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Agroécologie et Permaculture à la Ferme de la Fustière

La Permaculture a été formalisée par Bill Mollison et David Holmgreen

C’est une méthodologie de conception de lieux de vie (jardin, maison,…)

Diagnostique, programmation

À partir de quand passe-t-on à l’action ?

Peu de lieux en permaculture à ce jour

À la Fustière, c’est principalement de l’agroécologie qui est pratiquée.

Principes communs, éthiques communes.

Présentation d’Emmanuel Chemineau :

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Diplômé ingénieur en agriculture conventionnelle classique pour commencer, puis éleveur de brebis laitières, puis directeur lycée horticole. Il a étudié la pédologie du sol… Malgré tout, il lui manquait les notions de la vie du sol, les insectes du sol,…

Autodidacte grâce à la lecture de bouquins.

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Arrivée en 2004 en Ariège à Canté, livraison en bio AMAP pendant 4 années : maraîchage et parallèlement couvreur zingueur au début.

Puis projet d’autonomie familiale suite lecture ouvrages de Claude Aubert aux éditions Terre Vivante, et aux oeuvres de Pierre Rabhi. Formation longue « animateur en agroécologie » avec Terre & Humanisme pour transmettre, d’où l’Asso depuis 2009 : Sol en Vie http://solenvie.org/ Formation axée sur les méthodes de transmission.

Puis stage ingénierie de formation avec animation d’un jardin pédagogique, jardin pour reconversion professionnelle à Pamiers au CFPPA, beaucoup de maraîchers pour le bio.

Depuis, Emmanuel est auto-entrepreneur au CFPPA, formateur en agroécologie et coordinateur de toute les formations agricoles du CFPPA avec approche agroécologie, intérêt pour les techniques de conservation des sols, appelées agroforesterie.

Emmanuel Chemineau participe activement à la transition vers l’agroécologie.

Cette transition commence à se faire chez les maraîchers du fait de l’économie, mécanisation, intrants : tout cela est coûteux. Transition douce car si tous les agriculteurs passaient en même temps à une agriculture de conservation des sols, une famine s’installerait car les sols ne sont pas prêts. Ils ont été usés, certains sols contiennent 1% de MO il faut les remettre doucement, les uns après les autres, en fertilité. Mais avant de ramener de la MO, il faut ramener la vie du sol puisque c’est elle qui génère la fertilité d un sol, et ça va prendre du temps, entre 5 à 20 ans sont nécessaires. C’est long car c’est beaucoup de techniques et d’erreurs à éviter car on travaille avec la vie, avec les semences, on travaille avec son entourage… ça évolue lentement. voir exemple des frères Beziat dans le 31 http://agriculture-de-conservation.com/GAEC-de-la-Baronnesse-Haute.html

Et cela dépend de l’enseignement donné et de la façon dont il est donné (petite parenthèse sur la pédagogie remarquable de Konrad SCHREIBER)

C’est beaucoup plus facile pour les petits potagers car à plus petite échelle.

Théorie :

Schéma de Emmanuel Chemineau : synthèse des pratiques agroécologiques

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1- agroécosystème : mot « système » est important : le vivant

Par exemple, une forêt, le stade climax : c’est un écosystème qui s’autosuffit à lui-même, interaction entre tous les êtres de la forêt.

Créer un écosystème en agroécologie avec les êtres vivants y compris les plantes, les racines, les animaux et insectes.

Objectif : aggrader le sol. Comment concevoir des endroits, microclimat, des systèmes résilients, qui soient favorables aux cultures, animaux et nous, tout en respectant le sol ?

sol vivant

2- techniques de travail du sol : respectueuses de la vie du sol

Trouver le bon compromis entre semer des carottes et respecter le sol.

Le non-travail du sol : Dominique Soltner

Sol toujours couvert. Les plantes sont vivantes.

b-respect du sol

3- fertilité : ce qui est différent de fertilisation

Engrais verts

Composts

Mulchs nourriciers (cf vidéo E.Hazelip) qui veut dire couverture molle = base fertilité du sol : c est de la MO digérée, compostage de surface : déchets de cuisine, tonte de gazon, découpes de plantes comme ortie, consoude…

Le compost n’est pas de la MO, il est déjà digéré, il n est pas la base de la fertilité : c est un amendement.

On nourrit la vie du sol avec la MO, en compost de surface et dans les chaînes trophiques alimentaires, on aura des éléments nutritifs qui serviront aux plantes.

En terme de gestion de la fertilité, plus on travaille avec du recyclage de couverts végétaux, plus on acquiert de la fertilité et moins nous aurons, à terme, besoin d’intervenir par fertilisation.

Si on choisit un système mulché, on n’aura beaucoup moins de travail du sol, en terme de gestion d’enherbement, moins de choses à faire

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4- les soins naturels :

Avant d’avoir un écosystème bien en place ça va prendre un certain temps, et pour pouvoir se nourrir, on aura recours aux jus de plantes comme ortie, consoude en purin ou en tisane, infusion, décoction, macération, extraits fermentés, huiles essentielles, etc…

Les purins sont le fondements des soins à apporter, pour renforcer l’immunité des plantes, et aussi les soigner. Avec des plantes autour de nous, que l’on cultive, on a tout ce qu’il faut pour pallier à quasiment tous les problèmes que l’on rencontrera.

Reste quelques difficultés avec le rat taupier et le campagnol terrestre qui adorent l’hôtel en système mulché, paillé, à voir pour trouver la solution : piège, chat, fox terrier,… Idem pour les limaces qui adorent les paillages, et pas encore assez de prédateurs auxiliaires autour pour réguler, d’où utilisation de Ferramol

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5- les semences :

Semences de ferme, semences bio au départ.

La semence, c’’est fondamental, c’est le nerf de la guerre : on peut faire évoluer, adapter les plantes que l’on cultive aux conditions particulières de notre jardin. Chaque jardin, chaque structure, chaque ferme est particulière en raison d’un microclimat particulier et les aménagements que l’on va faire donneront des climats particuliers.

