Si l’abeille disparaissait de la surface du globe…

Nature ordinaire, nature extraordinaire !

…l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre. Cette phrase attribuée à Albert Einstein est largement reprise sous diverses variantes par les défenseurs des abeilles et de la nature dans des communiqués de presse, brochures, dépliants et autres documents de communication. Elle apparaît jusqu’au générique de fin de Nos enfants nous accuseront, un film documentaire consacré aux problèmes posés par l’agriculture conventionnelle sorti en 2008,

Une citation doublement fausse…

La prédiction est angoissante et son auteur présumé un solide garant de sa véracité puisque ce fut l’un des plus grands scientifiques du XXe siècle. D’où son efficacité apparente pour soutenir le message de ceux qui se battent pour faire prendre conscience au grand public et aux autorités du drame que représente la disparition des abeilles. Efficacité apparente seulement, car cette citation est doublement fausse.

D’abord parce que les deux tiers de la production agricole mondiale ne dépendent pas de…

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Planter des fruitiers en «guild»

Le compagnonnage aussi appelé « guilde »

Mycorhize

En Anglais « guild » signifie confrérie ; une guild est une association d’assistance mutuelle et d’entraide.

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La plantation en guild c’est l’art de connaître les plantes qui aiment pousser ensemble. En effet les plantes sont des créatures très sociables et ont souvent un effet bénéfique pour leurs semblables, contrairement aux interprétations du genre humain telle que « L’herbe sous les fruitiers pompe l’eau et les nutriments de l’arbre ».

Ils ne rentrent pourtant pas dans la même catégorie, le fruitier va rapidement pomper dans les couches profondes du sol et remonter sans effort ce dont les plantes couvre sol ont besoin.

Une autre idée préconçue : les acacias (Robiniers) sont envahissants et empêchent la forêt dite «  Native » (terme purement inventé par la psyché humaine) de pousser normalement.

En fait les Robiniers font partie de la famille des fabacée, leur croissance et leur capacité de colonisation rapide en font une des espèces les plus efficaces…

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Le Verger de Galadriel, chez Dominique Coste et Didier Prudon

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Suite à sa reconversion professionnelle, Dominique fût éleveuse de petits chiens, des cotons de Tuléar, décision longuement réfléchie car entraînait la diminution des revenus.

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Aujourd’hui, elle est jardinière à temps plein, sa passion depuis toute petite, quand ses parents lui concédaient un tout petit bout de terre pour faire pousser un fraisier, un poireau, un céleri …

Didier est informaticien à temps partiel. Le reste du temps, il se consacre aux projets familiaux avec ses mains, pas seulement avec de beaux schémas. Peu de personnes de leur entourage comprenaient qu’ils puissent avoir le désir de gagner moins, mais ils ont gagné en temps pour eux et en richesse relationnelle. Finalement un changement de vie très favorable qui leur a permis de réaliser leurs projets ainsi que leurs rêves. Didier avait le désir d’écrire depuis adolescent. Aujourd’hui, il a publié deux livres : un sur l’écologie et un autre sur un parcours spirituel personnel. Ce temps lui a permis de réaliser ses rêves et donc de prendre soin de lui, car il n’y a pas que l’alimentation qui compte.

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Réalisez vos rêves, ça fait du bien !

Leurs rêves étaient un système d’eau autonome, un assainissement individuel naturel par les plantes, et aller plus loin dans le potager. Là, c’est Dominique qui s’en occupe intégralement, ce n’est pas si simple de s’occuper du potager tous les deux en même temps, ne serait-ce que pour l’esthétique. Didier intervient pour les gros travaux.

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Didier et Dominique ont rédigé une charte où le côté esthétique est mis en avant, il n’était pas question d’avoir des bâches plastiques partout par exemple. Ils s’appuient sur la méthode Feng-Shui : lorsqu’il cherche une forme ou une couleur à intégrer, ils s’inspirent du livre  Le Feng-Shui au jardin.

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Dominique a démarré son potager là car cela lui semblait être le plus favorable. Il y avait beaucoup moins d’arbres qu’aujourd’hui et parfois nous plantions des arbres qui ne poussaient pas car nous ne savions pas le faire correctement !

En 2010, Didier cherchait comment transmettre des savoirs respectueux de l’humain et de la nature. Il a découvert Terre & Humanisme avec qui il a suivi une formation « initiation en agro-écologie » sur 5 jours à Lablachère. À la suite de quoi, ils ont changé leurs pratiques de jardinage. Après avoir transmis à Dominique ce qu’il avait appris, elle a mis en œuvre, entre autre, la pratique de ne pas retourner le sol.

