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By Lo Stas

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En ce dimanche 11 juin 2017, ensoleillé et caniculaire, nous avons apprécié la fraîcheur du grand Jardin du Graal, chez Philip FORRER, dans l’AUDE.

À l’entrée du lieu-dit, une grande forêt défile. Le chemin est jonché de troncs soit à droite, soit à gauche. Philip nous expliqua, plus tard dans la journée, qu’il déplace ces troncs de temps en temps, afin que les véhicules ne roulent pas toujours au même endroit, et ne déforment le chemin.

Au bout de dix minutes de ce paysage forestier, enfin, nous découvrons le lieu magique. Des panneaux nous invitent vers le Jardin, derrière la grande maison divinement restaurée sur deux étages. C’est de ses propres mains que Philip l’a entièrement rénovée, depuis 34 ans qu’il réside sur les lieux. Il nous montra plus tard dans la journée, les photos de ce mas en ruine dans les années 80.

 

Le Jardin se dévoile à nos yeux en un grand parc où les différentes parties sont agencées harmonieusement. Philip nous attend et nous accueille autour d’une de ses bonnes tisanes sauvages, sous le grand frêne qui prône à l’orée du jardin. Le pépiement joyeux des oiseaux rythme la course des abeilles solitaires entre les massifs. Philip nous narre alors les légendes du Graal. Face à nous, des ruches vides que Philip a conservées depuis plus de 34 ans ; il était apiculteur avant son emménagement dans l’AUDE.

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Ensuite, Philip nous emmène pour une délicieuse balade gustative surprise où les saveurs des légumes sauvages, des fleurs, des fruits, colorent nos papilles, nos ventres ainsi que nos esprits. La douceur des pétales d’hémérocalles et des roses trémières, le subtil parfum de la mélisse de Moldavie et du fenouil, le léger piquant des graines de moutarde, le puissant du raifort, le poudreux du chénopode multicolore, le citronné des oxalis, le tonifiant des jeunes graines d’ortie, le chatoyant des pétales de roses, et même le verdoyant des petits pois, nous révolutionnent autant que la vue des gigantesques plantes qui s’épanouissent en ce lieu.

 

Puis il nous explique sa technique des buttes. Il creuse le sol et y dépose des troncs de pin et/ou sapin morts et pas encore en état de décomposition, ensuite il remet la terre en respectant l’ordre des couches. Enfin, il recouvre d’un mulch de tonte du jardin et d’aiguilles de pin et de sapin. « Cette technique peut se faire sur n’importe quel sol, pour produire du sol en 6 mois en situation humide que ce mulch favorise. » Philip n’arrose jamais alors qu’il a des mares à proximité.

 

Nous arpentons le long des sinueuses allées les pieds nus. Il précise : «  Je veux parler d’Énergie, je voudrais dire qu’il est, selon ma propre expérience, important de marcher si possible pied nu, car l’énergie reçue par la tête peut seulement être utile si cela peut s’écouler vers la terre. Nous sommes de cette manière branchés, connectés, nous sommes entre le plus et le moins, électriquement, et c’est profitable pour notre énergie. Si vous branchez seulement un fil dans la prise électrique, pas de lumière, ou pas un appareil qui fonctionne, il faut deux fils, donc si nous sommes isolés par des bottes ou chaussures modernes, notre énergie sera puisée de notre propre corps, notre batterie se décharge lentement et on se sens inutilement fatigué. »

Il poursuit : « Pour la terre, la lumière solaire est vitale, sans lumière, pas de vie sur terre, le soleil est source d’énergie, le représentant du créateur pour la terre.

Si on couvre les panneaux photovoltaïque avec des vêtements, pas de production d’électricité, si on couvre les plantes du jardin avec des vêtements, les plantes vont blanchir et mourir, idem pour les humains, si on se couvre trop, résultat, on se coupe d’une grande source d’énergie. On ne s’imagine pas ce qu’on manque comme énergie, donc captez le plus possible la lumière avec votre corps.

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Sous le mûrier noir Morus nigra L.

Une autre source d’énergie importante est la respiration consciente : lentement, on peut ancrer la respiration sur une mélodie ou sur des paroles d’un chant qui dure souvent 7 secondes ; donc inspirer 7 secondes, retenir 7 secondes, expirer 7 secondes, bloquer 7 secondes, etc etc. Si c’est trop, au début, on peut commencer avec moins de secondes.

