine garantie 14°c tout l’hiver. C’est le premier atelier proposé pour cette après-midi, creuser la serre, de quoi bien nous réchauffer ! Une yourte se profile au fond du jardin.

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Christophe utilise les effets de bordures et les cultures profitent des grillages, les pieds au chaud sous le paillis. Le 2ème atelier consistera à rajouter de la paille dans le jardin.

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Là une butte en lasagne en demi-cercle, agrémentée de tuteur en bambou. Juste derrière, on aperçoit une culture sur keyhole. Les choux et les salades y sont bien vaillants.

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Ce keyhole est ceinturé par 2 buttes en demi-lunes réalisées par une wwoofeuse qui a laissé son nom inscrit sur le gros cailloux. Les cailloux ont été rajoutés au pied de chaque butte car le terrain manquait de minéral. Ainsi, un équilibre minéral:végétal est établi. Une occasion aussi de donner un nom à chaque butte en l’inscrivant sur la pierre.

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Le poulailler compte une dizaine de poulettes, et une caravane leur offre le gîte.

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Un second keyhole plus imposant que le premier vient d’être remonté après que quelques parpaings se soient écroulés. On voit bien l’ouverture permettant d’en atteindre le centre. Christophe prévoit un chantier participatif « torchis » cet été pour en recouvrir les contours. Ce keyhole représente le soleil. Il est entouré d’une douzaine de petites buttes rehaussées de tuteurs en bambou. Les buttes représentent les rayons du soleil. Les bambous soutiennent 120 pieds de tomates répartis au printemps sur ces rayons. Y poussent actuellement des blettes, des oignons, des poireaux, de l’ail, des salades, des choux…

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Le centre du keyhole recueille les « déchets verts ».

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Christophe, illuminé 🙂

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Un autre effet de bordure :

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Ci-dessous, d’autres buttes plus longues, se dessinent dans le jardin. Ce sont des buttes à la façon de Philipe FORRER. Tout à l’heure, la butte en haut de la photo, où peu de végétation pousse, sera rehaussée avec la terre du 1er atelier, celui de la serre enterrée.

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Sur cette petite butte, les blettes qui étaient montées à graines cet été, se sont ressemées par ci par là. Et aussi, les épinards, les navets, les salades. Le but des buttes, c’est qu’elles se ressèment seules. La rotation des cultures, en jardin permacole, elle se fait toute seule et elle n’est pas indispensable étant donné la diversité des cultures.

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Là un petit bassin, encore à sec, qu’un petit pont de bois surplombe.

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Une petite butte d’aromatiques :

2016-01-16 à 14-49-14 Ici, la couche chaude pour les semis et les plants précoces qui y seront installés dès le début du mois de février. L’endroit a été creusé et coffré, il mesure 80 cm de profondeur du fond jusqu’en haut de la planche. Il est partiellement rempli de fumier de cheval. Le fumier de cheval est préférable au fumier de vache, il monte mieux en température. Il faut le désherber, et finir de le remplir, c’est le 3ème atelier que nous propose Christophe. L’herbe servira pour le 4ème atelier butte-lasagne dont photo plus loin ci-dessous. Une seconde couche chaude non loin, de l’an passé, est à refaire. Il faudra la vider pour remplir cette nouvelle couche chaude.

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Chaque année, Christophe reçoit des wwoofers qui s’adonnent à des expérimentations. Ici, la pyramide à fraises. Elles sont cultivées avec de l’ail, de la salade,… :

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Chrsitophe expérimente l’électro-culture selon la méthode de Philippe FORRER :

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               electroculture3     electroculture4

Des antennes sont installées à distance régulière dans le jardin. Une antenne agit sur un rayon de 3m50, soit une antenne tous les 15m2 environ.

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électroculture

Derrière le grillage, Christophe utilise la lisière du bois en friche pour faire pousser des champignons. Au sol, il a déposé des bouts de troncs de chênes qu’il a inoculés avec des semences de shitakés et de pleurotes.

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La serre froide abrite des salades.

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Christophe nous présente le 4ème et dernier atelier : la butte-lasagne en demi-lune à terminer. Après avoir délimiter la demi-lune autour du bac jaune à l’aide de bâtons, il faut creuser sur 20cm. Ensuite, on place des bûches ou des planches au fond du trou, on bouche les espaces avec des brindilles, des feuilles, des aiguilles de pin, du vert récupéré sur le 2ème atelier de la couche chaude, puis on recouvre de terre.

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15h

Début des ateliers. Chacun participera à tour de rôle à chaque atelier, sans obligation, au choix des participants.

1er atelier animé par Christophe , la serre enterrée

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La terre dégagée du trou de la serre enterrée, par vagues de brouettes, vient rehausser la longue butte où seuls quelques aulx poussent.

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2ème atelier animé par Mirandava : la couche chaude

Pendant que les uns désherbent et entreposent l’herbe sur une bâche pour l’atelier butte-lasagne,

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d’autres vident la couche chaude de l’an passé qui doit être refaite. Le coffrage sera défait et l’espace une fois vidé, sera creusé à l’identique de la nouvelle couche chaude. Le coffrage sera réutilisé enterré, puis il sera rempli avec du fumier de cheval.

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Mirandava s’assure du bon avancement des opérations.

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Les brouettes se succèdent au dessus du coffrage. Au fond, posés contre le grillage, on aperçoit les cadres plastifiés qui formeront les châssis de la couche chaude. La paille, entreposée près de la couche chaude, entourera le dispositif ainsi que les châssis.

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Ça y est, la couche chaude de l’an passé est démontée et totalement vidée dans la nouvelle couche chaude. À présent, à l’emplacement laissé vide, peut débuter le creusage d’une seconde couche chaude.

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3ème atelier : paillage

Le paillage suit son court dans ce jardin ou plus aucun bout de terre n’est à l’air nu.

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4ème atelier animé par Marie-Laure : la butte lasagne

 La forme en demi-lune tracée, la terre est décaissée sur 20cm. Du bois est placé au fond du trou et recouvert de brindilles, feuilles mortes, désherbage de l’atelier couche chaude. Puis on replace la terre. Enfin, le tout sera paillé.

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17h

Fin des ateliers. En deux heures de temps à 30 personnes, nous avons activement participé à ce qui méritent bien son appellation de « chantiers participatifs ». Cela se nomme « coopération ». En remerciement, Christophe nous distribue des bons morceaux de courge maxima ainsi que des graines. À présent, Ô jardin du soleil couchant, un bout de gâteau et une bonne tisane bien chaude s’impose.

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