Depuis plein de changements : le Verger de Galadriel est devenu refuge LPO Ligue Protectrice des Oiseaux en adhérent à sa charte, en favorisant les refuges et le nourrissage des oiseaux durant l’hiver, en mettant à disposition des points d’eau, et en interdisant la présence des chasseurs. Cela a nécessité une déclaration en Mairie et en Préfecture. Les chasseurs savent ainsi qu’ils n’ont pas le droit de pénétrer dans cet espace. Nous sommes également adhérents du réseau des Jardins de Noé.

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Parmi les différents abris c’est un grand nichoir pour chouette effraie (la dame blanche). Elle n’a pas désiré l’habiter pour l’instant, elle préfère l’ancien abri sous le toit. Nous avons deux portées par an. C’est bruyant mais on les entend moins depuis que l’isolation a été refaite. Durant les travaux, il a fallu les protéger pour ne pas les perturber, car une portée était en cours !

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Un jour, une amie nous parle de la Permaculture… Découverte de la théorie de la Permaculture dont l’éthique nous a aidé à rédiger notre Charte : respect de la Nature, de l’Humain, et  le Partage. Le partage s’entend aussi par le partage des savoirs, et le fait d’agir avec la nature, les voisins, les amis, l’entourage.

Les-trois-principes

Didier a poursuivi avec le cours certifié de permaculture CCP de 72H avec Steve Read et Moilamain.

Il était architecte de systèmes d’informations, et les principes de la permaculture lui plaisaient en ce sens, il s’y retrouvait. Il a réalisé un premier schéma de flux assez incompréhensible avec des flèches partout : les herbes pour le compost, le crottin des ânes, la recherche de tout ce qui pouvait être connecté et ce qui pouvait être amélioré ou évolué. Ce schéma fût la base des grands projets.

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Les deux projets concernait l’eau car l’eau c’est la vie.

Le premier était la mise en conformité du système d’assainissement. Le système conventionnel n’étant plus aux normes, c’était l’occasion de mettre en place un système de phyto-épuration. Ils ont suivi une formation, ont trouvé les bonnes personnes au bon moment et l’ont installé au cours d’un chantier participatif.

Le deuxième projet concernait la récupération d’eau de pluie pour un usage complet et autonome. Le principe est simple : l’eau de pluie tombe sur les toits, est acheminée par les gouttières et un réseau de tuyaux alimentent les citernes. Une pompe amène l’eau des citernes jusqu’à la maison. Grâce à un ami qui détenait 30 ans d’observations et fournissait des données à Météo France, à leurs observations quotidiennes de la pluviométrie, et au fait que dans le Gers, il n’y a pas deux mois sans pluie, ils sont parvenu à dimensionner l’installation. Trois citernes de 18m3 au total ont été nécessaires. Nous consommons 38m3 d’eau par an. L’eau à ce stade est non potable.

Quatre systèmes de filtration sucessifs potabilisent l’eau.

 

Les 3 citernes sont reliées entre elles par le principe des vases communicants, ainsi lorsqu’une se remplit, les 2 autres se remplissent en même temps. Pour éviter les dépôts et sédiments, il y a un système d’oxygénation dans les cuves, le trop plein part dans le fossé. Une pompe amène l’eau à l’intérieur. Le premier filtre est à la descente des gouttières pour récupérer les feuilles. Puis il y a le filtre à sédiment à l’intérieur qui filtre aussi le sable éventuel. Puis un filtre à chaussette de 10 à 50 microns qui se change régulièrement. Puis vient le filtre à charbon actif pour l’eau sanitaire. Enfin, le filtre à osmose inverse dans la cuisine pour l’eau potable, avec un petit débit car c’est un système bélier  qui remplit une bonbonne de 5 litres. Des tests sont réalisés régulièrement pour vérifier l’eau sanitaire et l’eau potable.

 

Voici les poulaillers. Le petit à part sert en ce moment pour trois poules, car elles sont arrivées voilà une semaine. Elles font connaissance avec les 2 autres avant d’être regroupées afin d’éviter les chamailleries.

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Elles picorent les plantes environnantes en self-service, guidées par les filets.
Le soir elles sont enfermées au poulailler après être rentrées à la tombée du jour.

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Voici le potager. C’est le domaine de Dominique.

Dès leur arrivée, aux milieux des ronces et tas de bois, elle planta six pieds de tomate qui ont fort bien poussé. Puis elle a planté petit à petit des petits fruits comme les framboisiers par exemple, et des légumes et plantes annuelles ! Elle pratique la rotation de mémoire car elle n’est pas parvenue à maintenir un tableau écrit sinon c’est plus d’écrit que de jardinage !