Donc, on a tout intérêt, et dès que l’on se lance même si c’est technique, de garder ses propres semences.

Il existe plein d’associations qui militent et on leur met des bâtons dans les roues. C’est un enjeu pour les agriculteurs et les professionnels.

Si on adapte nous même nos variétés de semences à nos conditions locales, ça fonctionnera encore mieux dans le jardin, et on peut tout à fait adapter les choses. C’est ce que fait l’homme depuis qu’il cultive.

Sur la semence c est un combat, quand on regarde le catalogue officiel des semences, il est très limité et présente beaucoup d’hybrides F1 et peu de graines bio. Si on garde la graine d’une culture hybride F1 et qu’on la ressème, on n’obtiendra pas du tout la culture de l’année précédente. Du coup, on assiste à une érosion génétique : on a perdu ses dernières 70 années énormément de ressources génétiques.

Savez-vous combien de variétés de tomates ont été recensées dans le monde ? Il y en avait 13000 à travers le monde. Voir site http://tomodori.com/index.htm

Evidemment, les 13000 ne vont pas s adapter dans notre jardin, mais si il y avait autant de biodiversité, c’est parce qu il y avait une adaptation à tous les biotopes.

Et là, il y a un gros travail à refaire pour l’avenir.

NDLR : Pour plus d’infos voir ce film pour comprendre comment des multinationales veulent confisquer le vivant. Il donne envie de se battre pour sauver notre indépendance alimentaire.« La guerre des semences » : https://www.youtube.com/watch?v=vGtGSFneI7

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6- Rotation et association de culture

L’agroforesterie c’est l’association de cultures par excellence, l’arbre étant au coeur de l’écosystème : pas d’arbre, pas d’agroécosystème, et même dans un potager, même si ce n’est pas évident. Arbre, cela peut être des haies, et puis il faut le planter en même temps que les cultures, on travaille sur de jeunes sujets pour éviter les concurrences racinaires, on peut travailler sur les porte greffes : c’est là que la permaculture nous aidera à concevoir des choses, à raisonner, je vais utiliser quelle essence ? je vais me renseigner sur sa physiologie, sa biologie, est-ce que ça vaut le coup ?

Si je suis en viticulture, ça existe aussi l’agroforesterie, on fait alors cohabiter avec des fruitiers en jouant sur les étages.

L’agroforesterie, c’est faire rentrer des ligneux dans le système.

Voir sur le site de l AFAF http://www.agroforesterie.fr/index.php une photo du Perche dans les années 50 :

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Le bocage, c’était de l’agroforesterie. On redécouvre. Le remembrement a tout détruit, à cause de la mécanisation, pour faire passer le tracteur… Dans les champs de blé, il y avait des haies avec des chênes plus que centenaires, le jour du sous seing privé ils ont pris le bulldozer et ont tout rasé. Et maintenant, si il y a une grosse pluie, les champs sont inondés et victimes d’érosion. Et la couche arable se perd dans les rivières.

La difficulté de l’agriculture moderne est que l’on a considéré que l’arbre est un ennemi alors qu’au contraire ce n’en est pas un.

Mais on y revient, à présent on replante des haies, des arbres, … car avec ses racines il va chercher profond les nutriments, il crée l’argile en cassant la roche mère. Il y a énormément d’effets positifs à cultiver avec les arbres et notamment pour la culture d’annuelles par le biais de mycorhyzes important dans le cadre des sols vivants.

Les mycorhyzes sont des champignons microscopiques qui forment des filaments mycéliens favorisant des échanges de nourriture entre les plantes et les arbres. Une même mycorhyze peut mycorhyzer à la fois un arbre et une culture annuelle voir plusieurs.

Il y a des études toute récente au CNRS par Hervé COVES qui indiquent que l’arbre est capable de transférer plein de choses, eau, sels minéraux, … Il y a 10 ans, on pensait que seulement quelques plantes étaient mycorhyzées, hors cela touche au moins 85% des plantes.

Il faut revenir aux associations de culture, respecter les assolements, et là il y a tout un travail à faire aussi. C’est plus facile pour un jardinier que pour un professionnel pour des questions de rendement de la récolte. Après il existe des professionnels qui cultivent jusque à 5 cultures différentes et après ils ont recours au tri avec les trieuses.

Rotation de culture au démarrage, c’est à dire qu’on va changer chaque année de culture,  ou deux fois par an, puis il faut optimiser les temps d’occupation des sols. L’optimisation de l’usage de l’espace c’est de tourner pas mal et quelque part on fait de l’intensif biologique. Ensuite, en permaculture, une fois la biodiversité vivace installée, la rotation n’est plus à penser, il reste l’optimisation des temps d’occupation des sols.

C’est pas si évident, mais si on travaille sur des associations, à terme, avec l’équilibre, on aura plus besoin de rotation.

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7- la gestion de l’eau

En fonction de la zone climatique où l’on se trouve, ici par exemple, si je n’arrose pas je ne récolte rien. Car ici, il fait très chaud, on est sur des sols limono-sableux, ce qu’on appelle des boulbènes blanches, c à d les sols les plus pauvres du secteur en MO et donc qu’il faut arroser souvent car ne retiennent pas l humidité comme un sol argileux. Et même en paillant beaucoup, il faut arroser, d’autant plus que le facteur vent joue aussi : le vent d autan ; raison pour laquelle on plante et continue à planter des arbres. On a peut-être 250 jours de vent d’autan par an et ça dessèche. Normalement en plein été sous couvert végétal classique le sol va perdre 7 litres par m2 par jour, et si il y a le vent d’autan, on peut perdre jusqu’à 12 litres par m2. On a du mal à arroser même en micro irrigation et paillé, on a des coups de soleil sur les tomates car il fait trop chaud. Il faut mettre de l’ombre, donc on a planté des arbres mais comme ce sont des sols pauvres, ils ne poussent pas vite mais quand ça aura atteint les couches argileuses ça explosera. En attendant, on est obligé d’arroser car entre le mois de juin et la fin août, on connaît le déficit climatique, il manque 150 millimètre sur cette période pour faire pousser un maïs alors que le maïs est une des plantes les plus économes en eau, et l une des plus efficaces en matière de production de biomasse par rapport à l eau qu’elle va pomper.