Ces sources d’énergie sont gratuitement disponibles partout, c’est une énergie inépuisable. »

Ainsi, pour son jardin également, Philip utilise ces énergies qu’il capte grâce à des antennes qu’il fabrique et à des aimants (de micro-onde entre autre exemple). Ce n’est pas de l’électroculture ni de la magnétoculture, insiste t il et « les gens vraiment curieux de la théorie sur l’électroculture peuvent voir sur internet et Rustica de 1978 http://www.bargainorgonite.com/wp-content/uploads/2013/05/OK_electriser_le_potager_1978.pdf »

 

Donc Philip place des antennes de 2m50 en cuivre et zinc, sur les buttes ; le sol contient du silicium qui est conducteur. « C’est le zinc qu’il faut utiliser car le fer ou l’aluminium sont fortement électro négatif ; donc le ciel est électro positif et le zinc de l’antenne absorbe l’énergie. Puis le cuivre conduit vers le sol qui est électro négatif dans la plupart des cas, pas toujours, mais souvent il est électro négatif et il va redistribuer toute cette énergie au travers du sol. L’antenne fait aussi osmose, elle attire l’humidité du sol grâce à l’électricité juste assez pour la survie des plantes : c’est l’électro osmose. Cela réduit fortement les besoins en arrosage. Connaissez-vous le Pr G.Lakhovsky ? Il existe aussi l’effet Lakhovsky. »

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« L’antenne est un arbre qui ne fait pas d’ombre. Chaque arbre est une antenne qui reçoit et donne l’énergie dans le sol. Mais si il y a trop d’ombre, on ne peut pas faire les buttes sous l’arbre. Avec l’antenne, la même quantité d’énergie arrive dans le sol, et vous pouvez cultiver parce qu’il y a le soleil en plus. C’est une question d’électricité, si on coupe l’électricité, l’arbre meurt, la sève ne monte plus. »

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Philip a constaté que ces techniques doublent ses récoltes. « Les buttes sont comme des mini centrales où s’échangent les électrons entre Terre et bois de sapin ou d’arbres, entre Terre et couche végétale, entre couche végétale et plantes qui y poussent. Les buttes font rayonner de Bonheur et produisent l’Abondance, même en hiver. Cet hiver j’ai ramassé une salade qui pesait 5kg la pièce malgré -10°c ! »

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Puis nous poursuivons notre découverte à la rencontre de toutes ces fabuleuses plantes géantes qui se déploient sous l’énergie solaire rayonnant en ce lieu. La passion de Philip pour Dame Nature flotte dans les airs et tout autour de nous. Nous voyageons sur les chemins entre les buttes où les légumes, racines, bulbes, à feuilles ou à graines, plantes à fleurs se côtoient. C’est un joyeux fouillis où espèces vivaces, sauvages, médicinales, annuelles se ressèment à leur bon gré, mêlent savamment leurs couleurs. Parfois Philip pratique un semis ici, une plantation là, mais son Jardin reste seul maître à bord.

 

« Certaines plantent, non consommées, fleurissent et montent en graines. Ainsi, les cardons dont les têtes se consomment comme celles de son descendant l’artichaut, et ont plus de goût que ce dernier. Les tiges de cardons, appelées cardes, aussi se consomment, c’est pareil pour l’artichaut, une fois blanchi, on enlève les fils, et on les cuit en vapeur. On peut aussi les utiliser crues en jus, c’est très agréable à boire, été comme hiver, tout le temps. J’ai encore de très grands cardons l’hiver. Par contre les feuilles ne se consomment pas, elles sont très amères. »