 

Elle utilise le compost fait à partir du crottin des ânes. La terre n’est pas retournée, seule la grelinette décompacte le sol. Fabrication avec des bénévoles de 2 buttes selon la méthode Philippe FORRER pour la première, et selon la méthode sandwich pour la seconde. Les deux premières buttes se sont un peu tassées avec le temps. Elle ajoute régulièrement sur les buttes et sur l’ensemble du potager des couches de compost ou de matière organique. Une troisième butte s’est créée à l’occasion du terrassement de l’aire de passage des ânes. Cela répond à plusieurs principes en permaculture : limiter les efforts, valoriser les ressources disponibles, utiliser un élément pour plusieurs fonctions. La première année des pastèques ont poussé sur cette butte, sans les avoir plantées. Aujourd’hui, sur cette butte poussent des arbustes pollinisateurs.

Grâce au paillage des cultures, les arrosages sont rares et se font presque uniquement au démarrage des plantations. Les tomates qui se trouvent le long du parc des chiens, par exemple n’ont pas été arrosées de la saison.

Le plus gros travail au potager se fait au printemps, puis vient le temps des récoltes. Pour l’hiver,  certaines parcelles sont mises en sommeil, avec un paillage ou un semis d’engrais verts. D’autre parcelles fourniront en abondance les légumes d’hiver.

Les fleurs, belles de nuit, asters, amarantes dont raffolent les poules ne manquent pas et fournissent les semences pour l’année suivante. Dominique récupère les graines en surplus de son potager pour les ressemer à la volée le moment venu sur des zones sauvages.

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Elle a adopté les carrés au potager. C’est plus facile de déplacer des carrés que des buttes, si jamais l’emplacement n’est pas idéal. Elle a déplacé le carré d’aromatiques, conservé l’origan. L’apport régulier de matière organique permet de conserver un niveau de culture et soulage le dos. Près de la maison, se trouvent les carrés des salades et des radis et des  aromatiques à cueillir régulièrement. Et puis elle associe par exemple, betteraves et radis, pastèques et tomates. Elle laisse repousser certaines plantes spontanément du moment que cela ne porte pas préjudice aux autres cultures.

Au printemps, nous récoltons quelques kilos de pommes de terre nouvelles, car lors des récoltes il reste toujours des petites en terre.

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De nombreuses plantes, apportées par les oiseaux sans doute, repoussent dans des endroits inattendus comme le parc des chiens par exemple : tomates, cerises, tournesols, frênes, pois de senteur.

Il y a plus de légumes en hiver qu’en été : les différents types de salades, les blettes, les épinards, les poireaux, les choux, les endives, mais pas les carottes qu’elle ne réussit pas.

Les échanges se font avec les voisins et connaissances pour des épinards, des blettes contre du potiron ou potimarrons. Cela permet de réduire les surfaces et le travail, et d’avoir quand même des légumes variés, surtout en hiver.

Les récoltes sont suffisantes pour eux deux et il en reste pour donner. Ils achètent parfois des légumes qui manquent au jardin, comme la rhubarbe par exemple car ici elle vient difficilement par rapport à la Normandie d’où ils viennent.

 

Paco et Mistral, deux ânes, bons producteurs de crottin. L’avantage est qu’ils font leurs besoins toujours au même endroit ! Il suffit de déplacer un petit tas si l’on veut qu’ils fassent ailleurs.
Les ânes font le ménage dans le bois, même s’ ils mangent les noisetiers ou les lauriers. Ils font des passages en mangeant la ronce et l’herbe. Dans les prairies, nous maintenons les surfaces à manger avec une clôture éléctrique pour éviter les risques de fourbure dont ils peuvent souffrir s’ils mangent trop ou si la nourriture est trop riche, au printemps notamment.

Nous sommes vigilants pour leur alimentation.

La paille et le foin sont fournis par les voisins. En hiver les ânes ont du foin le matin et le soir ainsi que l’accès au bois de 1 ha tout le temps.

Les prairies doivent être entretenues pour fournir suffisamment d’herbe en été. Il y a des plantes qui prennent le dessus, comme le bouton d’or et l’oseille sauvage.

 

Hormis le potager qui est en perpétuelle évolution, ils ont développé le verger en 2012, sur cette prairie où peu d’herbes poussaient, car la parcelle où ils habitent s’appelle le Verger.  

Le verger est tout jeune, il n’est pas tondu jusque fin août, ce sont les ânes qui s’en occupent.

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Ils ne brûlent rien. Et même parfois lorsqu’il manque de matière, ils récupèrent les tailles de haie chez les voisins, pour les buttes, les lasagnes, les allées du potager, la décoration.

 

Il reste une partie sauvage où des petites allées sont tracées pour se promener dans cette grande parcelle.
Ils envisagent de semer des céréales, le temps de se renseigner et d’apprendre.

Le temps passé au jardin est variable en fonction de la saison et des travaux d’entretien. Ils limitent les déplacements en réunissant les outils et en utilisant les choses qui se trouvent sur place ou à proximité le plus possible.

Après recherches et lecture du livre « Pour l’amour d’une ronce » de Bernard BERTRAND, nous avons conclu que les ronces sont extrêmement utiles, notamment berceau des arbres, mais aussi pour faire des liens.

 

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