Le maïs fait partie des plantes qu’on appelle les plantes en C4 (NDLR : au lieu de C3 et qui ont su s adapter à la sècheresse avec une photosynthèse plus efficace). En fonction du litrage que l’on donne, on aura une plus ou moins grosse production de biomasse et une autre plante ne fera pas ça. À l’inverse, pas besoin d’arrosage pour le tournesol, c’est frugal. Donc ici, en fonction de l’écosystème actuel, si je n’arrose pas je ne récolte pas. Là l’effet micro climatique des arbres est indispensable.

Et je déconseille les produits hydrorétenteurs car ils contiennent du polyacrylamide de potassium. Préférer travailler avec des mycorhyzes, avec du vivant, elles sont capables d’aller chercher l’eau dans la microporosité du sol. Elles sont plus fines que les poils absorbants des racines d’une plante. Il vaut mieux travailler avec les plantes et avec l’écosystème.

J’utilise deux types de système de paillis : au maximum du paillage, du mulch nourricier au potager mais là je suis limité par la ressource. Et je fais donc aussi du binage en fonction des cultures : sur les grandes cultures notamment, tournesol, maïs, je bine : travail superficiel en traction animale. Et je fais des cultures fourragères pour avoir des ressources en biomasse pour pouvoir pailler et j’ai aussi recours à des ressources qui viennent de l’extérieur.

Il est important de réfléchir sur la cohérence de nos systèmes (NDLR : et résilience de nos systèmes), j’arrive à produire mes ressources en biomasse chez moi. Parce que le jour où tout le monde paille, même en agriculture, la ressource va manquer.

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Q. : Qu’est ce que la biomasse ?

C’est la MO qu’on met sur le sol : les feuilles, la paille, les tontes.

Q. : Qu’est-ce que le binage ?

On dit qu’un binage vaut deux arrosages. C’est lié au fait que quand on a un sol un peu battant, on a pas mal d’évapotranspiration capillaire du sol, et si on décroûte le sol autour de la plante, on casse l’évapotranspiration.

(NDLR : dans le sol il y a des films d’eau, si on paille, les films d’eau s’arrêtent sous le paillage et maintiennent le sol humide ; si le sol est nu, les films d’eau traverse la croûte terrestre et s’évaporent, d’où l’assèchement des sols)

Et l’idée du binage c’est aussi la maîtrise de l’enherbement pour limiter la concurrence des spontanées avec nos cultures ; c’est du travail intensif car on doit passer régulièrement. On pourrait très bien biner et pailler ensuite.

Q. : Qu’est ce qu’un sol battant ?

Après la pluie, c’est un sol qui est brillant, compacté, cimenté, où l’eau stagne, et lié à la nature du sol, à sa granulométrie, en particulier les sols limoneux. Une goutte d’eau tombe sur le sol, avec le splach ça met en suspension des particules fines et plus fines. Les moins fines retombent en premier, puis les plus fines, et ça fait une couche qui sèche ensuite et c’est pris en masse sur quelques millimètres. La battance touche particulièrement les sols nus.

Un sol argileux ne réagit pas pareil. Dans un sol argileux il y a le complexe argilo humique CAH ou complexe organo-minéral (COM car des fois ce n’est pas que de l’argile, cela dépend des sols), c à d entre les humus et les particules d’argile : il y a des ponts que sont le magnesium Mg, le calcium Ca.

C’est la base de la stabilité du sol, de la fertilité du sol, le garde-manger du sol : ça stocke la nourriture pour les plantes. L’argile ne réagit pas pareil. Si il y a suffisamment d humus (l’humus c’est toute la matière organique MO tombée au sol et digérée par la vie du sol, avec des éléments minéraux qui sont relâchés à un moment et constitutifs de la MO, donc de l’azote, du phosphore, du potassium, magnésium,… et au bout, le reste du reste, c’est ce qu’on appelle de l’humus : molécules complexes, c’est une chaîne complexe assez longue de taille de l’ordre du nanomètre) l’humus va se lier à l’argile, pour faire le COM. L’humus est l’aboutissement de la dégradation de la MO.

Donc au départ matière brute, puis relargage d’éléments minéraux, c est pour ça que quand on met une litière sur un mulch nourricier, on va avoir un premier relargage d’éléments minéraux (minéralisation primaire) en fonction de l’activité biologique et de la température aussi, et après l’humus qui est un réservoir car chaque année, entre 1 et 2% de l’humus est dégradé par des bactéries et qui va relarguer de nouveaux minéraux (minéralisation secondaire). C’est le garde-manger, mais ça met du temps, c’est lié à la température, à l’hygrométrie. L’histoire de la fertilité du sol, c’est cela. Si on travaille sur des agroécosystèmes, on va privilégier ces phénomènes.

Si on met beaucoup de MO sur un sol qui n’est pas très vivant, pour ne pas dire mort, en fait il y a besoin d’azote pour pouvoir lancer les microorganismes. En grande culture conventionnelle, en technique de conservation des sols, des exploitations qui basculent sur des semis directs sur couvert où on a des sols pas assez vivants, ont été obligé d’amener de l’azote minérale pour lancer le truc au démarrage. Si on regarde les feuilles là, plus c’est vert et plus cela contient de l’azote, c à d que la proportion d’azote par rapport au carbone se modifie en fonction du stade de développement de la plante. C’est pour cela que dans les couverts végétaux, si je mets un mulch là je suis en début de saison, j’ai mis mes tomates, pour qu’elles aient de l’azote, je vais mettre de la tonte de gazon. Alors que si je travaille plus sur la feuille morte et la paille, je travaille plus sur la partie carbone et je vais privilégier les champignons. Après, globalement, sur la saison, il faut les 2.