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« Dans les buttes, tout est creux. C’est lié à la présence des rongeurs mais ils ne font pas beaucoup de dégât. Ils ont mangé un pied d’artichaut cette année. Pourtant j’ai beaucoup de rongeurs. Avant, j’avais des buttes en pyramides dont une grande de 3 mètres de hauteur. Daniel Fargeas ‘Les fiches écologiques’  était un vieil ami. Il a trouvé un livre pendant la guerre, écrit par un officier français durant l’occupation des terres africaines, qui parlait d’un peuple qui ne travaillait pas, et qui, une fois leur habitat en bois local conçu, faisaient des jeux et l’amour. Ils ne cultivaient rien grâce à leurs buttes. Tout autour des cabanes, il y avait des montagnes de buttes, ils y jetaient tous leurs déchets et ils vivaient l’Abondance. Ils ne vivaient que de ça. Daniel n’a pas retrouvé le livre, et je ne connaissais pas les dimensions de ces buttes. De retour chez moi, j’ai donc fait des pyramides de bois et d’arbres, de 3 mètres de hauteur, j’ai mis des planches pour monter les brouettes, j’ai recouvert avec la terre et tout ce que j’ai trouvé comme des ronces broyées. Et puis je me suis retrouvé en Afrique ! Vraiment inimaginable ! Des plantes grandes, gigantesques ! Parce que j’avais fais les pyramides, orientées Nord-Sud aussi. Quand je touchais le sol, il y avait une avalanche de petits vers de terre qui sortaient car ils pensaient fuir les petits rongeurs. Avec le temps, les rongeurs ont fait un château dedans et à la longue, ils ont mangé toutes les racines. Donc j’ai tout démonté et j’ai fait 16 petites pyramides. Très bon résultat, mais pareil, à nouveau des châteaux pour les rongeurs, des cylindres de grandes galeries. Et de nouveau, dans toutes les pyramides, toutes les racines étaient bouffées. Potimarrons, courgettes, morts. J’ai tout démonté et à présent les buttes sont en longueur, dans n’importe quel sens, Nord-Sud, Est-Ouest. Je trouve encore des galeries dans les buttes mais plus aucun dégât comme avec les pyramides. L’an dernier, j’ai trouvé une seule pomme de terre qui a été grignotée. C’est tout, ils ne mangent plus les racines des plantes. Ils mélangent la terre d’origine avec le broyât. L’arrosage attire les rongeurs. »

Le soleil au zénith, nous retournons sous le grand frêne partager le repas et écouter Philip nous conter son Jardin secret.

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Il dit : « j’ai oublié de vous parler de ce qu’est le résultat des  actes conscients : chaque pas pieds nus conscients est une sensation de premier ordre. En faisant de telle manière que l’avant pied touche d’abord le sol, à la suite on se sent porté vers l’avant et très léger. Pour la respiration consciente, chaque respiration donne un état de merveille dans tout le corps. On connait bien la sensation quand on s’expose aux lumières à la plage, sensationnel ! Ces trois sensations donnent une autre dimension à la vie auparavant inconnue pour peu qu’on sache y prêter attention. Selon moi c’est important pour la paix intérieure et ensuite se propage autour de chacun. À noter que la respiration consciente est la plus difficile car nos pensées ne veulent absolument pas être mises de côté, la pensée veut nous dominer, nous occuper en permanence. »

Philip FORRER est à la fois paysagiste, artiste et doux rêveur qui se laisse porter sur les ondes magnétiques au cœur de son Paradis terrestre. Il nous a offert un voyage vers le Graal, parmi de sacrées plantes. Nous étions comme suspendus au-dessus des airs colorés de lumière dans cet écrin de verdure. Ce joyau horticole nous a tous enchantés. Cette promenade nous aura t elle aidée, entre visible et invisible, à mi chemin entre le réel et l’imaginaire, dans notre quête d’identité spirituelle ?

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 » Le mythe est à la base de tout, et celui-ci est plus fort que l’Histoire. » G.Moigne.

 

Article de Lo Stas, membre Perma’Sol permaculture de l’Association des Jardiniers de TOURNEFEUILLE 

 

Tous les textes inscrits entre guillemets sont les paroles texto de Philip FORRER sauf la citation de G.moigne.

Le 14 juillet 2018, Philip a dit :

 »

Je suis à 620 mètres d’altitude en zone de montagne audoise  versant atlantique. Les hivers sont très longs et durs.  Il a gelé jusqu’à moins 15°c cet hiver et neigé 3 fois jusque 30 cm, avec des coupures de courant ayant durée quelques jours : ligne  de 20.000 volt cassée.

Cela malgré le réchauffement climatique dont on parle.

C’est un record d’enneigement cette année dans les Pyrénées (et aussi en Italie, Slovénie…)

Les pommes de terre  sans aucune fumure ne peuvent pas geler par contre, celles cultivées avec fumier ou engrais chimique se transformeront en gélatine ou méduse  avec le  gel.  Ce n’est pas mon cas. Au contraire, du moment que le gel n’est pas trop fort, les pommes de terre continuent de pousser l’hiver et de former des tubercules.

Si il gèle trop fort, la verdure hors sol gèlera et mourra, mais dès le dégel les tubercules conservés sous la couverture recommencent à germer et à grandir.

Il faut savoir que la couche végétale morte de 30 cm ne laisse pas passer le gel à l’intérieur d’une butte, l’argile oui, la matière non décomposée, non, donc il ne fait pas froid dans une butte.

Il peut geler chez mois  jusque moins 26°c avec 1m 50 de neige en novembre.

En mai, il peut neiger jusqu’à 50/60 cm de neige.

 »