L’urine au jardin, un excellent fertilisant écologique : http://jardinonssolvivant.fr/et-si-nous-mettions-de-lurine-dans-larrosoir-par-christophe-gatineau/

Diluer l’urine à 25% avec de l’eau et utiliser sans attendre sinon se transforme en ammoniaque.

Q. : Qu’est ce que le complexe organo-minéral COM ?

Le COM est composé de l’argile, qui a une charge négative, de molécules d’humus, qui sont aussi à charge négative, et de ce qui va relier les deux, qui a une charge positive donc, de calcium (Ca++), de magnésium (Mg++), de tous les éléments minéraux, ainsi que des oligoéléments comme le fer, le zinc, le cuivre,…

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Q. : le calcium se trouve où dans le sol ?

Il peut venir de la roche mère alors il y a des sols peu pourvu en calcium. Et puis il y a différente forme de calcium : la roche, le calcaire total, le calcaire actif. En agriculture, on parle de chaulage : c’est rajouter de la chaux, du calcaire, sur les sols acides Ph 4 à 5 : à éviter car le Ph va remonter puis redescendre. Le problème du chaulage de redressement : on a un sol Ph 4, on veut remonter à 5 1/2, on va mettre tant de chaux éteinte, mais le problème quand on fait cela, on remonte d’1 point 1/2 le Ph : la vie du sol en prend un coup !

On peut amener du calcaire mais sous forme plus grossière, et après couvert végétaux, engrais verts qui vont remobiliser du calcium. On ne connait pas tout sur le calcium, il y a des théories sur les transmutations d’éléments biologiques, d’éléments minéraux.

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Des arbres de la famille des Moraceae, les Irokos, ont la capacité de créer du calcaire, à partir du carbone.

Donc si on met du vivant, il y aura rééquilibrage, c’est l’histoire des plantes bio-indicatrices : si on laisse des plantes pousser spontanément, des graines vont lever car les conditions sont favorables à la levée de dormance de la graine. Elles nous donnent une indication sur l’état du sol, elles ne sont pas là pour rien, elles contribuent à ramener le sol vers un état d’équilibre, c à d vers la forêt (ça met 40 à 50 ans minimum)

8- les élevages

Les animaux : lien fort avec la vie du sol : amènent de l’azote.

Certains effets sont favorables de la part des ruminants : vaches, chèvres, brebis, … : effets intéressants sur la transformation de la MO du fait de leurs panses où énormément de micro-organismes dans les déjections qui transforment la matière brute. À tel point que certaines civilisations, comme en Inde, où on utilise les excréments de la vache pour faire des préparations naturelles, solutions microbiennes, où on va cultiver les micro-organismes pour ensuite les remettre sur les cultures et dans le sol. C’est « panchagavya » une recette à base des 5 produits purificateurs ayurvédiques : bouse de vache, lait de vache, urine, beurre clarifié, yaourt, et ensuite on pulvérise. Cette recette date des manuscrits ayurvédiques.

NDLR : traditionnellement utilisé dans les rites de purification ou de réparation de faute, mais sert en agriculture, voir ici mode d’emploi Kokopelli : https://issuu.com/kokopelli-semences/docs/promoteurs_de_croissance_liquides_-

La fiente de poule est très riche en azote. La cohabitation poule, oie, canard avec un verger est intéressante car ils vont manger un certain nombre de parasites comme le ver de la pomme, le carpocapse, et bien d’autres avantages encore…

9- Plan de la ferme

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Le plan est réalisé selon la technique du zonage en permaculture, de la zone I à la zone IV, sur les 6 hectares au total. La zone IV est le bois avec du robinier faux acacia, du châtaignier, des frênes appréciés par le cheval. Le frêne est une sacrée ressource : fourrage pour les animaux, bois, feuille, et la fameuse frênette ou cidre de frêne (boisson légèrement alcoolisée)…

Les zones III et IV servent au pâturage, pâturage tournant. Par contre, ici, nous avons trop d’animaux par rapport à la ressource, donc on a du surpâturage : 7 brebis et plein d’agneaux, 2 ânes, 1 cheval de trait breton né dans le coin qui cause le surpâturage, il demande plus d’1 hectare…, la propriétaire l’amenait à l’abattoir donc on l’a sauvé… L’idée c’était de se passer du tracteur et passer en traction animale ; j’ai donc fait une trentaine d’heure de formation de dressage mais ce n’est pas encore tout à fait au point, il s’emballe des fois. Les ânes aussi font de la traction.

En zone III on a des prés vergers, on associe des arbres fruitiers avec du pâturage.

Puis nous avons un tunnel de maraîchage de 50 mètres de long dont on ne se sert que de la moitié, l’autre moitié pour stocker le matériel. On y fait pousser les légumes sur des buttes permanentes paillées et donc pas de travail de sol. C’est pour nous nourrir : c’est le principe de l’autonomie, nous nous nourrissons et si nous avons des excédents commercialisables, nous les vendons, sinon, nous avons aussi un cochon qui s’en occupe. Le cochon ce n’est pas pour le manger, c’est par exemple pour finir de récolter les pommes de terre pour lui-même, et puis on laboure au cochon même si il cause des problèmes de tassement, au moins il mange tout. C’est une femelle, elle est complètement apprivoisée et ne montre aucun signe d’agressivité. On cherche un verrat pour la reproduction.

Ici sur le quadrillage entre la zone III et II, un jardin pédagogique pour expérimenter diverses techniques, et le quadrillage n’est pas fait au hasard.

Enfin, la zone II avec différente couleur, il y a des haies, c’est la zone d’agroforesterie avec différentes cultures : potager, céréales, fourragères, maïs, tournesol. On y est en plein vent d’autan. Quand on plante des arbres on met du carton, du compost, mais ça pousse lentement par manque de richesse du sol. Et puis avec la tempête de grêle et de vent de la semaine dernière on a perdu un plaqueminier, c’était un longue tige et il a cassé.

Par contre c’est vrai qu’on a des zones ingrates avec les boulbènes, et on a aussi du grep qui est une zone d’accumulation naturelle qui s’est faite depuis des millions d’années : migration d’argile avec du manganèse, du fer, etc et ça forme des concrétions que les racines des plantes ont du mal à passer et quand il pleut, ça se remplit et puis ça dégouline, ça forme des nappes perchées. Je n’étais pas mécontent d’avoir fait les buttes dans le tunnel, car la première année on avait 10 cm d’eau entre les buttes, cependant on a eu des ails et des oignons magnifiques. Voilà on a des zones sèches l’été et inondées en automne, hiver. Les pêchers ne tiennent pas ici, par contre on a des abricotiers qui se plaisent. Je ne peux pas tout cultiver, mais je compte sur les arbres pour passer à travers le grep et arriver sur d’autres couches.

On a des secteurs pleins de cailloux. Une année j’ai fait pousser du seigle il était superbe, c’est là qu’on a mis le potager du coup, mais plus on allait vers le fond, plus le seigle était bas et plus on allait vers la descente, et plus il était également bas. Donc on a mis le potager au point stratégique, au milieu où ça poussait le mieux. Après, on peut aussi observer les spontanées.

À force d’engrais verts ça s’améliorent.

Nous avons deux mares qui étaient déjà là quand on est arrivé, avec une source qui normalement n’est jamais à sec, ce qui constitue des interfaces intéressantes entre les milieux humides et secs, qui favorisent les lisières. L’histoire des bordures et des lisières en permaculture c’est que c’est un passage entre deux milieux où on retrouve une grande biodiversité.

Pour l’arrosage, on travaille avec un puit et une pompe immergée à 21 mètres. Quand on était en aspertion deux fois par jour on le vidait. J’ai du descendre la pompe de 2 mètres car le niveau de la nappe a baissé. On a aussi l’eau de ville qui sert plutôt pour la maison, et plusieurs tonnes à eau pour abreuver les animaux l’été.

En agroécologie, c’est comme en permaculture, on travaille en valorisant les ressources locales, donc local, ça peut être la ferme mais le but ce n’est pas d’être en autarcie, donc on travaille aussi avec les autres autour de nous. Tout seul, on n’est rien.

Cette année on a fait des céréales, d’habitude on faisait venir une moissonneuse batteuse qui nous flinguait un arbre par an donc on a arrêté et cette année on a fait en commun avec un voisin. On a semé des mélanges des variétés anciennes et on travaillera ensemble pour la récolte.

10- Les équipements économes :

À la main, motoculteur, petit tracteur et traction animale. L’idée d’autonomie c’est de travailler sur la résilience par rapport au pétrole et donc la traction animale est indispensable. J’ai envie de dire que c’est l’avenir de l’agriculture.

11- Les savoir-faire paysans :

Toutes nos pratiques sont basées sur des savoir-faire paysans ou jardiniers, on ne réinvente pas les choses. L’agroécologie ce n’est pas né d’aujourd’hui.

12 – La connaissance scientifique :

Les pratiques millénaires sont éclairées par la connaissance scientifique ce qui permet d’améliorer certaines choses transmises par le passé. Et donc c’est un aller-retour avec les savoir-faire paysans sans lesquels pas de connaissance scientifique.

Chaque année on reçoit 1 ou 2 paysans qui vient d’Afrique ou d’Amérique latine dans le cadre des échanges avec le centre de formation. Ils viennent voir ce qu’on fait ici et quand on discute on s’aperçoit que dans certaines régions là-bas, ils font pareil que nous, aussi en Amazonie. Il existe un socle commun de pratiques lié au savoir-faire paysan même si rigoureusement on utilise des techniques différentes, c’est comme une boîte à outil où on va utiliser la clef de 12 là, la clef de 10 ici parce que là on a un écosystème et ici il y en a un autre : pas le même sol, pas argileux, pas exposé pareil, mais la même boîte à outil, le socle commun.

Q. : est-ce que le grep c’est la même chose que la marne ?

Non, la marne est une roche mère argileuse et calcaire. Le grep est lié à des phénomènes d’accumulation et de migration d’éléments dans le sol au fil du temps. Les 2 sont imperméables et durs

Q. : on parle de battante sur sol limoneux, mais moi je pensais qu’un sol limoneux était un bon sol, puisque ce sont des alluvions ?

Limoneux : de limons : c’est granulométrique ce n’est pas de nature minéralogique.

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Dans le bocal ici, réalisation du test de granulométrie en bocal, vous avez les différentes strates de couleurs et les différents éléments minéraux du sol. Les limons dont on parle en vallée du Nil ce n’est pas la même définition que ça. Ce dont je parle c’est quand vous faites une analyse de sol par un laboratoire, ils vont tout tamiser à 2 mm, puis ils classent les particules minérales qu’ils trouvent par catégories : il y a des sables, sables grossiers, puis sables fins, puis limons grossiers, puis des limons fins, et enfin, les argiles qui sont de l’ordre du nanomètre : c’est ce qu’on appelle la texture du sol. La structure c’est la façon dont c’est agencé.

Une fois on est allé dans le champ et on a creusé à 4 ou 5 mètres où on a nos cultures et à 1m20 à peu près on est tombé sur une couche de calcaire pur blanc. Les racines des châtaigniers sont sous cette couche de calcaire sinon par dessus, ils meurent.

Ce qui flotte en haut du bocal c’est la MO.

C’est un simple test de granulométrie où on estime de façon grossière les proportions des différents éléments pour avoir un ordre de grandeur. L’analyse elle donne des résultats plus poussés en poids, en pourcentage, en fraction.

Il existe aussi le test du pâton pour les terres argileuses. Si on arrive à faire un boudin on est à 10%, si on fait un anneau on est à 15%

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On voit dans ce bocal qu’en proportion, il y a peu d argile mais surtout 2 types de limon, et après les sables. Donc ici, limoneux sableux. Ces types de sol, on sait les localiser : c’est lié à la dynamique des Pyrénées et où coulait l’Ariège. Le sol dominant limoneux et acide se dénomme régionalement « boulbène » et la teneur en argile dépend de la profondeur du sol.

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Sur le schéma, on a l’Ariège qui au départ se situait plus haut, ça a creusé et ça a plus ou moins marqué des terrasses. Au bord de l’Ariège on est sur des secteurs nommés « alluvions récentes » ce sont des sols sableux et jusqu’à 60% de sable par endroit.

Au-dessus, ce sont des terrasses car il y a longtemps il y avait une mer et quand elle s’est retirée, le sol a été exposé à l’érosion et on a plus de limon car le sable s’est effrité.

Après en bord de certains cours d’eau on trouve les colluvions, on y trouve plus d’argile jusqu’à 20% parce que le cours d’eau en sortant a ramené les éléments fins, il a ramené de l’argile et là c’est un sol riche. On retrouve aussi des colluvions en bas du côteau et là, ici, c’est de l’argilo calcaire bien que des fois c’est pas calcaire, ça dépend de la roche mère : ce sont les terre-forts qui récupèrent l’argile de l’érosion du côteau.

Après il n y a pas de bon ou mauvais sol ; tout sol a des avantages et des inconvénients.

Un sol peut avoir les caractéristiques de la roche mère, et peut avoir d’autres caractéristiques comme les sols d’alluvions provenant de la montagne : il y avait des glaciers, ils ont fondu, il y avait des torrents qui ont charrié des blocs ; plus on va vers Foix, vers la montagne, plus on trouve des gros blocs, et plus on va vers les les prairies plus ce sera fin.

Conclusion de cette première partie de la matinée :

Ça fait beaucoup d’infos à digérer ! On va prendre l’air et poursuivre dehors :

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Voici un composteur mais uniquement pour feuille, c’est pour faire du terreau au bout de 2 ou 3 ans en le maintenant bien humide. Je le laisse ouvert pour que l’eau de pluie tombe dedans. En-dessous, il commence à être noir, bien mûr. L’idée est de s’en servir comme un terreau. Ce n’est pas du compost qui est trop riche.

Le compost de feuilles donne un terreau car contient de la lignine. Toutes les feuilles peuvent être utilisées, il faut expérimenter. Pas de tonte.

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Ici, c’est un lombricomposteur qui donne le vermicompost. Il y finit ce que le cochon ne mange pas, et que l’un des premiers artisans du sol va décomposer : le ver rouge du fumier. Donc on donne peaux de banane, coquilles d’oeufs broyées, un peu d’agrume, des coquilles de noix … D’abord on ensemence de vers le fond du bidon car il n’y a pas de contact avec le sol. On y trouve aussi beaucoup de cloportes et, là les minuscules bestioles blanches, ce sont les colemboles. Voici donc quelques artisans qui décomposent la matière organique et qui sont présents naturellement. Là il y en a beaucoup car c’est concentré au même endroit. Il y a un trou dans le fond pour que l’eau de pluie puisse s’écouler sans noyer tout ce petit monde, et je le bouche avec un peu de paille pour éviter le dessèchement. Cette technique permet entre autre de récupérer le jus du vermicompost, très riche et utile pour les plantes vertes, bon engrais organique. Donc il est situé dehors, à l’air libre et à l’ombre et depuis quelques années sans qu’on ait eu besoin de compost pour le moment.

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Si on creuse, ça grouille, ce sont les vers du potager, et dessous, on a un compost bien noir, de très bonne qualité, qu’il faudra tamiser pour trier et sécher un peu. La structure est très très grumeleuse, ce qui est lié complètement à l’activité des vers. D’ailleurs, le COM se crée dans l’intestin des vers de terre, pas les vers rouges, mais les lombrics, les gros laboureurs qui remontent la nuit. Grâce à des bactéries c’est assemblé dans leur estomac et cela ressort sous forme de turicules, terre riche, d’où l’importance de tous ces êtres vivants. Les limaces ont également un rôle de décomposeur dans la nature. On connaît à peine 10% de la vie du sol, des phénomènes et des êtres vivants, selon des chercheurs.

Ce vermicompost est riche, pour des courges, culture gourmande, par exemple, on en répandra 3kg par mètre carré.

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Les courges et courgettes sont sur un tas de compost qui était déjà là quand on est arrivé. Au départ on achète la semence semée en godet, puis on la transplante. L’ortie témoigne de la richesse en azote, on dit que c’est une plante nitrophile. Ici, la bâche, c’est une façon de cultiver, c’est parce que j’avais une bâche d’ensilage sous la main. D’habitude je passe un coup de débroussailleuse, on repaille derrière,… là cette année j’avais cette bâche qui avait servi à faire mourir de la végétation, technique d’occultation, toute trouée car les chiens ont chassé les rats taupiers. Donc on a planté dans les trous et on a mis par-dessous toutes les spontanées, lamier pourpre, mouron blanc, toutes les herbes hautes… qui poussaient à côté et qu’on a fauchées, ça fait plein de MO qui va se décomposer rapidement avec la chaleur. Voilà donc le sol n’est pas du tout travaillé et ça produit bien. L’an passé on a fait 250kg de courges avec 40 courges en ligne tous les mètres avec une pelleté de fumier pour chaque. Pas compliqué : accumulation de MO. Bon là elles ont pris la grêle de la semaine dernière, j’ai donc fait une préparation pour les soigner, notamment préparation naturelle fongicide car là, dès que la chaleur va arriver, les champignons vont suivre. Sur des blessures comme ça, il faut tout de suite mettre une protection fongicide, donc de l’extrait fermenté de bardane, de la prêle, et du macérât huileux d’ail que j’ai préparé moi-même. Ensuite pour l’arrosage, j’ai une cuve d’eau à l’étage raccordé aux tuyaux et je balance 1000 litres d’eau 2 à 3 fois dans la saison et ça suffit. Ça fait 4 ans qu’on fait les courges sur ce tas de compost et après les spontanées reviennent et servent de couvert végétal.

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Il y a plusieurs variétés : cucurbita maxima genre potiron bleu de Hongrie, des courges musquées qui sont des espèces différentes et donc aucun risque qu’ils s’hybrident. Par contre si je fais la musquée de Provence et la butternet côte à côte, ce sont toutes deux des moscatas, et là elles vont s’hybrider. Nous avons aussi des courgettes, cucurbita pepo. Après on peut faire de la pollinisation manuelle pour assurer ses semences : là on a une fleur mâle ouverte ce matin donc le pollen n’et plus viable. Les fleurs mâles qui vont s’ouvrir le lendemain matin se reconnaissent la veille au soir car sur les bords , les lèvres vont gonfler et on va voir le orangé. Du coup on la tient fermée avec une pince à linge ou du scotch de tapissier. Puis on trouve une fleur femelle et on la ferme également. Les fleurs femelles sont celles qui n’ont pas de tige et qui comporte le renflement de la mini courgette à la base. La courgette est dioïque, c’est à dire qu’on a les deux sexes sur le même pied. Et le matin avant que le soleil se lève et avant que les pollinisateurs arrivent. On rouvre la fleur femelle, on prend la fleur mâle et on enlève les pétales, et on tartine à l’intérieur de la fleur femelle, puis on referme la fleur femelle. Et là on la marque pour ne pas la manger. Donc on va observer son évolution : normalement les pétales vont se faner et la courgette va commencer à grossir et on pourra récupérer les graines en fin de saison, vers octobre, en ayant conservé la variété. Si j’ai râté la pollinisation, l’année suivante les graines ne donneront pas la variété voulue mais un croisement, par exemple moitié jaune et moitié vert.

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Ici, alors ce n’est pas le fruit de l’arbre 🙂 C’est habité par des insectes. Cet arbre est un prunier qui est mort et on ne savait pas trop pourquoi. Nous sommes sur un verger fermé en début de printemps avec une clôture électrique, car on a des animaux, notamment les brebis qui attaquent l’écorce dès qu’il y a les feuilles sinon, elles sentent la sève circuler et elles vont grignoter l’écorce.

Cet arbre, c’est un peu particulier, l’explication de sa mort viendrait d’un problème électro-magnétique. C’est de la géobiologie. On voit bien qu’il est déséquilibré, ici il y aurait une cheminée tellurique. On peut la détecter. Il y a aussi des pêchers qui sont morts. L’abricotier se porte le mieux. Bon il y a différents arbres. Ici avant il y a avait des chevaux et c’est plein de sable.

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Par là, transition, voici un autre jardin. C’est un jardin pédagogique, c’est le quadrillage que l’on a vu sur le plan de la ferme. Il y a des buttes sandwich dans les carrés en bois. Ce jardin est en rectangles qui ne sont pas faits au hasard. On a établi ces rectangles sur ce qu’on appelle les zones neutres du  réseau Hartmann, selon l’étude des phénomènes électromagnétiques appelée géobiologie. Des émanations électromagnétiques viennent du noyau terrestre à travers le zinc ou le cuivre. Il y a un quadrillage naturel qui sont des champs électromagnétiques orientés nord-sud et est-ouest distants de 2m à 2m50. Donc on a des murs électromagnétiques qu’on peut détecter avec des géomagnétomètres assez onéreux, ou alors avec des outils de sourciers comme ce lobe-antenne.

Donc l’idée de ce jardin est de montrer qu’il existe des choses invisibles qui ont une incidence sur le vivant. Certains phénomènes électromagnétiques sont géopathogènes pour les êtres vivants animaux ou végétaux et on pense que ce prunier est mort à cause d’un phénomène géomagnétique.

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Aussi, ce lobe-antenne peut être un bon outil pour planter un arbre au bon endroit, pour détecter les noeuds du réseau Hartmann et si en plus il y a une faille dessous avec de l’eau souterraine, on assiste à un autre phénomène électromagnétique et l’accumulation peut être nocive. Ça peut être un outil complémentaire pour la conception d’un jardin. Il existe d’autres outils.

Les animaux détectent les phénomènes électromagnétiques.

Le principe : je vide ma tête et je me déplace nord-sud ou est-ouest pour détecter ces endroits où sont les murs, et je me focalise sur ça car il peut y avoir d’autres trucs.

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Voilà, là où sont les murs j’ai débroussaillé. N’importe qui trouvera les murs au même endroit, mais on réagit plus ou moins pareil. Donc ici, le mur sera le chemin. Je ne fais ça que sur ce jardin expérimental, à titre pédagogique, car si je m’amuse à faire du réseau Hartmann partout, je vais perdre du temps et de la place. Aux noeuds, aux croisements, il peut y avoir des effets : il y a des noeuds nanifiant, d’autres qui font des végétaux énormes. Il y a d’autres choses en géobiologie, des gens sont formés à cela et qui vont détecter des choses. Ca vaut le coup parfois de faire un diagnostic, une étude préalable. Là cet arbre est mort, bon c’est peut-être dû à une maladie fongique ou autre, mais un géologue est venu et m’a confirmé qu’il y a une cheminée tellurique, on le voit au port de l’arbre, la partie gauche est plus petite que la partie droite. L’arbre sort de l’influence géopathogène, il se penche. Il pousse sur le bord d’un champs magnétique et il va tourner, contourner pour partir vers une zone plus favorable.

Pour les ruches, il faut faire attention à bien les positionner, les abeilles sont très sensibles aux influences énergétiques. Éric Petiot, qui a écrit entre autre « agriculture énergétique » faisait des bonsaïs sur les noeuds nanifiants.

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Donc dans ce jardin pédagogique, les carrés potagers sont placés en fonction du réseau Hartman et ceux qui contiennent les engrais verts sont des zones neutres. Ces carrés sont des buttes sandwich, nom donné par Robert Morez qui a mis ça au point en Afrique du Nord : on a creusé sur 35 cm et mis la terre de côté sur une bâche pour la trier (cailloux, herbes indésirées), puis on a rangé du bois (sec, ou vert, ou pourri, carbone sous forme lignine) de diamètre moins de 7cm au fond jusqu’au niveau du sol (histoire de rapport carbone sur azote), puis recouvert de broyat mais pas de sciure, bien tasser, bien mouiller, puis pailler ou étaler des feuilles mortes (carbone sous forme cellulose pour les bactéries), matière verte et/ou fumier bien décomposés (azote pour éviter une éventuelle faim d’azote), puis on a remis la terre. Le bois sert d’éponge. La première année il faut bien arroser. Et enfin, on la paille. Et on peut planter tout de suite. On ne tasse plus après avoir mis les broyats pour laisser un peu d’air. Si on a un sol sans air, les produits des micro organismes qui travaillent en anaérobiose ne sont pas bons pour les cultures agronomiquement, il faut favoriser les micro organismes qui travaillent en aérobie. Sauf certaines méthodes particulières, comme le compost bokashi où on travaille avec la facto fermentation. Donc quand on remue la terre ainsi, on active les bactéries minéralisatrices, les fabricantes d humus.

Ensuite, plus on diversifie les apports au sol avec des plantes de nature et d’âge différents et plus c’est intéressant pour la vie du sol car on travaille sur la diversité. Les plantes plus âgées sont riches en lignine alors que les planches plus jeunes sont plus riches en cellulose.

Nous avons eu recours à cette façon de procéder car il y a une plante qui pousse partout : la potentille rampante qui indique un sol hydromorphe, c’est à dire un sol qui se sature vite en eau car il y a du grep dessous. Les engrais verts ne prennent pas le dessus sur la potentille. Il faut l’enlever régulièrement. Le liseron aussi, nous avions mis des fraises et nous avons dû les déplacer. Le BRF est à éviter sur un sol hydromorphe. La ronce est le berceau du chêne, dans la succession écologique, des ronces émergent des arbres. D’où les cultures sur buttes.

Ici, du chénopode bon Henri, avec sa racine pivotante, cousin des épinards et de la quinoa.

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Dans d’autres carrés quelques pieds de tomates qui ont résisté à la grêle et aux gelées. Elles ont une fleur parfaite avec un faisceau d’étamines autour du pistil, autogames, elles s’autofécondent grâce à des insectes qui vont dessus et la font vibrer à la bonne fréquence pour faire tomber le pollen. D’ailleurs à une époque il y a des gens qui étaient payés pour les faire vibrer ; des maraîchers le matin favorisent la fécondation en secouant les tuteurs. Elles peuvent se croiser selon la morphologie de la fleur. Sur les variétés anciennes, le stigmate sort et cela peut occasionner des pollinisation croisées. Cela dépend donc de la variété et aussi de la température, de l’altitude, des insectes pollinisateurs.

On dit qu’on a entre 3 à 5% d’hybridation naturelle par an selon Kokopelli, ces dernières années des fois on a plus jusqu’à 15/20%. Nous gardons nos semences et il est arrivé qu’au lieu d’avoir une belle tomate conforme à ses parents, on a eu autre chose. On peut protéger la pureté variétale des semences en appliquant un sachet d’organza sur les fleurs allélogames, ou encore des filets à insectes.

Nous n’enlevons pas les gourmands des tomates à l’extérieur, quelle que soit la variété. Par contre sous serre ayant moins de place, on les enlève. Cela ne change rien à la productivité, disons que c’est fouillis et du coup un risque de manque d aération et de maladie. Cela hâte simplement la fructification.

La tomate est un légume buissonnant. Nous cultivons la tomate plein champs sur des grilles ou du grillage, comme Pierre Rabhi qui a du treillis à béton coudé sur les côtés et sur lesquels les tomates poussent et passent à travers.

Ici, nous avons des choux raves mais ils ont pris la grêle.

Là, ce sont des bouts de bois qu’on a introduit au moment de la fabrication de la butte pour permettre un arrosage ciblé, et certains bouts de bois ont fait bouture, comme ce pommier qui repart, et là-bas plus loin, c’est la glycine qui repart.

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Et revoici des engrais verts : ceux qui ont le mieux marché parce que c’était un mélange, et non un engrais monospécifique. C’est une règle d’ailleurs en matière de biodiversité, et on y trouve le pois fourrager, le trèfle incarnat en plus très joli, très intéressant, un annuel très cultivé autrefois et que j ai laissé monté en fleur pour les pollinisateurs. ici, la phacélie, le lupin, le trèfle d’Alexandrie, la moutarde, le sarrasin allélopathique pour la potentille, on aurait pu mettre des céréales. Puis ont les fauche avant qu’ils montent à graine si il n ont pas gelé, et on paille par dessus.

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1- agroécosystème : « système » est important : le vivant

2- techniques de travail du sol : respectueuses de la vie du sol

3- fertilité : différent moyen de fertilisation

4- les soins naturels : les plantes au service des plantes

5- les semences : anciennes ; adaptabilité des semences

6- Rotation et association de culture : assolement

7- la gestion de l’eau : ni trop ni pas assez

8- les élevages : essentiels dans un agroécosystème complet

9- Plan de la ferme : observer pour un design intelligent 

10- Les équipements économes : recyclage

11- Les savoir-faire paysans : savoirs et transmission

12 – La connaissance scientifique : enseignements, culture

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